Association for Free Research and International Cooperation

Cinq secteurs d’investissement promoteurs en Afrique dans les cinq prochaines années

13.09.2018
Avec environ un milliard d'habitants, 54 nations et un nombre impressionnant de ressources naturelles encore inexploitées l’Afrique est une destination de rêve pour de nombreux investisseurs. Le climat d’insécurité qui règne dans certaines parties du continent notamment dans le sahel qui abrite de nombreux foyers terroristes ne fait pas moins du continent noir une destination incontournable et favorable aux affaires.

L’occasion pour nous de dresser une liste de cinq secteurs d’investissements clé à grande échelle propice dans certains pays du continent dans les cinq prochaines années.

LE RWANDA  ET LE DEFIS DES VILLES INTELLIGENTES

Dans  l’édition 2018 de son classement Doing Business la Banque mondiale a classé le Rwanda au 2e rang  des pays africains ou l’environnement des affaires est propice derrière l’Iles Maurice et devant le Maroc. Ce classement dont les critères vont de l’électrification à la facilité de création d’entreprise, en passant par la pression fiscale et la protection du droit à la propriété, prouve que le pays de Paul Kagamé s’est débarrassé de ses vieux démons pour se tourner vers le développement.

En 1994 quand prend  fin le génocide des Tutsis et la guerre civile qui a duré 04 ans et entraîné des massacres de populations civiles, des déplacés, une crise économique et politique sans précédent, le pays a repartir à zéro. La stabilité politique incarnée par Paul Kagamé, président depuis l’année 2000 fait du Rwanda aujourd’hui un modèle économique selon  les bailleurs de fonds internationaux.

Le Rwanda est l’un des pionniers de l’ingénierie urbaine intelligente en Afrique. Notamment dans la création  de villes intelligentes. En 2017, le gouvernement rwandais a lancé un partenariat avec Nokia et SRG afin de déployer la technologie des villes intelligentes pour améliorer le mode de vie et la durabilité sociale des citoyens rwandais. Ce grand projet  prévoit entre autre des investissements dans la connectivité, la sécurité, la gestion des déchets, la gestion des services publics et les soins de santé. A travers le Sommet Transform Africa de mai 2017 qui a réuni 300 maires africains ainsi et des chefs d’État et ministres du continent, le président Paul Kagamé a exhorté les pays africains à  intégrer les villes intelligentes dans leurs stratégies d’urbanisation. Avec sa capitale  Kigali qui  est une ville entièrement connectée à Internet, le Rwanda prêche par l’exemple en prouvant qu’il est désormais engagé sur les rails du développement numérique. Le pays de Paul Kagamé qui est désormais ouvert aux TIC a compris que  la transformation numérique doit être au cœur du développement du continent africain qui peut être leader sur de nombreux sujets comme la mobilité urbaine, l’e-santé ou la connectivité.

L’ETHIOPIE  DANS LA MOUVANCE DES  ENERGIES RENOUVELABLES

Considérée comme l’une des  dix économies les plus dynamiques au monde avec une  production énergétique spectaculaire, l’Ethiopie s’est engagée à stimuler sa croissance en se tournant vers le secteur des énergies renouvelables. Ce géant de la corne de l’Afrique a compris que  l’énergie est l’une des clés de l’émergence et du développement de l’Afrique. L’Ethiopie qui s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64% d’ici 2030, notamment grâce aux énergies renouvelables a réalisé des efforts considérables pour améliorer son réseau routier et ferroviaire et ambitionne de devenir dans un avenir proche un pôle énergétique capable de satisfaire ses propres besoins en énergie et d’exporter de l’électricité vers d’autres pays.

En pointe  dans le secteur des énergies renouvelables  l’Ethiopie après avoir installé il y a quelque années  le plus puissant parc éolien d’Afrique subsaharienne  a inauguré en Aout dernier  , une nouvelle usine de valorisation énergétique des déchets grâce au projet Reppie Waste-to-Energy, le premier du genre en Afrique. L’usine va incinérer 1 400 tonnes de déchets chaque jour et fournira également à la population  30 pour cent de  ses  besoins en électricité.  Ce projet comme plusieurs autres d’ailleurs mis sur pied en Éthiopie vise  à lutter contre la pollution et à adopter l’énergie renouvelable dans tous les secteurs de l’économie.

L’Ethiopie qui  multiplie les projets « verts » pour diversifier ses sources d’énergie compte également faire usage du Nil Bleu avec notamment la construction du plus grand barrage d’Afrique baptisé  le barrage de la «  Renaissance». Commencé en 2011, La plus grande centrale hydraulique d’Afrique devait en priori  devenir opérationnelle en  2017. Ce barrage est une promesse de prospérité pour ce pays dont les besoins en électricité sont en hausse de 30% par an. Selon les autorités locales, il aura la capacité de produire 6000 mégawatts et permettra au pays d’accroître ses exportations d’électricité vers ses voisins (Soudan, Djibouti, Kenya, Sud- Soudan et le Yémen). Son coût total  évalué à 6 milliards dollars, il a été financé par le gouvernement, le peuple éthiopien et  la diaspora.

