Association for Free Research and International Cooperation

Combattue en Afrique, la Chine repart à l’affut de l’Europe

24.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Les récents voyages en Afrique des dirigeants allemand, turque, français, russes, britannique et israéliens sont l’expression du danger que représente désormais la chine dont les investissements se multiplient sur le continent noir où elle a réussi ces vingt dernières années à devenir le premier partenaire économique détrônant des grandes puissances européennes qui entretiennent pourtant des liens historiques avec l’Afrique.


Omniprésente en Afrique, la chine ne compte pourtant pas en rester là. Elle qui a sa place dans le cercle très fermé des plus grandes nations industrialisées de la planète, veut étendre son empire. Son président Xi Jinping a entamé ce 21 mars une tournée sur le vieux continent qui doit le conduire respectivement en Italie, à Monaco et en France. L’objectif, promouvoir « les nouvelles routes de la soie », un ambitieux et impressionnant programme d’investissements qui englobe entre autre la construction à l’extérieur d’infrastructures telles que des ponts, des chemins de fer et des ports et qui permettra au géant chinois d’améliorer la connectivité de son flux commercial avec l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

UN VOYAGE POUR VENTER LES NOUVELLES ROUTES DE LA SOIE

L’étape italienne de la mini tournée du dirigeant chinois est d’une importance capitale pour la promotion en Europe de son projet portant sur « les nouvelles routes de la soie ». Ce samedi 22 mars, la Chine et l’Italie ont d’ailleurs signé un protocole d’accord qui officialise l’entrée de Rome dans ce programme titanesque. L’Italie, troisième puissance européenne devient ainsi le premier pays du G7 à intégrer le projet baptisé « les nouvelles routes de la soie » qui a déjà vu l’adhésion de 150 pays et organisations. Si pour l’Italie qui traverse une véritable récession il s’agit d’une sérieuse aubaine pour la relance de son économie, pour certains pays comme l’Allemagne et la France, il devrait faire l’objet de retenu.

Le 21 mars, jour de l’arrivée à Rome de xi Jinping les 28 pays membres de l’UE se sont réunis autour de la question portant sur un rééquilibre des relations avec la Chine, un partenaire stratégique mais qui selon la commission de l’Union européenne, se positionne également comme un adversaire économique. Les discussions ont également porté sur les nouvelles routes de la soie, un projet qui selon Bruxelles, est susceptible de permettre à pékin d’imposer son influence politique dans le monde.

Estimé à environ 1 000 milliards de dollars, ce gigantesque projet qui ne fait pas l’unanimité en Europe est à en croire de nombreux analystes le plus important du 21e siècle voire de l’Histoire. A travers ce projet qui implique de grands chantiers d’infrastructures, Pékin caresse l’ambitieux rêve d’agrandir son réseau commercial avec le continent européen et cela passe par la construction d’infrastructures de grandes envergures. On parle entre autre d’une voie ferrée en Russie, des ponts au Bangladesh et un port au Pakistan. Le moyen Orient, l’Asie et l’Afrique qui se trouvent toutes sur le passage de cet impressionnante route de la soie bénéficieront de ces grands chantiers. Les Etats-Unis qui sont engagés dans une guerre commerciale avec la Chine, sont les grands oubliés de ce vaste programme. En effet le continent américain ne se trouve pas sur l’axe eurasiatique tracé par Pékin qui est confronté à une rivalité coriace avec les Etats-Unis dans l’espace commerciale pacifique.

En introduisant l’Italie dans son projet, la Chine allie à sa cause un partenaire qui pourrait plaider en sa faveur auprès des courants anti chinois de l’union européenne. A Monaco, la visite de Xi Jinping sera la première d’un président chinois dans la principauté. Elle intervient un an après celle à Pékin du prince Albert de Monaco. La France qui doit également accueillir ce weekend le dirigeant chinois ne partage pas le même enthousiasme que Rome quand au projet portant sur les nouvelles routes de la soie. Paris qui fête le 55e anniversaire de ses relations avec pékin reste également dubitative sur la considération qu’elle doit accorder au géant chinois de l’électronique Huawei interdit d’exploitation aux Etats-Unis.

L’INPERIALISME CHINOIS DANS LE MONDE 

Bien introduite en Afrique depuis les années 2000 où elle a réussi à installer plus de 10 000 entreprises, la Chine est aujourd’hui un partenaire économique dont les pays africains ne peuvent plus s’en passer. Avec un partenariat gagnant – gagnant elle soutient avoir des intentions différentes de celles qu’on eu les anciens colonisateurs alors accusés de pilier les ressources du continent tout en interférant dans la gestion de ses affaires politiques. En Europe, si les yuans chinois séduisent, la considération accordée à l’empire du milieu est bien différente. Considéré comme un partenaire économique, il suscite également de la méfiance, tant ses ambitions expansionnistes inquiètent.

Mais la Chine veut continuer d’étendre son empire, et si les Etats-Unis se dressent devant elle comme un farouche adversaire prêt à lui couper les ailes, elle sait qu’en Europe, elle va devoir jouer la carte de la diplomatie évitant de ce fait toute tension conflictuelle.

  Deuxième partenaire commercial de l’Union européenne, après les Etats-Unis, le dragon chinois, qui bénéficie d’une population travailleuse et d’une économie vigoureuse et indépendante, s’est taillé une place parmi les géants au point de devenir aujourd’hui le deuxième pays exportateur-importateur au monde. Cette mini tournée en Europe de son président lui permet de redistribuer ses cartes sur le vieux continent à l’heure ou les américains deviennent de plus en plus menaçants, et que ses relations avec l’Afrique lui font des envieux.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/la chine

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community