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Lorsque la procréation se confronte à l’éthique

19.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Avoir recours à la science dans l’espoir d’être parent quand certaines conditions liées à la santé s’y opposent est une voie qui a redonné espoir à des milliers de personnes. Si les avancées de la science en matière de reproduction permettent à plusieurs hommes et femmes de devenir parents, elles inquiètent ceux qui au delà des résultats escomptés estiment qu’elles bafouent et effritent des valeurs morales et éthiques sur lesquelles se sont bâties durant des générations nos sociétés. La question qui se pose aujourd’hui est celle de savoir s’il faille encourager l’usage aux mères porteuses, dons d’ovules et de spermes, congélations des embryons et autres méthodes liées à la procréation médicale assistée (PMA) tout en fermant les yeux sur les conséquences qui en découlent souvent.

La procréation médicale assistée (PMA) dans la majeure partie des cas est réservée aux personnes dont l’impossibilité d’avoir des enfants a été médicalement prouvée ou lorsque le risque de transmettre une maladie mortelle ou redoutable à l’enfant se présente. Dans des pays comme la France, Certaines de ces méthodes comme la fécondation in vitro, sont interdites aux homosexuels, veufs ou célibataires mais autorisées aux couples hétérosexuels officiellement mariés ou vivant en concubinage. Par contre en Grèce, en Espagne, en Afrique du sud ou encore en Belgique la législation encadrant le recours à la procréation médicale assistée est moins rigoureuse, ce qui poussent de nombreux candidats à la PMA à migrer vers ces pays qui au final sont devenus des destinations du tourisme procréatif.

MÉTHODES LIÉES A LA PROCRÉATION MÉDICALE ASSISTÉE

Elles sont nombreuses mais les plus connues sont :

La fécondation in vitro :  Il s’agit d’une fécondation qui se fait à l’extérieur du corps de la femme d’où le terme « in vitro » qui en latin signifie « dans le verre ». Réalisé en laboratoire, elle consiste à permettre une fécondation externe entre de l’ovule et le spermatozoïde. L’embryon est plus tard introduit dans l’utérus de la femme. L’infertilité reste la raison pour laquelle de nombreux couples optent pour l’usage de cette méthode pour avoir des enfants.

-Le don de gamètes : Il s’agit en effet d’un don anonyme de spermatozoïde et d’ovule (ovocyte). L’homme doit avoir moins de 45 ans et la femme moins de 37 ans. Il est également nécessaire pour les donneurs d’être en bonne santé. Cet acte médical ne peut se faire qu’après l’autorisation d’un juge ou d’un notaire. Une fois le don des gamètes réalisé, aucun acte de filiation ne pourra se faire par la suite entre les donneurs et l’enfant issu de la procréation.

-la congélation des ovules : La méthode est pratiquée par des femmes qui ont atteint la trentaine et qui envisagent avoir des enfants plus tard. L’objectif ici est de prévenir le vieillissement des ovules car il est scientifiquement prouvé qu’a partir de 30 ans les ovules produites par la femme connaissent une baisse en quantité et en qualité. Cette pratique peut également avoir des raisons médicales, notamment pour des femmes atteintes de cancer qui craignent de voir leurs ovules endommagées pendant le traitement subit ou tout simplement être frappée de stérilité à l’issue de ce dernier.

-insémination artificielle : Considérée comme la plus ancienne des méthodes de PMA, elle se fait en période ovulatoire. Le but visé ici est de permettre qu’est lieu la rencontre entre le spermatozoïde et l’ovule. A l’aide d’un tube, le spermatozoïde est déposé dans les voies génitales de la femme, qui devrait pour cela être en période ovulatoire. Cette méthode est utilisée dans les cas de quantité insuffisante de sperme, faible érection et éjaculation chez l’homme. Elle est également conseillée par les médecins pour les cas de malformation de l’utérus chez la femme ou difficultés d’ovulation.

La stimulation ovarienne : Elle consiste à stimuler les ovaires pour une ovulation de qualité. Elle est conseillée en cas de trouble d’ovulation chez la femme. L’objectif visé est de programmer l’ovulation au moment du dépôt des spermatozoïdes dans les cas de l’insémination artificielle.

