Association for Free Research and International Cooperation

Pourquoi washington veut la tête de Nicolas Maduro ?

12.02.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le président vénézuélien Nicolas Maduro depuis son arrivée au pouvoir en mars 2013, fait face à une guerre ouverte menée par Washington qui veut faire couler le régime dans ce pays d'Amérique latine .Les hostilités qui ont commencé depuis l'ère Obama se poursuivent aujourd'hui avec l'administration Trump qui a qualifié le scrutin du 20 mai 2018 ayant conduit à sa réélection de "farce". Cette victoire critiquée par la maison Blanche a conduit à une série de nouvelles sanctions financières américaines

Les Etats-Unis qui militent pour  l’isolement international du Venezuela ont réussi à mettre à dos du gouvernement de Caracas,  plusieurs pays  latino-américains déclarant au vu et au su de tous  leur  flamme pour Juan Guaido  le président par intérim autoproclamé  qui compte organiser des élections libres et crédibles dans le pays. Pour l’héritier politique d’Hugo Chavez dont le nouveau mandat s’étend  jusqu’en 2025, la tension qui prévaut en ce moment dans le pays n’est que le résultat d’une « guerre économique » menée par l’opposition et les Etats-Unis pour occasionner sa chute.

WASHINGTON EN GUERRE OUVERTE CONTRE MADURO

Washington ne masque  plus sa haine envers le président vénézuélien de plus en plus isolé sur la scène internationale. Son deuxième mandat qui a débuté le 10 Janvier 2019 fait l’objet d’une vive contestation de la part de l’opposition qui dénonce une  « supercherie », pointant du doigt le nombre trop élevé d’abstention (52%).

Accrédité de  68% des suffrages contre 21,2% pour  son principal challenger Henri Falcon, le président de 55 ans connait un début de mandat très difficile marqué par des marches de l’opposition devenues casi permanentes dans le pays depuis la mi 2017.Outre le 2e mandat du président Maduro, elle dénonce la mise sur pied d’une assemblée constituante qu’elle décrit comme  une arme  puissante pour conforter le pouvoir du président réélu. Dans sa détermination a obtenir un nouveau scrutin et à faire tomber le régime en place , elle bénéficie du soutien sans faille  de Washington qui a décidé d’adopter une politique de sanction pour mettre à genoux le pays qui connait déjà une grave crise économique due à la  chute du brut .

Client d’un tiers du brut vénézuélien, Washington à brandi des menaces  d’embargo pétrolier allant jusqu’à proscrire à ses ressortissants toute transaction sur la dette vénézuélienne. A l’encontre du président Maduro, le Trésor américain a fait état d’un gel des avoirs et des biens aux États-Unis du président chaviste. La maison Blanche a poussé le bouchon plus loin  en affirmant ne pas exclure une intervention militaire au cas où le dirigeant vénézuélien venait à faire usage de la force contre l’opposition qui ne décolère pas. Un comportement que Moscou condamne et qualifie d’ingérence.

LA RUSSIE, CUBA, LA CHINE…LES ALLIES DE NICOLAS MADURO

Malgré l’isolement diplomatique dont il fait face, Nicolas Maduro peut compter sur le soutien de la Russie, dont le président Vladimir Poutine avait salué sa réélection en mai 2018. Le chef du Kremlin qui déplore l’aggravation d’une crise politique provoquée par l’extérieur a d’ailleurs reçu chez lui en décembre dernier  celui qu’il considère comme le président légitime du Venezuela .Une visite  durant laquelle d’importants accords économiques et militaires ont été signés entre les deux pays.

Pour Moscou, l’ingérence outrancière américaine, des pays occidentaux et  les nombreuses « tentatives pour usurper le pouvoir dans ce pays sont contraires à la loi internationale ». La pression sur le régime de Caracas et la crise qui en découle sont en croire Dmiti Peskov, le porte-parole du Kremlin susceptibles de « créer le chaos voir la destruction de l’Etat vénézuélien ».

Au coté de la Russie, d’autres pays ont fait part de leur soutien au président socialiste dont la Turquie, la Grèce, la Corée du Nord, l’Iran et la Chine principal créancier  du pays. Dans la région, le président chaviste n’a pas été lâché par le Mexique notamment son dirigeant de gauche. Andrés Manuel Lopez Obrador contrairement à ses homologues du groupe de Lima  est resté solidaire au voisin vénézuélien. S’ajoute à cette union sacrée autour de Maduro, la fidélité du president Bolivien Evo Morales qui tout comme le dirigeant vénézuélien se considère comme un socialiste  et celle de  Cuba qui qualifie l’ingérence américaine de « tentative de coup d’État ». Au delà de cette solidarité internationale Nicolas Maduro tient encore tête à la pression menée contre son gouvernement grâce à l’armée vénézuélienne  qui malgré les menaces brandies par la diplomatie américaine et la pression exercée par l’opposition reste loyale à son président.

L’acharnement dont fait preuve le régime de Caracas,  remonte à un conflit antérieur lié à l’échec du capitalisme au Venezuela avec l’arrivée au pouvoir d’un homme, Hugo Chavez, initiateur du socialisme bolivarien et dont Nicolas Maduro est le  dauphin.

NICOLAS MADURO, HERITIER DU SOCIALISME BOLIVARIEN

Nicolas Maduro est l’heritier incontestable d’Hugo Chavez qui de son vivant a toujours dénoncé  l’impérialiste américain en Amérique du Sud. Depuis l’accession au pouvoir de ce dernier, l’objectif de Washington a toujours été d’en finir avec la révolution bolivarienne considérée comme une entrave à ses intérêts dans cette region . Opposé au capitalisme américain, ce courant politique, idéologique et économique voué à la cause des classes  moyennes et pauvres, milite pour une justice sociale.

Le combat du  commandant de la révolution bolivarienne, avait pour but de permettre au peuple d’être souverain et d’avoir le plein contrôle sur ses richesses et son destin. L’arrivée de Chavez au pouvoir en 1999, a  donné lieu à une vague  de reformes au Venezuela  dont  la mise sur pied d’une série de nationalisation, la fixation du prix des aliments de base et le contrôle du marché des changes. Le coup d’Etat manqué du 11 avril 2002, contre Hugo Chavez est d’ailleurs attribué aux américains avec la complicité des oligarchies nationales corrompues par ces derniers.

Qualifié par la maison blanche de dictateur qui méprise la volonté de son peuple, et présenté sur la scène internationale comme un paria, Nicolas Maduro continue de tenir tête à Juan Guaido le président fantoche qui a reçu l’onction  de Washington pour lui servir de  marionnette dans son désir de déstabiliser le Venezuela. Ce dernier sans le soutien de l’armée et des corps constitués dont le Tribunal suprême de justice ou encore  le Conseil national électoral  ne peux prétendre exercer  pleinement  le pouvoir au Venezuela.

 

Article de la rédaction AFRIC

Credit Images :google image/Venezuela

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