Association for Free Research and International Cooperation

Grande Muraille Verte : 15 ans déjà quel est le bilan?

04.03.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’Initiative Africaine de la Grande Muraille Verte (IAGMV) de Dakar à Djibouti a été décidée en 2005 par les Chefs d’État et de Gouvernement des États au Sud du Sahara. Elle a ensuite été endossée par l’Union africaine pour lutter contre l’avancée du désert à l’horizon 2025. A quelques années de cette échéance quel bilan en tirer ?

Le projet de la Grande Muraille Verte consistait à son lancement en 2010 à planter une « barrière » d’arbre sur 7600 km de long pour 15km de large, traversant 11 pays : le Sénégal, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Mali, le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Soudan, l’Éthiopie, l’Érythrée et Djibouti. L’Objectif global est d’une part, de lutter contre l’avancée du désert par les pratiques éprouvées de gestion durable des terres et de renforcement et de protections des ressources naturelles et des systèmes de production et de transformation, d’assurer le développement socio-économique des Communautés locales par des plateformes polyvalentes d’Activités Génératrices de Richesses de renforcement de l’accès aux services sociaux de base et de gestion de la transition vers l’Économie verte et d’éradiquer la pauvreté et l’insécurité alimentaire et de renforcer les capacités d’Adaptation et de Résilience d’autre part.

La Vision globale de la Grande Muraille Verte à l’horizon 2025 est la transformation des zones arides du Sahel en Pôles Ruraux Économiques et de Développement Durable parfaitement intégrés au tissu économique national. Le Plan d’Actions Quinquennal 2016-2020 comporte un ensemble de Programmes Prioritaires d’Actions Phares. Ce projet rassemble les populations locales, les agences gouvernementales et des scientifiques, tel que du CNRS.

Près de 10 ans après le lancement de ce projet, le bilan de cette initiative est plus que contrasté. Selon le professeur Jacques Hallard, « la grande entrave à ce projet réside surtout dans le fait que la zone géographique concernée est actuellement, dans de nombreux états, l’objet d’une grande instabilité politique et sociale, avec des conflits armés, des guerres civiles compliquées et des crises humanitaires à répétition qui ne permettent pas de prendre les mesures concrètes et adéquates sur le terrain » L’argent mobilisé a pour l’instant permis d’élaborer des plans nationaux. Certains, comme le Sénégal et l’Érythrée, l’ont fait sur leurs propres deniers. D’autres, comme le Burkina Faso, le Tchad, l’Éthiopie, la Gambie, le Niger ou Djibouti, se sont appuyés sur des financements internationaux. De tous les pays du projet, c’est le Sénégal qui a enregistré   l’avancée la plus significative. En effet, selon le site Afrique décryptages, « depuis 2008, 5 000 nouveaux hectares de jeunes arbres, arbustes ou cultures maraîchères sont plantés chaque année dans les régions Nord du Sénégal par des villageois, étudiants bénévoles et professionnels.

Le tout est coordonné par l’Agence nationale sénégalaise de la GMV, qui dépend elle-même de l’Agence panafricaine du projet. Les plantes ont été sélectionnées avec le plus grand soin selon deux critères : leur caractère endogène et leur adaptabilité à l’aridité de ces régions d’une part ; leur utilité pour les habitants d’autre part (produits pharmaceutiques, cosmétiques, alimentation, énergie, etc.). Les retombées positives, directes comme indirectes, de ce projet sont nombreuses : réduction des carences alimentaires, nouveaux revenus pour les ménages, réduction des distances de transhumance pour les grands troupeaux grâce à la multiplication des forages et zones de pâturage, engagement citoyen des familles qui s’approprient véritablement le projet, renforcement de la recherche. En dehors du Sénégal, difficile de trouver dans les autres pays membres de cette  initiative la moindre action concrète du projet. Les agences nationales de la GMV des autres pays se contentent de données assez vagues, difficile de voir le moindre bilan.

Force est malheureusement de constater que le projet de la Grande Muraille Verte rejoint petit à petit la longue liste d’initiative inachevée.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google images/grande muraille verte

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