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UNION AFRICAINE : Que retenir du mandat de Paul Kagamé ?

09.02.2019
Article de la rédaction AFRIC
En accédant le 23 Janvier 2018 à la présidence tournante de l'Union Africaine, le président Rwandais Paul Kagamé a qui il avait été confié le dossier sur la reforme constitutionnelle de l’instance, s'était donné pour objectif de faire de L'union Africaine, une institution forte, autonome et fière. Mais vouloir rendre la commission plus influente et moins dépendante des donateurs, n'aura pas été de tout repos pour l'homme fort de Kigali qui s'est heurté durant son mandat aux réticences de ses paires dont plusieurs se plaisant dans la mendicité et la bureaucratie , n'ont pas voulu adhérer à son plan de redressement de l'institution. Son mandat terminé, l’heure est au bilan sur les prouesses et ratés de ce passage à la tête de la commission de l'Union africains.

REFORMES FINANCIERES

Pour permettre à l’instance de se défaire progressivement de l’aide extérieure qui la rend moins influente , le président Paul Kagamé a  proposé qu’ une taxe sur les importations de 0,2 %  sur certains produits soit payée par tous  les 55 Etats membres de l’organisation .Le chef de l’Etat de 60 ans qui a réussi a transformer son pays en appliquant une politique rigoureuse axée sur les résultats économiques , désirait à travers ce projet réformateur permettre à l’organisation de trouver une solution à ses déficits financiers sans forcement attendre des dons qu’elle reçoit de ses partenaires étrangers. Elle dont le budget en 2019 est estimé à 681,5 millions de dollars doit être financé à 51 % par  les bailleurs internationaux. Critiqué par Washington, qui  y voit une violation des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le projet a néanmoins reçu le soutient de près de la moitié des Etats membres qui ont commencé à s’acquitter de leur obligations financières, ce qui est promoteur.

D’autres mesures visant à limiter les dépenses au sein de l’organisation, ont été prises durant le mandat de Kagamé dont la limitation du nombre de sommets et des commissions de huit à six.

DEFIS SECURITAIRES

Le président rwandais qui a également fait des défis sécuritaires sur le contient un des points focal  de son mandat, à permis sous sa présidence à l’Union africaine de créer un fond spécial pour la paix destiné à apporter des réponses financières à la résolution de crises sur le continent. L’objectif bien que louable n’a été que très peu soutenu puisque sur les 400 millions de dollars requis près d’un quart seulement a été versé.

Le président rwandais grâce à l’accord de Khartoum peut néanmoins  se targuer d’avoir bouclé son mandat par une note positive sur le plan sécuritaire .Menée sous l’égide de l’union africaine, cet accord paraphé le 2 février 2019 au Soudan entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes rebelles est le fruit d’un travail de longue halène menée depuis 2015  par l’organe panafricaine.

INTEGRATION ECONOMIQUE DU CONTINENT

Dans le programme réformateur de Paul Kagamé visant à redresser l’Union Africaine,  figurait également l’intégration économique à travers le développement du commerce intra-africain. L’accord sur l’instauration  d’une zone de libre-échange continentale (ZLEC) signé à Kigali la capitale rwandaise le 21 mars 2018 est l’aboutissement d’un travail qui a débuté en 1963 en Ethiopie. Même s’il fait face à la réticence du Nigeria, la première économie d’Afrique, le texte a été signé par une quarantaine de pays membre de l’union et doit être ratifié par au moins 22 pays avant sa mise en application.  Ce vaste marché commun qui cumulera à lui seul 2 500 milliards de dollars de PIB, doit faciliter les flux de  biens et de personnes en Afrique et permettre l’augmentation du niveau de commerce intra-africain estimé à 16%.

L’AFRIQUE REUNIE AUTOUR DE LA CANDIDATURE DE LOUISE MUSHIKIWABO

Paul Kagamé qui a décidé de rendre influente la diplomatie rwandaise a bénéficié  durant sa présidence à la commission de l’Union Africaine , de la solidarité des pays africains pour l’élection de Louise Mushikiwabo à la tete de la Francophonie .L’ex ministre rwandaise des Affaires étrangères qui désirait succéder à la canadienne Michael Jean à la tete de l’organisation des pays ayant en partage la langue française, a tirer profit de l’influence de son président au sein de l’Union africaine pour  s’attirer les faveurs des pays africains membres de l’OIF. Outre le soutient de la France notamment de son président Emmanuel Macron,  Paul Kagamé a reçu lors du Sommet de Nouakchott, tenu les 1er et 2 juillet 2018,  l’approbation de ses paires africains pour un soutien commun à la candidature de Louise Mushikiwabo. Cette synergie continentale autour de la candidature rwandaise considérée comme celle de l’Afrique a abouti a l’élection  de la concernée au poste de Secrétaire générale de l’OIF, lors du  17ème Sommet de l’organisation, qui s’est tenu à Erevan, en Arménie.

 

DES REFORMES REJETEES

Le chef de l’Etat rwandais durant son magistère à la commission de l’Union Africaine a connu quelques revers. Les 55 Etats membres de l’organisation lors d’un sommet extraordinaire organisé le 17 novembre 2018  à Addis-Abeba pour l’examen des reformes proposées par ce dernier, ont donné leur approbation pour les mesures visant l’autofinancement de l’instance et des sanctions réservées aux pays  ne voulant pas honorer à leur engagement. Ils ont cependant par leur grande majorité rejetée l’initiative de Paul Kagamé  visant à octroyer  au président de la commission les pleins pouvoirs de nommer ses propres collaborateurs afin de les rendre plus responsables.

LE LITIGE POST ELECTORAL EN RDC

Le rôle joué par l’Union africaine lors du litige post électoral en République Démocratique du Congo et la position du président Paul Kagamé sont également considérés comme les ratés de son mandat. Alors que la SADC avait opté pour un appel au calme et à une résolution du problème selon les règles régis par la constitution du pays, l’Union africaine à l’issue d’une réunion d’urgence sur la question, a plutôt appelé au recomptage de voix. Pire, elle a soutenu émettre des doutes quand aux chiffres avancés par la CENI, exigeant par la même occasion la suspension des résultats proclamés par la Cours Constitutionnelle. Une prise de position qui a suscité la colère des autorités de Kinshasa qui ont vite fait de ramener l’UA à la raison lui rappelant qu’elle n’a pas à dicter sa conduite à la Cours constitutionnelle congolaise, organe  suffisamment dépendante pour se plier à ses exigences.

Initiateur d’une vague de reformes économiques et industrielles qui ont fait de son pays un centre d’intérêt pour les investisseurs internationaux malgré le triste chapitre du génocide des tutsis, le président rwandais à apporter un souffle nouveau au sein de l’Union africaine longtemps caractérisée par une  lourdeur administrative et une réputation d’éternelle assistée.  Par son leadership, elle a réalisé des avancées majeures sur le plan sécuritaire, économique et politique .Au président égyptien Abdel Fatah Al Sissi de prendre le relais pour poursuivre le travail remarquable abattu par son prédécesseur.

Article de la rédaction AFRIC

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