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Crise Algérienne : La Russie milite pour la stabilité et un règlement pacifique

21.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
La Russie compte sur la mise en œuvre réussie des plans des dirigeants algériens pour stabiliser la situation dans la république par le biais d'un dialogue national. Cela a été annoncé le 19 mars par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue d'un entretien avec le vice-Premier ministre algérien et ministre des Affaires étrangères Ramtan Lamamra.

Selon le ministre russe, Lamamra a parlé du plan d’action du gouvernement pour le proche avenir. « Nous soutenons ces plans, nous espérons qu’ils contribueront à stabiliser la situation dans cet État ami par le biais d’un dialogue national fondé sur la Constitution algérienne », a déclaré M. Lavrov.

« Bien sûr, nous sommes préoccupés par les événements qui se déroulent actuellement dans votre pays [l’Algérie]. Nous voyons des tentatives pour briser la situation et nous opposons fermement à toute ingérence dans ces processus », a ajouté le ministre.

POSITION UNIQUE

Lavrov a également noté que la Russie et l’Algérie s’opposaient à la promotion de projets unilatéraux douteux en matière de résolution des crises au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. « Nous avons une position unifiée avec l’Algérie sur la nécessité d’intensifier les mesures collectives pour surmonter des crises de longue date telles que le conflit israélo-arabe et le problème du Sahara occidental sur la base juridique internationale actuelle », a-t-il déclaré. Action collective visant à mettre en œuvre les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies et à s’opposer aux tentatives de promotion de projets douteux développés unilatéralement.  »

ROLE DE LA RUSSIE

La Russie veut jouer un rôle important dans la définition de la crise algérienne, bien que ce ne soit pas aussi évident et perceptible que dans d’autres régions. Mais  Moscou adhère fondamentalement au concept de transition pacifique du pouvoir.

Ramtan Lamamra, une des personnalités du nouveau gouvernement, se rend par hasard à Moscou après des réunions à Paris, Bruxelles et Rome. En Algérie, les inquiétudes concernant la possible déstabilisation du pays augmentent chaque jour. C’est pourquoi, surtout dans l’entourage du président Bouteflika, ils sont pressés de solliciter le soutien d’États étrangers.

La Russie est devenue le premier pays à avoir une position claire sur l’Algérie. La Russie en Algérie n’est clairement pas un acteur mineur. Et elle veut jouer un rôle important dans la crise algérienne et défendre au mieux son option d’un règlement pacifique. Pour le moment, l’Algérie a meilleure mine que Paris, ravagée par les «gilets jaunes».

RELATION DES DEUX PAYS

Après l’indépendance en 1962, l’Algérie a maintenu des contacts amicaux avec l’URSS, qui est devenue le premier pays à établir des relations diplomatiques avec l’Algérie indépendante.

En 2017, le pays est devenu la deuxième destination des exportations russes vers l’Afrique – 4,6 milliards de dollars (l’Égypte s’est classée au premier rang, avec 6,2 milliards de dollars), tandis que les 52 autres pays du continent disposaient de 3,9 milliards de dollars, indique le rapport de la Russian Experts African  Common Vision  Russie-Afrique 2030. En 2018, les échanges commerciaux entre les pays ont atteint 5,4 milliards de dollars, tandis que la Russie importait seulement 10 millions de dollars de biens en provenance d’Algérie, indique l’étude.

L’Algérie est l’un des plus gros importateurs d’armes russes. Près des deux tiers des marchandises russes exportées vers l’Algérie (2,7 milliards de dollars) provenaient de produits militaires. Un autre 30% concerne les métaux ferreux, les véhicules et les équipements (1,3 milliard de dollars). Selon le SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), en 2013-2017, 59% des importations totales d’armes de l’Algérie représentaient la Russie.

Les liens des deux pays ne se limitent pas à cela: ils ont des objectifs communs sur les marchés du pétrole et du gaz, ainsi que des relations stratégiques-diplomatiques.

LES MANIFESTATIONS MENACENT-ELLES LES RELATIONS DE L’ALGERIE AVEC LA RUSSIE?

La déstabilisation en Algérie représente objectivement une menace pour les intérêts russes dans le pays.

Peu importe que Bouteflika quitte les lieux à cause de manifestations ou pour des raisons naturelles, les nouvelles autorités vont réexaminer les relations politiques et commerciales de l’Algérie, et il est possible que le renforcement des liens avec l’Europe soit possible.

Les autorités risquent de perdre cette partie des responsables algériens qui se souviennent des événements de la lutte anticoloniale ou même y ont participé. Le gouvernement en place restreint artificiellement, à bien des égards, les liens algéro-français. Sur le plan géographique, la France ou, par exemple, l’Italie sont les deux partenaires commerciaux les plus pratiques pour l’Algérie. La jeune génération est différente. Dans l’opposition, nombreux sont les éléments pro-français et pro-américains qui connaissent mal le rôle joué par l’URSS dans la libération de l’Algérie.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google images

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