Association for Free Research and International Cooperation

La RCA chemine vers la paix grace a l’initiative Russe et Soudanaise

08.09.2018
Embrassée depuis 2013 dans une crise qui l'a endeuillé et déstabilisé ses institutions, la Centrafrique chemine désormais vers le chemin de la paix. Mardi 28 août 2018, différents groupes armés opérant dans le pays, ont signé une déclaration d’entente. Un geste qui manifeste ainsi leur volonté d'une paix durable et d'une réconciliation. L'initiative a été menée de main de maître par le Soudan et la Russie.

La collaboration entre la Russie et la Centrafrique est fructueuse. Le nouveau cap que viennent de franchir les différents groupes armées centrafricains présents à Khartoum la capitale soudanaise est la preuve que Moscou avec l’aide de ses alliés a le soucis de voir la RCA se relever de la déchéance dans laquelle elle est plongée depuis près de 5 ans.

A Khartoum les représentants des différents groupes armés opérant en Centrafrique ont décidé de mettre de coté leur différents pour regarder ensemble vers la même direction ceci en privilégiant les intérêts de la nation. Engagés dans des conflits aux intérêts purement économiques ils ont signé cette déclaration d’entente qui ouvre la porte à une ère nouvelle dans le pays.

Ont pris part à cette signature trois principaux groupes armés de l’ex-coalition à majorité musulmane de la Séléka. Dont le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique représenté par Noureddine Adam , l’Union pour la paix en Centrafrique  ( UPC ) conduit par Ali Darassa  et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC ) dirigé par Maxime Mokom. S’ajoute à ces 03 signataires le groupe anti balaka qui s’est souvent érigé en défenseur des chrétiens. Le mouvement était représenté par Maxime Mokom.

La Russie par cette initiative se distingue ainsi des autres partenaires occidentaux qui ont plutôt profité du chaos de la RCA pour piller ses ressources.  Présent en Centrafrique depuis quelque mois seulement, la Russie en œuvrant pour la réconciliation des frères centrafricains a prouvé qu’elle accorde un privilège aux intérêts de ses alliés. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Moscou entreprend une initiative pareille. Deux tentatives allant dans ce sens dont une en juillet à Khartoum, et une seconde un mois plus tard se sont soldées par des échecs.

 

L’œuvre de la Russie dans ce pays va bien au-delà de cela. Depuis le début de cette année la Russie a entrepris d’apporter son soutien à l’armée régulière de la RCA en pleine restructuration. Grace à l’expertise d’experts venus de la Russie Plusieurs militaires centrafricains ont pu bénéficier de formations dans le maniement des armes russes.

 

Un autre allié de Bangui qui a largement œuvré à la signature de cette déclaration d’entente, et bien c’est le Soudan. Le pays dirigé par Omar el-Bechir a joué de sa partition. Cela est d’ailleurs surprenant de constater que ces deux pays qui très souvent sont présentés comme des mauvais élèves en matière de respect des droits de l’homme par les grandes puissances occidentales soient aujourd’hui ceux la même qui ont travaillé d’arrachepied pour conduire la Centrafrique sur la voie d’une paix durable.

Le gouvernement centrafricain qui a salué l’initiative menée par la Russie et le Soudan à Khartoum a néanmoins indiqué qu’il reste attaché à l’initiative allant dans le même sens menée par l’Union Africaine depuis 2017 et qui a le soutien de l’ONU. Si les pourparlers engagés par l’instance panafricaine peinent encore à aboutir à des conclusions satisfaisantes la médiation dirigée en parallèle par Moscou et Khartoum a le mérite de faire espérer au peuple centrafricain que des lendemains meilleurs s’annoncent.

Pays aux nombreuses richesses (diamants, pétrole, uranium, fer, bois…) la Centrafrique n’a jamais vraiment connu la stabilité. Depuis David Dacko, premier chef de l’Etat, à François Bozizé, ce pays d’Afrique centrale plus grand que la France (plus de 620 000 km2) a vu les coups d’Etat se succéder aux coups d’Etat. Le dernier en date, celui de François Bozizé, chassé du pouvoir par la coalition rebelle Seleka en mars 2013 a plongé le pays dans une situation humanitaire préoccupante et entrainé le déplacement massif de la population vers les pays voisins dont le Tchad, le Cameroun et le Congo.

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