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Violences policières contre les gilets jaunes , la France sous le feu des critiques

12.03.2019
article de la rédaction AFRIC
Le mouvement des Gilets Jaunes qui a connu son 17e acte de mobilisation ce weekend fait face depuis le début de la contestation, à une vague de violences policières sans précédente dans le pays. Le 06 mars dernier, après 4 mois de manifestations, l’ONU a interpellé la France pour demander une enquête judiciaire sur les actes de violence de ses forces de sécurité à l’endroit des manifestants.

Les chiffres officiels présentent une situation alarmante. Ils font état de près de deux mille blessés dans les rangs des contestataires. Bien avant l’ONU, plusieurs associations, syndicats et organisations se sont dit indignés par les bavures de la police française à l’encontre des Gilets Jaunes. Œil arraché, traumatismes crâniens, rupture d’un organe, visage complètement amoché sont devenus le lot de ces derniers au cours de leurs manifestations où s’invitent tabassage, matraquage, usage de gaz lacrymogène, et grenades explosives tout ceci sur le déni des politiques et médias.

REPRESSION POLICIERE ET JURIDIQUE  

Sur la toile sont publiées de nombreuses vidéos faisant état des dégâts corporels subis par les gilets jaunes. Parmi les victimes qui ne sont pas uniquement des militants, on compte des personnes de toute frange de la population, des adolescents, des femmes et même des personnes âgées tabassées sans aucun état d’âme par les forces de l’ordre. Etant peu sollicités par les médias pour faire part de leur témoignage, plusieurs victimes ont décidé de s’unir au sein de collectifs, sur internet ils partagent leur histoire et leur espoir de voir être traduis en justice les auteurs de leur tourment. Si le gouvernement a souvent dénoncé les multiples casses et scènes de pillages qui ont caractérisé certains des marches des Gilets jaunes notamment à Paris, il semble faire fi du traitement infligé par la police aux grévistes.

Cette attitude est également adoptée par la justice qui épargne les agents de police, mais a la main lourde contre les manifestants. A ce jour, on ne compte pas moins de 7000 arrestations et 1000 condamnations visant toutes les Gilets Jaunes. Aucun membre des forces de l’ordre n’a été appelé à répondre de présumés actes de violence devant un tribunal. En février tous les recours déposés par les blessés, syndicats et associations nationales ont fait l’objet d’un rejet de la part du conseil d’Etat.

Pour Jean Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise, la répression policière et judiciaire qui sévit en France depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes est tout simplement inédit dans le pays.  A en croire ses propos, jamais la France en 60 ans n’a connu pareille situation.  Le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, juge qu’a travers cette répression policière et juridique, c’est tout simplement la liberté de manifester qui est attaquée par le gouvernement.

Si la police française a reçu l’aval des autorités pour mater les manifestants en faisant usage de la force, elle est surtout indexée pour l’utilisation abusive des lanceurs de balle de défense (LBD) communément appelés flash-ball.

DEBAT AUTOUR DE L’USAGE DES LBD

Les LBD sont mentionnés dans la majorité des requêtes faites au sujet des violences faites contre les gilets jaunes. Les victimes et associations qui dénoncent leur usage et ont demandé à mainte reprises leur interdiction lors des marches, se sont plusieurs fois heurtées au refus catégorique des autorités. Malgré les appels de l’ONU et bien avant elle, ceux du conseil européen sur l’usage disproportionné de la force par la police lors des manifestations, le chef de l’Etat français ne compte pas lâcher du lest, il justifie l’usage des fameux flash-Ball Par la nécessité pour les force de maintien de l’ordre de se protéger face aux « casseurs » qui détruisent des édifices, brisent des vitrines, cassent des véhicules, et menacent les policiers. Rejetant l’utilisation du terme « répressions » pour décrire l’intervention de la police française, Emmanuel Macron soutient que la France reste un Etat de droit.

Un point de vue que ne partagent pas un collectif d’ophtalmologue français. Inquiets du nombre grandissant de personnes ayant subi des dommages aux yeux lors des manifestations des gilets jaunes, ils ont dans une lettre adressée au président français, plaidé pour un moratoire sur l’usage des lanceurs de balles. Ce courrier dans lequel ils affirment que jamais la France n’a connu dans le passé une telle épidémie de blessures oculaires gravissimes est resté lettre morte.

En appui à la position du chef de l’Etat français qui soutient l’usage des LBD par la police,

L’Assemblée Nationale, a adopté le 5 février la loi anti-casseur qui prévoit une série de sanctions et poursuites à l’encontre des manifestants.

LA LOI ANTI-CASSEUR, UN TEXTE CRITIQUE

Ce texte jugé non conforme aux libertés fondamentales est critiqué par une cinquantaine d’association qui demande son abandon pur et simple. La loi qui doit faire l’objet d’un réexamen ce 12 mars au sénat n’a pas été voté par l’opposition. Du coté des députés de la République en Marche, elle a connu une abstention record. Ses initiateurs la présentent comme une mesure visant prévenir les violences au cours des manifestations. Les sanctions prévues dans ce texte visent entre autres les personnes qui veulent manifester en toute discrétion en dissimulant leurs visages. Cette loi confère également aux préfets le droit d’interdire de manifestations toute personne pouvant être une menace pour l’ordre public, elle prévoit aussi la création d’un fichier ciblant les personnes frappées d’interdiction de manifester. Les individus s’opposant à cette interdiction sont passibles de 6 mois de prison et au payement d’une mande de 7500 euros. A cela s’ajoute des factures dont peut être contraint de payer tout manifestant condamné en cas de plainte de dégradation d’édifice.

Pour les nombreuses associations et organisations qui s’opposent à cette loi, elle vise tout simplement à dissuader les personnes désireuses de prendre part aux manifestations et portes atteinte à la liberté de manifester qui est un droit fondamental. Elle est également selon ces derniers, la preuve que l’Etat français a du mal à remettre en cause les bavures des policiers.

UN RÉGIME PLUS PROCHE DE L’AUTORITARISME QUE DE LA DÉMOCRATIE

Construit en dehors des partis politiques et syndicats, le mouvement des gilets jaunes est soutenu par la majorité des français. Ce combat qui a les allures d’une guerre des classes sociales,  des riches contre les pauvres, des travailleurs qui bossent dure pour gagner leur vie mais qui se considèrent aujourd’hui comme des laissés pour compte est également perçu comme un procès du peuple français contre Emmanuel macron. Un président selon les gilets jaunes porté à la tête du pays par les puissances de l’argent et moins pour ses qualités morales. Pour de nombreux français en encourageant la répression contre les Gilets Jaunes, le gouvernement est en train de dériver dangereusement vers un autoritarisme. Car restreindre le droit de manifester, est un acte intolérable pour un Etat qui se dit libéral et défenseur des droits de l’homme.

Malgré l’effroyable répression policière et les multiples campagnes de décrédibilisassions dont ils font l’objet, les gilets jaunes continuent de manifester chaque samedi. Déterminés à faire bouger les lignes grâce à leur combat politique, ils donnent raison au syndicaliste américain César Chavez qui affirmait que quand un changement social a commencé il ne peut plus être inversé… car on ne peut oppresser un peuple qui n’a plus peur.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit images/google images/ Violences policières Gilets Jaunes.

 

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