Association for Free Research and International Cooperation

Obsolescence programmée de vos appareils, la supercherie des industriels

18.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Née dans les années 80 elle s’est répandue ces dernières années dans les pratiques des industriels. Ce soi-disant "coup d’arnaque" des grandes marques entraîne à la fois un marché de la pièce de rechange perpétuelle, et des ventes de close de garantie supplémentaire sur les équipements au profit de ces mêmes entreprises. Cette technique serait responsable de : la perte du pouvoir d’achat des consommateurs, en plus elle a des répercussions importantes sur l’environnement par la production continuelle en déchets non recyclables pour la planète. Le concept regroupe "l’ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter son taux de remplacement."

LES PLAINTES DES CONSOMMATEURS AFRICAINS

Marché à fort potentiel  de croissance : soit 42% en 2011, l’Afrique sera bientôt le premier marché mondial des smartphones, et des équipements électroménagers. Par conséquent on peut bien s’interroger sur les affres potentielles que peut constituer la ruée des constructeurs sur le marché africain, en l’occurrence sur le consommateur africain et  surtout s’ils sont soupçonnés de pratiquer cette technique d’obsolescence programmée.

La notion de protection des consommateurs, de même que les prérogatives des agences de régulations qualité et de conformité sont encore à des stades de législation embryonnaires dans la majorité des pays du continent. L’Afrique qui malheureusement s’approvisionne aux quatre coins du globe stimule l’apparition de nouvelles marques en provenance d’Inde, de Chine ou de Turquie, qui par leur prix bas attire une bonne tranche de la nouvelle classe émergente. Tout comme en France ou encore aux USA, le consommateur africain constate de plus en plus la supercherie de ces grandes, et petites marques pour l’obliger à consommer toujours plus pour des durées de plus en plus réduites.

Par exemple une consommatrice camerounaise faisait part de sa surprise sur un forum de vente en ligne car quelques mois après avoir acheté un téléphone de la prestigieuse marque Samsung, elle a été désagréablement surprise de devoir payer presque 75% du prix d’achat dudit mobile lorsque son afficheur s’est brisé et qu’elle a dû le faire changer. Selon ses dires elle n’aurait jamais acheté ce modèle si elle en avait été informée au départ.

Le cas n’est pas isolé, dans les artères de la ville de Kinshasa deux dépanneurs de portable sur trois ayant exercé avant l’arrivée des smartphones asiatiques vous confirmeront qu’il est presque impossible de faire deux ans avec le même mobile .Or il y a cinq ans un téléphone pouvait se faire dépanner une dizaine de fois et continuer à fonctionner correctement. Interrogé sur la cause de ces pannes non réparables, ils vous diront juste « l’appareil est mort il faut acheter un autre ».

Du fait du manque de législation gouvernementale, de la porosité aux frontières et la corruption des services de douanes, il est impossible pour les consommateurs d’entamer des poursuites judiciaires contre les marques suspectées de faire de l’obsolescence programmé. Laissant donc le libre champ à ces constructeurs de vendre sans crainte des équipements programmer pour mourir beaucoup plus vite que sur n’importe quel autre continent. Contribuant à la forte pollution en déchets électroniques de nos villes mais plus grave : amenuisant considérablement le pouvoir d’achat des populations du continent (moins de deux dollars par jour).

À défaut de promouvoir les constructeurs africains, un début de solution à ce problème serait peut-être une politique d’implantation sur le continent de ces grandes marques. En effet L’Afrique du Sud et le Maroc apparaissent comme les deux pays du continent qui attirent le plus de constructeurs. À eux deux, ils assurent aujourd’hui 90% de la production automobile africaine via les grandes marques telles que Volkswagen, Renault installées depuis quelques années dans ces pays. On observe aussi des marques authentiquement africaines qui voient le jour, à l’exemple du constructeur marocain Laraki qui produit et commercialise Fulgura, Borac et Épitome, et du ghanéen Kantanka.

Dans l’industrie du textile précisément en Éthiopie où le secteur a connu ses dernières années une belle croissante grâce à l’installation des dizaines de complexe textile par le gouvernement. Ce qui a permis l’émergence d’un made in Éthiopie très prisé de par sa qualité et sa solidité. D’ailleurs en 2013, H&M a commencé à s’approvisionner dans les ateliers Éthiopiens précisant que la qualité finale du textile made in Éthiopie est deux fois supérieure à celle des pays d’Asie.

