Association for Free Research and International Cooperation

Le phénomène non encore élucidé des marchés qui s’enflamment au Cameroun

21.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Les derniers mois ont été éprouvants pour de nombreux commerçants au Cameroun, qui ont dû regarder leurs magasins en cendres à la suite d'incendies récurrents sur certains des plus grands marchés du pays, notamment à Douala, Yaoundé et Bamenda.
C’est un phénomène auquel les commerçants, le gouvernement et les organes administratifs sont confrontés depuis de nombreuses années, sans jamais trouver de solutions durables, car on apprend de temps en temps qu’un incendie se déclare sur un marché à travers le pays. Il est à noter qu'il y a eu 6 incendies dans les marchés à travers le pays au cours des 3 dernières semaines.

LES MARCHES QUI ONT ETE TOUCHES PAR LE FEU RECEMMENT

Le dernier incendie sur le marché est celui qui s’est produit à Marché Congo, à Douala. L’incendie qui a éclaté tard le 15 mars est le deuxième en moins d’un mois et le 33e en 12 ans. Les incidents les plus récents ont détruit environ 230 magasins. Un autre marché de la ville de Douala qui est sujet aux incendies est le marché de Bonamoussadi.

Le marché Elig Edzoa de la sous-division Yaoundé II est un autre marché récemment touché par un incendie. Le 4 mars 2019, vers 3 heures du matin, l’incendie se déclara dans la section textile du marché et détruisit environ 200 magasins avant que le pompier ne puisse l’éteindre.

Un incendie s’est également produit dans le marché alimentaire de Bamenda en novembre 2018. Une partie du marché a été complètement détruite. Il s’agissait du troisième incendie en moins de deux ans.

La caractéristique commune à ces incendies de marché est qu’ils commencent toujours au milieu de la nuit, ce qui rend difficile la mobilisation de l’aide et des pompiers pour éteindre les flammes.

QUELLES SONT LES CAUSES DE CES INCENDIES DE MARCHE?

Au Cameroun, chaque fois qu’un marché est brûlant, le plus haut que les gens obtiennent en ce qui concerne les causes de l’incendie est «une source inconnue». Aucun rapport n’a clairement indiqué quelle était la véritable cause d’un incendie sur le marché. Néanmoins, il existe quelques suggestions sur les causes possibles de ces incendies.

De mauvaises connexions électriques figurent en tête de liste des causes d’incendies sur les marchés camerounais. L’opinion populaire suggère que ces incendies sont causés par des dysfonctionnements électriques, car de nombreux commerçants connectent l’électricité de manière très aléatoire, ce qui provoque généralement des courts-circuits et des incendies.

D’autres ont blâmé la combustion aléatoire de déchets dans et autour du marché. En fin de journée, la plupart des commerçants collectent les déchets produits par les activités de la journée et les brûlent non loin de leurs magasins. Étant donné que la plupart des marchés sont construits avec du bois, le feu des déchets en train de brûler peut entraîner des papiers plastiques et des éclats de bois qui traînent dans les principaux magasins. L’incendie s’est généralement propagé d’un magasin à un autre jusqu’à la destruction complète du marché.

CONSEQUENCES POSSIBLES

La conséquence la plus importante des incendies de marché est la perte de biens qui, ensemble, pourrait coûter des millions de dollars. Les commerçants dont les magasins sont détruits par ces incendies perdent la vie, économisant des biens. Après ces incidents, la plupart des commerçants sont incapables de reprendre où ils étaient. La plupart d’entre eux se retrouvent sans emploi car ils n’ont pas les moyens de reconstruire leurs magasins et d’acheter de nouveaux produits.

L’environnement souffre également de ces incendies. La fumée générée par ces incendies est remplie de matières toxiques pouvant causer une intoxication respiratoire chez les personnes qui y sont exposées. Cela dépend en grande partie du type de matériau consommé par l’incendie.

COMMENT LES AUTORITES ONT REAGI A CES EPIDEMIES

Dans quelques cas, le gouvernement a réagi rapidement aux destructions causées par les incendies sur les marchés situés autour du territoire national. Le ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji Paul, s’est rendu sur le marché le 28 février avec le montant de 32,5 millions de FCFA de la part du président de la République, à titre de dédommagement des victimes de l’incendie.

En outre, le Premier ministre Joseph Dion Ngute s’est rendu au Marché Congo dimanche 17 mars, après l’incendie qui s’est déclaré vendredi. Il a annoncé la création d’un partenariat public-privé visant à créer sur le site un marché ultramoderne, doté d’un maximum de sécurité et permettant de réduire les risques d’incendie, et le projet devrait démarrer dans les prochaines semaines.

En outre, après l’incendie qui a ravagé une partie du marché Elig-Edzoa le 4 mars, le ministre Atanga Nji, accompagné du délégué gouvernemental auprès du conseil municipal de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, a rendu visite aux commerçants et leur a remis une somme de 200 000 euros du gouvernement.

Malgré les efforts déployés par le gouvernement pour atténuer les souffrances des commerçants touchés par ces incendies, des critiques ont été formulées à leur encontre, car beaucoup pensent que le gouvernement réagit de manière partielle à ces calamités.

La nouvelle du gouvernement qui indemnise les commerçants dans les régions francophones a été mal accueillie par de nombreuses personnes des régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays. Des portions de marchés dans ces régions, notamment le marché alimentaire de Bamenda (qui se situait avant ces récents incendies) ont été complètement rasées par des incendies au cours des derniers mois, mais le gouvernement n’a toujours pas pris de mesures constructives à l’égard des commerçants ou de la reconstruction du marché

De nombreux habitants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont également accusé le gouvernement de ne pas s’efforcer de réduire les souffrances de la population face à la crise actuelle qui a rendu de nombreux handicapés et incapables de subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google images

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community