L’AGRICULTURE AU MAROC UN SECTEUR STRATEGIQUE

Le Maroc s’est donné pour objectif de faire de l’agriculture un des moteurs de croissance de son économie nationale dans les quinze prochaines années. Classé en 18ème position par la banque mondiale pour ce qui est de la facilité de réaliser des projets dans le secteur agricole, le Royaume du Maroc  a entrepris  de grands chantiers afin d’accroître sa force de proposition dans ce secteur vital et stratégique grâce à une constante mobilisation autour du Plan Maroc Vert.

Si le secteur agricole contribue au PIB marocain à hauteur de 19%, c’est grâce à des résultats positifs, notamment une  réglementation stricte de ce secteur. Le Plan Maroc Vert qui a produit des résultats significatifs entrainant  la montée en puissance des investissements cible  l’agriculture moderne et se donne pour objectif de consolider une agriculture performante adaptée au marché, en favorisant les investissements privés. En adoptant en 2008 le Plan Maroc Vert. Le Royaume chérifien a considérablement augmenté les investissements publics alloués au secteur agricole, ce qui a notamment eu pour résultat une hausse des surfaces cultivées, suscitant l’intérêt de nombreux acteurs du développement agricole ouest-africains. Le Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), un événement annuel  qui  était cette année à sa 13 ème édition, offre également une place de choix au Plan Maroc Vert, ainsi qu’à ses orientations stratégiques en faveur de l’avenir de l’agriculture nationale. Le SIAM  donne également une idée   de ce qui se fait de nouveau en termes d’agriculture mondiale et offre la possibilité de développer des partenariats internationaux.

EN EGYPTE LE TOURISME RETOUVE PETIT A PETIT SES LETTRES DE NOBLESSE

Depuis 2017 l’Egypte  n’a cessé d’enregistrer des chiffres positifs dans  le secteur du tourisme. En berne depuis  la révolution de 2011 et les attentats qui ont suivi, ce secteur connait une véritable relance. Les autorités égyptiennes ont mis sur pied un plan de relance touristique qui doit permettre au tourisme de retrouver un souffle nouveau en  menant  une campagne internationale  de grande envergure de 63 millions d’euros sur trois ans.

Le pays mise de ce fait sur son héritage historique,  ses  nombreux sites classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et la réouverture cette année du Grand Musée Égyptien du Caire. Cette confiance dans la reprise du tourisme en Egypte n’est pas réservée uniquement aux professionnels égyptiens. Car en effet Plusieurs compagnies aériennes œuvrent pour faire leur entrée sur le marché égyptien. Plusieurs actions sont également menées auprès des compagnies aériennes étrangères (baisse des taxes d’aéroport, ouverture de plusieurs lignes) afin de développer davantage de connections, aussi bien sur les vols réguliers que pour les charters. L’Egypte qui se considère comme le berceau des civilisations reste  également ouvert aux professionnels du tourisme à travers le monde. Apres avoir  multiplié ces derniers mois les annonces concernant la découverte de nouveaux vestiges archéologiques l’Egypte a également donné son feu vert à plusieurs projets archéologiques dans l’espoir de faire de nouvelles découvertes. Autant d’initiatives qui prouvent que le secteur touristique égyptien a des jours meilleurs devant lui.

LA POP MUSIQUE NIGERIANE UNE INDUSTRIE FLORISSANTE

vivier de l’industrie musicale africaine depuis plusieurs années, le Nigeria  avec une population d’environ 180 millions d’habitants est un énorme marché  à exploiter. La musique qui jusqu’au début des années 2000, était dominée au Nigeria par des chansons à succès britanniques et américaines connait  désormais l’hégémonie des artistes locaux. Le secteur de la musique est comme le gouvernement l’appelle «  le nouveau pétrole ».

Tout comme l’industrie cinématographique nationale, Nollywood,  la musique nigériane a gagné les cœurs au-delà des frontières du pays. Elle représente à ce jour,  une industrie créative et vitale dont le gouvernement dépend notamment pour favoriser le développement du pays. Un rapport de Price water house Coopers (PwC) dresse un bilan positif de cette industrie en révélant qu’en   2016, les revenus générés dans le pays par la musique s’élèvent à 39 millions de dollars, un montant qui devrait bondir à 73 millions de dollars d’ici à 2021. Pour profiter de cette manne Universal Music Group (UMG)  une grosse firme de l’industrie musicale a installé ses bureaux à Lagos. Le rappeur américain Jay-Z, patron du groupe Tidal, compte également se positionner sur le marché nigérian avec son service de streaming. Une rude concurrence s’annonce avec des groupes comme Spotify, Deezer, Apple et Google Play Music, qui s’installent de plus en plus en Afrique. Le gouvernement nigérian qui a compris l’impact de cette industrie florissante dans son économie offre des incitations aux investisseurs dans le secteur, telles que des fonds d’investissement .L’ambition est grande et les obstacles à braver reste énormes  notamment dans le domaine  des droits et de la protection juridique dans ce secteur qui a le vent en poupe  au pays de Fela Kuti.

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