Association for Free Research and International Cooperation

L’enseignement privé est-il vraiment réservé aux riches ?

26.02.2019
Dans son livre « The Beautiful Tree », James Tooley a étudié le secteur de l’éducation de nombreux pays pauvres, notamment l'Inde, le Nigeria, le Ghana, le Kenya et la Chine. Il constate que les responsables de l’éducation publique n’ont pas toujours connaissance de l’existence d’écoles privées pour les pauvres. L’enseignement privé est généralement considéré comme un luxe pour les riches.

Un déni gouvernemental

Les recherches de Tooley ont montré que la scolarisation privée à faible coût et généralement non réglementée, constituait un marché florissant dans de nombreux pays. Au Nigeria, par exemple, Tooley notait: « … Nous avons trouvé 32 écoles privées dans le bidonville de Makoko, dont aucune n’est reconnue par le gouvernement, et nous estimons qu’environ 70% des écoliers de Makoko sont passés par l’une de ces écoles privées. Dans les zones pauvres de l’État de Lagos, c’est 75% des écoliers qui fréquentent des écoles privées rarement reconnues par le gouvernement». Par ailleurs, l’équipe de Tooley a localisé 586 écoles privées dans les villages de Gansu, en Chine. Officiellement, il n’y avait que 26 écoles dans le Gansu, qui étaient toutes des écoles publiques situées dans les plus grandes villes. La politique en Chine consiste à nier l’existence de ces écoles privées. Après tout, la Chine avait déjà déclaré que l’objectif de l’école primaire publique universelle avait été atteint.

Qualité de l’enseignement : privé versus public

La recherche de Tooley fournit un aperçu unique de la comparaison de l’enseignement public avec des alternatives privées. L’absentéisme des enseignants dans les écoles publiques est probablement le problème le plus flagrant. En visitant une école publique en Inde, Tooley a observé 130 étudiants confinés dans une seule pièce. Le directeur de l’école a mentionné que les autres enseignants étaient absents ce jour-là. «Ils seront tous les jours absents», a déclaré le responsable adjoint de l’éducation du district. Transparency International a estimé que le taux d’absentéisme des enseignants dans les pays en développement variait entre 11 et 30%. Inversement, Tooley a indiqué que lorsqu’il visitait des écoles privées à l’improviste, il était rare de trouver des enseignants absents, et si c’était le cas,  un intendant prenait le relai pour la journée.

L’absentéisme des enseignants n’est pas le seul problème. En 2003, le Kenya a mis en place l’enseignement primaire gratuit. De nombreux parents qui ont transféré leurs enfants des écoles privées dans les nouvelles écoles publiques sont rapidement revenus sur leur décision. L’équipe de Tooley a interrogé des parents de quatre écoles différentes qui avaient essayé les écoles publiques. La réponse des parents interrogés avait à cause de la qualité supérieure des écoles privées.

Ainsi, il a entendu plusieurs déclarations comme celle-ci: « [L’éducation publique] peut être gratuite, mais les enfants n’apprennent pas. Cela rend la qualité de l’éducation médiocre et c’est pourquoi de nombreux parents ont ramené leurs enfants ». Tooley a rencontré des histoires similaires partout où il est allé. Un homme au Nigeria a déclaré: « Nous passons plusieurs fois à côté des écoles publiques et voyons les enfants dehors tout le temps sans rien faire. Mais dans les écoles privées, on les voit tous les jours travailler fort. »

Même si ces écoles privées sont fréquentées par des personnes très pauvres, elles perçoivent des frais de scolarité suffisants pour assurer leur fonctionnement. Elles le font en embauchant et en formant personnellement des enseignants qui n’exigent pas de salaires élevés malgré leur formation poussée dans les universités (de nombreux enseignants ont généralement un niveau d’études supérieures). Les écoles à faibles coûts investissent également beaucoup moins dans les bâtiments et les terrains de jeux qui ne sont pas indispensables. Bien que les frais d’inscription soient suffisamment bas pour être accessibles aux parents des régions pauvres, de nombreuses écoles visitées par Tooley dispensaient également une éducation gratuite aux orphelins, ainsi qu’aux familles extrêmement pauvres. Dans certains cas, 20% des étudiants bénéficiaient d’une éducation gratuite.

Lire l’article original ici.

Crédit image/google images/enseignement privé en Afrique .

 

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