Association for Free Research and International Cooperation

Quel regard porter sur l’euthanasie

14.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
Quand il y a la vie, la mort, dit-on est inévitable. Mais Quand vivre dans une extrême douleur ou sous le poids d’une insupportable maladie devient un fardeau difficile à supporter au quotidien, l’idée de mettre un terme à cette agonie est une option qui est souvent envisagée par des malades, leurs entourages ou des médecins. La pratique est connue sous le nom d’euthanasie. Décrite comme un procédé médical visant à abréger les jours d’un malade adultes, enfants ou nourrisson atteint d’une maladie incurable, pour lui éviter des souffrances inutiles, l’Euthanasie est source de désaccord même dans les pays où elle est légalisée.

Dans son Serment, Hippocrate le père des médecins, interdit à ces derniers toute forme d’aide au suicide. La pratique ne date pas d’aujourd’hui. Dans la Grèce Antique, elle était utilisée et selon les historiens, les Nazis en faisaient également usage lors de la seconde guerre mondiale, pour abréger les jours des handicapés et déséquilibrés mentaux considérés comme inutiles. Le terme est officiellement employé pour la toute première fois en 1605. Grace notamment au philosophe anglais Francis Bacon fervent défenseur de cette pratique qui soutenait que le rôle d’un médecin n’est pas uniquement de guérir mais aussi d’apaiser les souffrances des patients en leur permettant d’avoir une mort douce et paisible lorsque ces derniers épuisés ont perdu tout espoir de guérison.

Différent du suicide médical assisté, qui consiste pour le corps médical à fournir à un malade, les moyens lui permettant d’abréger lui même ses jours, l’Euthanasie peut être active ou passive, volontaire ou involontaire. Lorsqu’elle est autorisée, elle doit obéir à des conditions particulières. Le 10 Avril 2000, le Pays-Bas est devenu le premier pays dans le monde à légaliser cette pratique.

L’EUTHANASIE ACTIVE, PASSIVE, VOLONTAIRE ET INVOLONTAIRE

On parle d’euthanasie active lorsque la personne malade et agonisante se fait injecter une substance létale par un proche ou un membre du corps soignant.  Le produit une fois injecté le conduit dans une mort certaine. Contrairement à l’euthanasie active, l’euthanasie passive consiste à mettre fin à un traitement, à l’hydratation, à l’alimentation, ou à une prise de sédatif. Ces abstinences sont censées conduire dans les jours qui suivent le patient dans un coma et par la suite à la mort.

L’euthanasie active est autorisée dans des pays tels que l’Australie, la Belgique et le Canada. Quand à l’euthanasie passive, ce n’est que sous certaines conditions qu’elle est acceptée en France. La forme passive de l’euthanasie est également légale en Suède et en Suisse. En Norvège, et en Hongrie, ce n’est que sur demande du malade que sa pratique est considérée comme légale. Si aux Etats Unis et en Australie le sujet fait encore débat d’une ville à une autre, le Portugal, la Grèce et le Royaume uni condamnent fermement cette pratique sous toutes ses formes. En Italie où elle est également interdite par la loi, elle est passible de 5 à 16 ans de prison.

Lorsque qu’un patient jouissant de ses capacités morales donne son approbation pour bénéficier d’une assistance médicalisée afin de mettre fin à ses jours, on parle d’euthanasie volontaire. De l’avis des médecins, on parle d’euthanasie non volontaire lorsque l’injection létale est administrée au malade par un soignant sans son approbation, celui de sa famille ou de ses proches. La décision dans ce cas précis est prise en toute conscience par le médecin et ce de manière unilatérale. En jugeant que la vie du malade en souffrance ne vaut plus la peine d’être vécue, le médecin qui administre la substance mortelle au patient reste le seul juge souverain de sa décision. Cependant à cause des restrictions liées à la loi portant sur l’euthanasie et des risques de poursuites qui en découlent, plusieurs praticiens ont recours à l’euthanasie non volontaire de manière clandestine.

En France l’affaire concernant le docteur  Tramois accusé d’avoir  prescrit en 2003 une injection létale à une patience de 65 ans en phase terminale d’un cancer du pancréas , ainsi que celle mettant en cause l’infirmière Christine Malèvre , accusé d’avoir précipité la mort  d’un patient de 71 ans souffrant d’un cancer en phase terminale , tout comme celle de l’aide soignante  Ludivine Chamblet soupçonnée d’avoir empoisonné des retraités sont autant de scandales judiciaires qui ont relancé dans ce pays , le débat sur la légalisation de l’euthanasie et sa règlementation par des textes juridiques.