– la paternité post mortem : Cette méthode permet à un homme de pouvoir procréer après sa mort. L’enfant qui résulte de cette fécondation par insémination artificielle est issu des spermatozoïdes congelés d’un homme déjà décédé. Il naitra donc après la mort de son père d’ou le terme Post mortem. En d’autres termes la femme reçoit par insémination le sperme prélevé de son conjoint décédé. A la naissance l’enfant est orphelin de père.

-La mère porteuse : Il s’agit tout simplement d’une femme qui prête son ventre pour une grossesse dont l’enfant sera remis à son accouchement à des personnes tierces. Ces dernières sont alors appelées « parents intentionnels ». Dans certains cas, la mère porteuse peut également être la mère biologique, lorsque cette dernière a fait dons de ses ovules. Ont recourt à cette méthode, les femmes qui ont des malformations leur empêchant de conserver une grossesse, des couples qui sont dans l’incapacité de procréer ou tout simplement des femmes qui souhaitent avoir un enfant sans vouloir subir les contraintes de la grossesse.

DES MÉTHODES CRITIQUÉES DANS LA SOCIÉTÉ

Si la plupart de ces méthodes citées plus hauts sont présentées comme des solutions devant pallier aux problèmes de santé qui sont une entrave à la procréation. D’autres par contre suscitent des interrogations et sont aux centre de grands débats sur ce qu’elles véhiculent sur le plan de l’éthique.

Dans des pays comme l’Italie la suisse, et l’Allemagne les méthodes telles que l’insémination artificielle, l’usage aux mères porteuses ou encore à la fécondation in vitro, ne sont pas tolérées aux veuves, homosexuels et célibataires car le cadre pour une meilleure éducation de l’enfant est ici pris en compte. En France ce combat est mené par « la manif pour tous ». Ce collectif réunissant des mouvements politiques, associatifs et religieux, s’opposent farouchement à la procréation médicale assistée pour les femmes lesbiennes et célibataires hétérosexuelles ainsi que l’adoption aux couples de même sexe. Considérant que la famille est le patrimoine de l’humanité, il milite pour la pérennisation du model idéal de la famille qui garanti à l’enfant l’opportunité de bénéficier de l’éducation d’un père et d’une mère.

 

Parmi les pratiques les plus critiquées de la PMA, figure notamment le concept de paternité post mortem.

Cette pratique qui résulte du désir d’une femme d’avoir un enfant malgré la mort d’un conjoint dont le sperme a été prélevé du vivant et congelé, est présentée comme dangereuse pour la société car il s’agit de faire naître des orphelins. Les critiques à l’égard de cette pratique soutiennent que conserver des spermatozoïdes congelés d’hommes décédés c’est faire congeler des orphelins. Les enfants issues de ce type de grossesses sont privés dès la naissance de leur père.

Le phénomène de mère porteuse qui a le vent en poupe car mis en avant par de nombreuse célébrités du monde de la télé réalité, de la musique et du cinéma est aussi décrié par ceux qui considèrent que la grossesse est avant tout une période d’attachement entre une mère et le fœtus.

De ce fait porter une grossesse pendant 9 mois moyennant argent est tout simplement inconcevable. De plus en plus plébiscité même par des femmes jeunes et en santé qui redoutent tout simplement de supporter les contraintes liées à la grossesse, le concept de mère porteuse à en croire ses détracteurs banalise ce moment pourtant important et symbolique de la vie d’une femme. Les critiques de la société vont au delà et rappellent que malgré les engagements pris avec les parents intentionnels, la séparation entre la mère porteuse et l’enfant à la naissance est toujours un moment douloureux à cause du lien d’attachement qui s’est tissé naturellement pendant la grossesse.

Le don des gamètes qui permet à de nombreuse personnes de caresser le rêve d’être parent grâce à des dons de spermatozoïdes et d’ovules n’est pas à l’abris des critiques pour le fait qu’il donne lieu à l’existence d’une multitude de frères et de sœurs inconnus.

Donner la vie, reste l’un des plus beaux miracles de l’existence. A trop vouloir associer ce moment exceptionnel aux avancées de la science lui enlève toute sa magie et ce qui fait son originalité. Des lois pour encadrer tout recours à la procréation médicale assistée sont plus que jamais nécessaires afin de proscrire toute dérive et de ramener l’homme au respect de la dignité humaine.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit images/google images/PMA

 

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