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Le sommet saoudo-africain est prévu pour 2019

11.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
A la recherche d'opportunités d'investissements rentables, Ryad chiffre ses réserves de fonds à deux mille milliards de dollars et le continent noir fait partie de ses ambitions.
Les deux parties sont prêtes à faire du business et bénéficient, entre autres, de liens idéologiques qui facilitent une présence économique et diplomatique en Afrique. Le continent compte plus de quatre cent cinquante millions de musulmans, une cible facile pour l'Arabie saoudite.

Les premiers investissements saoudiens en Afrique étaient concentrés sur les infrastructures religieuses, la construction de mosquées, par exemple, en Egypte, au Mali, au Tchad. Près de 21% d’ONG en Afrique sont islamiques et, la plupart d’entre elles sont financées par Ryad. Aujourd’hui, les investissements de l’Arabie saoudite en Afrique sont tournés vers des intérêts économiques. L’Arabie saoudite veut profiter des opportunités qu’offre le boom économique et démographique en Afrique. En 2016, la part des investissements directs étrangers (IDE) du royaume représentait 3% des capitaux des IDE en Afrique, soit 2,7 milliards de dollars, une excellente progression.

Sommet en cours entre l’Arabie saoudite et l’Afrique

L’Afrique a gagné en popularité aux yeux du Royaume de Riyad, alors que l’État du Golfe est en passe de renforcer ses liens avec le continent africain, en particulier dans les domaines de la défense et de la sécurité. Tout comme le sommet France – Afrique ou Chine – Afrique, le roi de l’autorité saoudiennes Salman bin Abdul-Aziz a annoncé son intention de réunir l’Arabie saoudite et l’Afrique sous une même plate-forme, qu’il qualifierait de sommet Saoudo-Afrique. Bien que l’ordre du jour n’ait pas encore été révélé, la première édition est prévue pour octobre ou novembre 2019, à un endroit qui reste à déterminer. Riyad et Djedda sont les villes hôtes possibles.

Ministre saoudien des affaires africaines

Avant d’annoncer le premier sommet de l’Arabie saoudite, le roi Salman a créé un nouveau poste au sein du gouvernement chargé des relations entre le pays pétrolier et le continent africain. Le premier du genre, Ahmed Abdul Aziz Kattan, a officiellement accepté le poste de ministre d’État aux Affaires africaines le 26 février 2018. Il a servi d’intermédiaire entre le Royaume d’Arabie saoudite et l’Afrique. Le ministre Kattan a dirigé une équipe saoudienne à la conférence de coordination des donateurs pour financer le programme d’investissement prioritaire (PIP) du groupe des cinq pays du Sahel (G5 Sahel) pour 2019-2021. La conférence a eu lieu à Nouakchott, la capitale mauritanienne.

Selon certains rapports, la présence d’une délégation saoudienne marquait une étape importante pour Riyad, réaffirmant sa volonté de renforcer le développement et la stabilité, ainsi que sa volonté de s’associer à la lutte contre le radicalisme et le terrorisme dans la région africaine du Sahel.

Arguments

Plusieurs questions ont été soulevées quant aux raisons pour lesquelles le pays riche en pétrole d’Arabie saoudite s’est tourné vers l’Afrique pour rechercher des liens, notamment économiques et de sécurité. Répondant à cette question, un journaliste d’Afrique Media TV, a déclaré: «Ce n’est pas aujourd’hui que l’Arabie saoudite s’installe en Afrique, elle a une longue histoire avec l’Afrique. La seule chose qui a rendu la relation subtile était le fait que Riyad n’a pas étendu sa présence dans de nombreux pays africains, il s’est concentré uniquement sur les pays où l’islam était dominant (l’Afrique au Maghreb) ». Cependant, dans l’Afrique contemporaine, les liens entre les États du Golfe et l’Afrique sont devenus plus explicites après que l’Arabie saoudite et certains États du Golfe aient rompu leurs liens avec le Qatar. Riyad est présent en Mauritanie, en Algérie, en Libye et à Djibouti, où il a annoncé l’ouverture de sa base militaire dans la région. Malgré cela, le sommet en cours à Riyad-Afrique est un forum où ces partenaires définiraient leur nouvelle relation.

On comprend dès lors que certains pays africains aient tout intérêt à s’attirer les faveurs d’un allié aussi important, quitte à le soutenir, même dans des conditions parfois inconfortables, sur le plan diplomatique.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/google images

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