Si les pro euthanasie considèrent que sa dépénalisation contribuera à abréger les souffrances des malades tout en permettant aux médecins d’être légalement protégés, l’euthanasie sur le plan général   reste   vivement critiquée par ceux qui considèrent que sur plan éthique, le rôle premier d’un médecin est d’administrer des soins, soulager des douleurs et non de tuer. De nombreux courants religieux soutiennent cette thèse.

LES AVIS DES COURANTS RELIGIEUX SUR L’EUTHANASIE

L’euthanasie est très critiquée dans les milieux religieux. Les pays tels que la Grèce, l’Italie, le Royaume Uni et le Brésil où la religion entretient un lien étroit avec la vie politique, l’euthanasie est vivement rejetée et condamnée.

L’église catholique romaine

L’église catholique s’appuie sur le 6ème commandement inscrit dans la Sainte Bible qui déclare « Tu ne tueras point » pour s’opposer à l’euthanasie. Selon elle, seul Dieu donne la vie et a le pouvoir de la reprendre. Dans son catéchisme, elle soutient que l’euthanasie quel qu’en soient ses motifs est un meurtre et une atteinte à la dignité humaine et au respect du Dieu Vivant.

L’église Orthodoxe

L’église Orthodoxe tout comme l’église catholique désapprouve le recours à l’euthanasie qu’elle considère comme une violation au droit à la vie. Se basant également sur les Saintes Ecritures, elle soutient que l’homme n’a pas le droit d’ôter la vie, ce droit revenant à Dieu, le seul ayant le pouvoir de vie et de mort sur les humains.  En 2007, la Russie sous l’influence de l’église orthodoxe, n’a pu adopter un projet de loi devant rendre légal l’euthanasie dans le pays.

L’islam

L’Islam n’accepte la peine de mort que pour le criminel. Son point de vue sur l’euthanasie est sans appel car elle s’y oppose fermement. Le moment de la mort selon la doctrine qu’elle enseigne ne peut être défini que par Dieu et non par les médecins à qui elle n’octroie pas le droit de décider ou de mettre fin à une vie. Dans les pays arabo musulmans, la question sur la légalisation ou non de l’euthanasie ne se pose même pas.

Le judaïsme  

Le judaïsme recommande à ses adeptes, le respect à la vie qui est un don de Dieu. Dans les enseignements contenus dans le Talmud, il n’est pas recommandé d’intenter quoique ce soit qui soit à mesure de détruire une vie, car le faire, c’est détruire l’Univers. Cependant si elle recommande l’usage des calmants pour soulager des douleurs persistances tout en interdisant l’initiative d’abréger les jours d’un malade, le judaïsme accorde au malade le droit de renoncer à la prise d’un traitement si ce dernier considère son état de santé sans espoir d’un éventuel changement. Une nuance qui laisse entendre qu’elle est en quelque sorte pour l’euthanasie passive.

Le Bouddhisme

Le Bouddhisme ne considère pas la mort comme la fin de l’existence, raison pour laquelle il s’oppose au suicide ou à tout acte visant à mettre un terme à la vie. Cependant, le fait qu’elle voit en l’euthanasie un acte de compassion du médecin envers un malade en souffrance, rend complexe son point de vue sur cette pratique. Opposé au suicide qu’il considère comme une faute extrême, il est moins rigoureux en ce qui concerne son jugement sur l’euthanasie passive qu’il considère comme moins grave.

Dérivée du mot grec « eu » qui signifie « bonne » et « thanatos » qui veut dire « mort », l’euthanasie dans sa définition la plus simple fait état d’une mort en douce, dépourvue de toute souffrance. S’il est vrai qu’elle n’est nullement un choix entre la mort et la vie, mais une décision à prendre sur la façon de mourir, c’est l’acte de « tuer » qu’elle incarne qui pose un réel problème. Malgré les nombreuses raisons avancées par ses défenseurs dont celui de soulager la souffrance d’un malade, l’euthanasie continue aujourd’hui à se heurter à des questions d’éthiques que ce soit sur le plan social, médical ou religieux. Au delà de cela, légaliser le droit d’ôter la vie, fait également naitre la crainte de voir cette pratique être motivée par des motivations malsaines, contraire à celles visant à soulager un malade dans l’agonie.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit images/google images.

 

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