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Peut-on sortir du cycle de la prostitution et fonder un foyer ?

09.01.2019
La prostitution comme stratégie de survie est l’un des moyens utilisés par les jeunes femmes en situation de rue. Des études canadiennes portant sur le sujet estiment entre 12 % et 32 % le nombre de jeunes femmes vivant dans la rue et engagées dans la prostitution. Ces jeunes femmes s’y adonnent ou par propre volonté ou poussées par des proches : parents, ami (e) s, et même partenaires amoureux (Damant et al., 2006). Ces derniers comme souligné par Messervier, 1999 peuvent aussi avoir un rôle important dans le processus de sortie de la prostitution.

Comment s’y prendre pour échapper à l’enfer de la prostitution ?

Échapper pour de bon à la prostitution commence avant toute chose par une volonté propre d’en sortir. Il est important pour cela de réaliser l’écart entre les attentes et les résultats effectivement atteints, de réaliser les risques et les dangers encourus lors de l’exercice de cette pratique.

L’étape suivante consiste à se rendre compte qu’on aurait bien du mal à s’en sortir tout seul. En tous cas, on n’a pas à le faire : il existe des associations, comme le Mouvement du Nid en France, qui proposent des « parcours de sortie » à celles qui ont décidé d’en finir avec la prostitution. L’aide se compose d’un hébergement, d’un suivi médical et d’actions d’insertion sociale et professionnelle.

À défaut de trouver de telles associations sous nos cieux, la jeune femme africaine ne doit pas avoir honte de se rapprocher de parents, d’amis (ou d’anciens amis), ou pourquoi pas, de communautés religieuses, ou même de parfaits inconnus. L’essentiel est qu’elle comprenne qu’elle ne peut certainement pas s’en sortir toute seule. Assistance matérielle, financière, psychologique, ou même spirituelle : aucune forme d’aide n’est à négliger.

Fonder un foyer en tant qu’ancienne prostituée : nos conseils

Entre la condamnation sociale et les séquelles physiques et psychologiques que lui ont laissées ses années de prostitution, il est de toute évidence bien difficile pour l’ancienne prostituée de fonder une famille. Aller commencer une toute nouvelle vie ailleurs peut apparaître comme la solution rêvée, mais rien n’indique qu’on ne rencontrera jamais un ancien client, même à un millier de kilomètres de l’hôtel où on donnait des passes.

Quoi qu’il en soit, après s’être rendu compte qu’elle désire fonder une famille, la jeune femme se doit de se soumettre à toutes sortes d’examens et d’analyses pour obtenir la certitude qu’elle ne souffre d’aucune maladie vénérienne, mais aussi qu’elle est bien en mesure de tomber enceinte et de mener sa grossesse à terme. Nombre d’anciennes prostituées se plaignent en effet de souffrir de stérilité.

Il est également essentiel qu’elle effectue un travail intérieur profond pour se pardonner à elle-même, accepter qu’elle s’est adonnée à la prostitution, comprendre que le passé reste le passé et être résolue à aller de l’avant. Cela l’aidera à ne pas se laisser facilement ébranler par ce que les autres pourront penser et dire d’elle, mais aussi à ne pas saboter inconsciemment son mariage, en raison de divers complexes qu’elle aurait pu développer.

Enfin, elle devrait se résoudre à être aussi honnête que possible avec son partenaire, lorsqu’elle en rencontrera un. On peut penser que bien peu d’hommes accepteraient de s’unir avec une femme qui s’est livrée à la prostitution, mais d’un autre côté, bien peu de secrets ne finissent pas par être révélés au grand jour.

Sortir du cycle de la prostitution et fonder un foyer est l’affaire d’une bonne dose de volonté, de clarté d’esprit, de courage, mais aussi d’humilité et d’honnêteté. L’ancienne prostituée doit assumer son passé et ne doit pas présumer de ses forces dans son combat pour se construire une nouvelle vie.

MARIELLE ,SOCIOLOGUE

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