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Disparition de Bernard Dadié, grand Homme de la littérature africaine

10.03.2019
L'immense Bernard Dadié vient de décéder à l’âge vénérable de 103 ans, a annoncé ce samedi le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman. Personnage de nombreux talents, l'Ivoirien fut poète, romancier, homme de théâtre, mais aussi homme politique et ministre de la Culture sous Houphouët-Boigny. Proche du Front populaire ivoirien, il avait pris fait et cause pour Laurent Gbagbo alors que celui-ci était incarcéré depuis 2011 au centre de détention de la CPI, à La Haye (Pays-Bas). L'auteur de Climbié et d'autres opus devenus des classiques de la littérature africaine, fut le premier écrivain africain dont on a célébré le centenaire de son vivant.

Rendant hommage à l’aîné à l’occasion de son centenaire en 2016, le romancier Koffi Kwahulé écrivait dans Jeune Afrique : « Dadié est à la littérature ce qu’Houphouët est à la politique. » Autrement dit, un ancêtre incontournable. Voire même la matrice à partir de laquelle la littérature ivoirienne est née.  « Ecrire est, pour moi, un désir d’écarter les ténèbres, un désir d’ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde », avait déclaré l’écrivain lors de la cérémonie du centenaire. Malgré son grand âge, le doyen des lettres africaines était venu personnellement, jeudi 11 février 2016, au Palais de la culture d’Abidjan pour recevoir le premier prix James Torres Bodet que l’Unesco lui avait décerné en hommage à sa longue carrière d’écrivain.

La particularité de Bernard Dadié est d’avoir pratiqué tous les genres, de la poésie à l’essai, en passant par la fiction, le théâtre et le conte. Il avait tout inventé. L’homme avait coutume de collectionner les premières places. Climbié, son roman sans doute le plus connu, publié en 1956, est le premier ouvrage de fiction ivoirien. Avec sa pièce Les Villes, jouée à Abidjan en avril 1934, Dadié a donné la toute première pièce de théâtre du corpus dramatique de l’Afrique francophone. Enfin, last but not least, il fut le premier et le seul à remporter deux fois le grand prix littéraire de l’Afrique noire, la première fois en 1965 avec son roman Patron de New York, et la deuxième fois en 1968 avec un autre roman La Ville où nul ne meurt.

L’autre trait marquant de l’œuvre de Bernard Dadié, c’est son refus de la « négritude » comme source d’inspiration, tranchant ainsi avec l’idéologie chère aux grands Africains de à sa génération. Pour lui, écrit Nicole Vinciléoni, spécialiste de la littérature ivoirienne, « l’Afrique est un vécu et non une nostalgie. C’est donc avec un cœur trop africain pour avoir à clamer son africanité qu’il regarde le monde […] ».

Lire l’article original ici.

Crédit images/google images/B.Dadié

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