Ces observations permettent de conclure que les produits lorsqu’ils sont manufacturés dans les continents où ils sont commercialisés présentent une qualité supérieure et bien plus adaptée aux attentes des consommateurs.

Il existe plusieurs façons pour obtenir (volontairement ou non) l’obsolescence :

  • un défaut fonctionnel lorsqu’une pièce qui casse rendant l’appareil inopérant, qui coûte à remplacer ou ne peut pas l’être.
  • la date de péremption (indication d’une date limite d’utilisation optimale, par opposition à la date limite de consommation, verrouillage avec date limite sur un logiciel ou une licence, certains DRM, etc.) ;
  • par incompatibilité ; le produit ne fonctionne plus avec les produits récents, comme PS/2 sur un ordinateur fournissant uniquement de l’USB, et aujourd’hui le VGA remplacé par le HDMI il y a peu de temps.

Les exemples évoqués dans les différents documentaires qui circulent sur l’internet et généralement présentés par de vrais experts en informatique sont :

  • l’ampoule électrique à incandescence, dont la durée de vie a été limitée par les industriels à 1 000 heures (cartel Phébus) ;
  • la batterie de l’ipod d’Apple des première, deuxième et troisième générations ;
  • les imprimantes, dont certaines sont équipées d’une puce compteur, bloquant l’impression au-delà d’un nombre convenu de feuilles.
  • Les cartouches d’encre de nos imprimantes programmées pour n’être utilisé qu’à 75% de la quantité initialement vendu aux consommateurs et dont le 25% dans les boîtes d’ancre déclarée vides par notre ordinateur.

Les restes d’encre en cartouche constituent non seulement un gaspillage économique considérable pour les entreprises d’infographies (dont les volumes de consommation atteignent des centaines de litres à la semaine). Mais représente aussi une source de pollution bien dangereuse pour notre environnement.

PÉNALISATION DE LA PRATIQUE EN EUROPE ET AUX USA

Aux états unies le phénomène a été révéler grâce au scandale impliquant un modelé de la marque d’imprimante japonaise Epson dans les années 2000. La compagnie japonaise s’était vue condamnée par les autorités américaines à une très fortement amande d’un montant de 700 000 dollars après des années de combat judiciaire entre la maque et des associations de consommateurs.

Greenpeace a d’ailleurs en juin 2017 d’après un article du site boursorama.fr accusé Samsung, Apple et Microsoft, les principales marques reconditionnées par Rebuy, d’être coupables d’obsolescence programmée. L’ONG avait donc listé 5 techniques principales pour favoriser l’obsolescence utilisée par ces géants de l’industrie.

Le gouvernement Italien avait quant à elle ouvert une enquête suite à plusieurs plaintes déposées contre les deux fabricants. En début d’année passée. « L’Autorità Garante del la Concorrenza e del Mercato » (AGCM), l’autorité italienne de la concurrence, avait annoncé son intention d’ouvrir une enquête sur les pratiques des deux sociétés. Le problème signalé à l’époque était lié au fait qu’Apple et Samsung forçaient la mise à jour de certains de leurs appareils vers des versions plus récentes de l’OS, sans forcément signaler aux utilisateurs que cette mise à jour pouvait avoir des conséquences sur la performance de leur appareil.

 

En France dans la loi sur la transition énergétique adoptée définitivement par le Parlement le 17 août 2015 visait directement les constructeurs. L’Assemblée nationale a prévu en cas d’infraction constatée, de frapper au portefeuille des entreprises avec une peine de «deux ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende». Le montant pouvant être porté à 5% du chiffre d’affaires annuel réalisé en France par la société contrevenante.

On peut donc  conclure que les entreprises qui s’installent directement dans les pays sur les continents où elles estiment être des marchés porteurs, font preuve d’un respect des normes et de déontologie commerciales. Certainement dans le but de séduire, mais aussi de se prémunir de toutes critiques ou plaintes des consommateurs ou du législateur en la matière. Contrairement aux milliers de produits débarqués tous les jours dans nos ports et aéroport, fabriqués à des milliers de kilomètres par des entreprises plus ou moins connus .Ayant pour seule motivation de faire des profits peu importe le prix à faire payer aux consommateurs et plus spécialement aux consommateurs africains.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit images/google images/ obsolescence programmée.

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