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Les groupes armés tiendront-ils leur engagement de Khartoum ?

07.09.2018
Paraphé la semaine dernière, sous la supervision russe, entre les différents groupes armés, qui écument depuis des années lumières le territoire centrafricain, l’accord de l’entente de Khartoum (Soudan), appelle à la cessation de toutes formes de violences et instruit les groupes armés à s’acoquiner de l’initiative de l’Union Africaine (UA) pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine. La question qui prévaut ici c’est celle de savoir si les groupes armés arriveraient à tenir à leur engagement.

Lorsque nous savons que les groupes armés ne sont pas à leur premier accord et qu’à aucun moment ils n’ont tenu parole, il y a de quoi à s’interroger sur leur volonté réelle à aller vers la paix et la réconciliation nationale.

A l’heure qu’il est, les centrafricains croient et espèrent, que ce énième accord ; prémices du dialogue politique qui, de toute évidence, devrait réunir autour de la table dans les prochaines semaines le gouvernement et les groupes armés mettra définitivement un terme à leurs souffrances.

Or, il existe encore ce que nous pouvons appeler « des écueils » à cette démarche. D’ailleurs, d’aucuns n’ignorent quelques-unes des revendications non-négociables de ces groupes qui sont, l’amnistie et le partage de pouvoir.

Lesquelles revendications le gouvernement a clairement fait savoir par la voix de son Porte-parole avant la rencontre de Khartoum, son refus catégorique à s’y plier. C’est-à-dire à amnistier les criminels de guerre et favoriser leur entrer au gouvernement.

Par ailleurs, au moment où se tenait cette rencontre de Khartoum, sous la supervision russe, telle que susmentionnée, au même moment, se tenait à Bouar (Mambéré Kadeï), sous la supervision de l’initiative de l’UA, une autre réunion avec les représentants de ces mêmes groupes armés dont l’objectif visait à recueillir leurs revendications.

Entre autres ces revendications des groupes armés recueillies à Bouar, évidemment, l’amnistie et le partage de pouvoir en fait partie.

Mais l’UA étant en adéquation avec la position du gouvernement, a jugé mieux de mettre sous réserve les deux revendications citées ci-dessus.

Bon nombre d’observateurs de la vie publique centrafricaine pensent que tout le problème est là.

Ce qui nous emmène à poser la question de savoir les rebelles accepteront-ils de se rendre à ce dialogue politique, en mettant de côté l’amnistie et le partage de pouvoir.

De l’avis de plus d’un, c’est illusoire de penser une telle chose, pour la simple raison que les seigneurs de guerre ont tout intérêt à voir leurs crimes respectifs absoudre dans des contreparties politiciennes au nom d’un soi-disant retour de la paix et de réconciliation nationale.

En attendant, ceux-ci ont résolu, du moins, pour l’instant, de par ce même accord d’entente de Khartoum de se mettre en phase avec l’initiative de l’UA, évoquée en amont. Quand bien même certains ne le sont déjà !

Il faut dire que de par cet engagement, les rebelles se sont de facto résolus à faire taire les violences jusqu’à la tenue dudit dialogue politique.

Dans ce schéma, le grand défi pour les groupes armés aujourd’hui, c’est de respecter cet engagement pris. Or, d’aucuns n’osent parier là-dessus.

Les prochains jours devront nous en dire davantage sur la volonté réelle des groupes armés à mettre un terme aux souffrances des centrafricains, si l’accord de l’entente de Khartoum n’est pas encore une diversion de leur part.

Par Hervé SAMBA

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