Association for Free Research and International Cooperation

Une nouvelle ère pour l’église catholique après les turbulences de 2018?

25.02.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’année 2018 fut une période bouleversante pour la hiérarchie de l’église catholique outragée par des accusations directes sur le Pape, des plaintes en rapport avec les scandales sur les abus sexuels et la pédophilie. Pour résoudre ce problème épineux et donner gain de cause aux victimes, un sommet de protection des mineurs dans l’église s’est tenu du jeudi 21 au dimanche 24 février 2019 au Vatican. Une rencontre primordiale à laquelle ont participé les responsables des conférences épiscopales du monde entier. Au cours de ce sommet, les participants ont discuté d’abord sur la responsabilité des évêques qui doivent rendre des comptes et ensuite sur la question de la transparence dans l’Eglise. Les conclusions tirées par le Pape à la clôture de cette rencontre ne sont pas tout autant concrètes comme beaucoup l’attendaient mais constituent un premier pas vers une prise de conscience dans l’église catholique.

À l’ouverture du sommet, le Pape s’était exprimé en ces termes : « Face au fléau des abus sexuels perpétrés par des hommes d’églises contre les mineurs, j’ai pensé vous consulter vous patriarches-, afin que tous ensemble nous nous mettions à l’écoute du saint esprit (…), que nous écoutions le cri des petits qui demandent justice. Le saint peuple de Dieu nous regarde et attend de nous non pas de simples et faciles condamnations  mais des mesures concrètes et efficaces à préconiser ». Le pape François avait fait le vœu que le mal de la pédophilie soit transformé en une opportunité de prise de conscience et de purification. Un discours dont toutes les victimes attendaient la concrétisation au dernier jour du sommet.

Conclusion du Pape François

Au terme de ces trois jours de travail, Le vicaire du christ sur terre a conclu ce sommet en affirmant la détermination de l’église catholique à lutter contre le fléau des agressions dont elle est consciente «  si dans l’église on détecte même un seul cas d’abus-qui représente déjà en soi une horreur-,un tel cas sera affronté avec la plus grande gravité » a dit le souverain pontife. Le Pape a inséré la réalité ecclésiale dans un  contexte social global « Nous sommes devant un problème universel et transversal qui, malheureusement existe presque partout » a-t-il affirmé en citant plusieurs enquêtes. Il a ajouté « derrière le mal, il y’a Satan ».

François a souligné l’ampleur de ce phénomène qui dépasse les frontières et qui se déroulent dans la famille, à l’école, au sport mais que les organisations mondiales sous-estiment. Il a mentionné d’autres fléaux qui frappent les enfants comme le tourisme sexuel, le travail forcé et l’enrôlement dans des guerres. Il a aussi rappelé que la très grande majorité des prêtres et des religieux sont fidèles à leur célibat et se sentent « déshonorés et discrédités » par les « comportements honteux » d’auteurs d’abus sexuels.

La disgrâce de l’Eglise en été 2018

En fin d’été dernier, un grand jury de Pennsylvanie aux USA publiait un rapport de 1356 pages dans lequel des accusations d’agressions sexuelles, de viols par 300 prêtres sont mentionnées. Il s’est agit des abus sexuels commis sur  des milliers d’enfants et qui remontent jusqu’au début des années 1940.Parmi les prêtres cités dans ce rapport, deux sont inculpés. Est-ce en raison de la gravité de leurs actes ? Sûrement, mais également du fait qu’ils soient encore en vie et leurs cas remontent aux années 2000 et 2010.

 Ce rapport condamne également l’église catholique et l’accuse d’avoir failli à sa mission: «  des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles, et les hommes de Dieu qui en étaient responsables n’ont rien fait, mais ils ont tout caché pendant des décennies » lit-on. Deux jours après la diffusion de ce rapport le Vatican s’était exprimé en éprouvant leur honte et colère. Le pape rassurait les victimes d’être de leur côté, et que ceux ayant souffert des atrocités des prêtres sont sa priorité et promettait de les écouter pour éradiquer cette horreur tragique qui détruit la vie des innocents. D’où,  après son élocution jeudi, cinq témoignages de victimes enregistrés au préalable furent diffusés dans une salle réservée qu’aux  évêques.

Des mesures considérables

Après de multiples révélations sur ses crimes dans la presse, et leur poids lourd sur l’Eglise, l’ancien archevêque de Washington Théodore McCarrick alors âgé de 88 ans a été défroqué par le vatican et devient comme un simple laïc. Cette sanction historique et définitive tombée samedi 16 février est un signal fort lancé à l’endroit des représentants des églises. En attendant les sanctions canoniques, en Inde, on révèle que le  prêtre catholique Robin Vadakkumchery a été reconnu coupable de viol sur une adolescente de 16ans par le tribunal Kerala et a été condamné à 20ans de prison. Un jugement qui intervient après des cas similaires impliquant des membres de l’église locale.

Le souverain pontife suggère une grande vigilance lors de l’entrée au séminaire. Que des laïcs, et notamment des psychologues puissent évaluer l’équilibre psychologique des séminaristes et des futurs prêtres. Cela n’est peut-être pas rapide ni aussitôt que cela sera fait, mais des lois et des sentences suivront ce sommet pour mettre fin à ce problème dans l’église.

Les attentes des victimes

Le sommet a laissé Les victimes des abus sexuels sur leur faim car s’attendant à des décisions rapides et radicales du Pape. Ces derniers attendent désormais des mesures concrètes en chantier être appliquées. En priori, il faut noter que la sentence du Vatican sur les auteurs des crimes est une amorce très symbolique, le début d’une nouvelle phase dans la lutte contre l’impunité dans l’église catholique.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/google images/scandales église catholique.

 

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