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Côte d’Ivoire – la grève dans l’éducation : l’implication des politiques fait débat

06.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
L'école ivoirienne de nouveau sur les braises. Les portes des salles de classe restent fermées en dépit d'un accord entre le gouvernement et les syndicats de la maternelle et du primaire. Face au blocus, les internautes ivoiriens s'interrogent sur le rôle de l'opposition considérée comme amorphe dans cette crise.

Dimanche 3 mars, sur les antennes de la télévision nationale RTI1, responsables syndicaux (l’intersyndicale de l’enseignement préscolaire et primaire de Côte d’Ivoire) et gouvernementaux se tenaient côte à côte pour annoncer la fin de la grève dans l’éducation nationale qui durait depuis environ un mois et demi. Un ouf de soulagement dans les familles ivoiriennes qui attendaient avec impatience la reprise des cours.

Lundi 4 mars, le constat reste le même : plusieurs écoles maternelles et primaires ont encore fermé leurs portes, et les élèves, renvoyés à leurs maisons. L’école ivoirienne va bien mal. Car dans le secondaire, les mots de grève ont également pris le dessus sur le don du savoir. Son intersyndicale, la COSEF-CI, doit se réunir mercredi en assemblée générale et décidera alors de la suspension ou non du mot de grève. Quant aux enseignants de l’enseignement supérieur, ils ont décidé de reprendre le chemin des classes pour deux semaines après la remise en liberté provisoire après la remise en liberté provisoire de deux de ses membres. 

finalement  ce mardi 05  Mars 2019 – Après plus d’un mois de grève, la  plateforme des syndicats de  l’’Intersyndicale du secteur Education-Formation-Côte d’Ivoire  (ISEFCI) a levé dimanche  son  mot d’ordre de grève. Le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly,  qui s’est saisi du dossier des revendications des grévistes,  a donné instruction au ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, afin de  poursuivre les discussions avec les  syndicats et trouver une solution définitive aux grèves intempestives  dans le secteur éducation.

CONDITIONS DE TRAVAIL POINTEES DU DOIGT

Cette série de revendications portent généralement autour de l’amélioration des conditions de travail aussi bien pour les enseignants que pour les enseignés, notamment la question des cours du mercredi au primaire et la double vacation et ses conséquences désastreuses sur la qualité de la formation ;

La revalorisation de l’indemnité contributive au logement des enseignements du préscolaire, primaire et secondaire et la revalorisation des salaires (bloqués depuis 24 ans) des enseignants du secteur privé ; l’application effective du référentiel des métiers tel que prévu par le décret de 2009, portant profil de carrière des enseignants du primaire et secondaire. La levée des sanctions contre huit enseignants de l’université Félix Houphouët-Boigny, ainsi que le règlement du contentieux lié aux heures complémentaires des enseignants du supérieur.

Durant toutes ces tribulations lors desquelles le ministère de l’Éducation a refusé de discuter avec les grévistes, la position des politiques ivoiriens est diversement interprétée sur les bords de la lagune Ebrié, alors que certains partis observent un silence criard face à la situation.

APPELS AU DIALOGUE

Le 12 février, soit environ trois semaines après le début de la crise, l’ancien parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien (FPI) a publié une note dans laquelle il dresse un parallèle bavard entre « l’indifférence face aux revendications d’enseignants qui réclament de meilleures conditions de vie et de travail » et les « 72 h pour satisfaire les exigences des + ex combattants + ». Le parti de Laurent Gbagbo qui « proteste vigoureusement contre la politique de menaces et pressions de nature à brimer la liberté de parole et le droit de grève » a appelé le gouvernement « à engager au plus vite des négociations directes avec toutes les parties concernées par cette crise ».

Plus tôt, c’est le parti « Liberté et Démocratie pour la République (Lider) » qui tirait la sonnette d’alarme, appelant les parties impliquées dans la crise de l’éducation ivoirienne à s’asseoir et discuter. Son président Mamadou Koulibaly s’était par ailleurs interrogé sur le rôle du médiateur qui devrait faciliter le dialogue entre les différentes parties. Une grille d’analyse partagée par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) d’Henri Konan Bédié qui a appelé « avec insistance les parties prenantes à la reprise des négociations dans un climat apaisé et démocratique. »

CALCULS POLITIQUES

En dépit de ce sursaut politique, les Ivoiriens ont regretté la sortie tardive et molle des leaders politiques sur le dossier de la grève dans l’enseignement. Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont notamment pointé les intérêts égoïstes des politiques qui préfèrent privilégier les calculs politiques au détriment des intérêts de la Nation. En effet, ils s’étonnent que ces partis d’opposition ne se cantonnent qu’à des communiqués pour attirer l’attention des gouvernants, quand ces même partis prennent le risque de descendre dans la rue lorsqu’il s’agit de contester des résultats d’une élection par exemple. 

Cet argument est toutefois battu en brèche par une autre faction qui justifie la position de l’opposition par la situation sensible dans le pays. Ces internautes estiment du reste qu’il est difficile pour les opposants de prendre fermement position dans cette crise au risque de se voir accuser de collusion avec les grévistes.  Quoi qu’il en soit, cette crise témoigne d’un mal profond dans l’éducation ivoirienne qui nécessite de grands moyens. Auquel cas, l’école ivoirienne courra tout simplement à sa perte.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image: google images/gréve cote d »ivoire

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