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Quel sort pour les ressortissants européens ayant combattu dans les rangs de l’état islamique ?

08.02.2019
Article de la rédaction AFRIC
En annonçant le départ prochain des soldats américains de Syrie, le président américain Donald Trump a jeté un pavé dans la marre, remettant sur la table un débat crucial en Europe. Celui du rapatriement ou non des ressortissants ayant combattu dans les rangs de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie. Plusieurs pays européens dont l’Allemagne, la Belgique, la France, la Suisse et l’Angleterre ont des ressortissants ayant fait le voyage pour la Syrie et l’Irak pour gonfler les rangs du groupe terroriste Etat Islamique combattu par une coalition internationale antidjihadiste, menée par les troupes américaines. Si Washington se targue d’avoir vaincu Daesh qui contrôle encore quelques bastions dans l’Est de la Syrie, pour de nombreux pays européens, c’est surtout le retour massif sur le vieux continent de ces "voyageurs du djihad" qui donne des sueurs froides.

QUEL AVENIR EN EUROPE ?

Retenus prisonniers par les autorités syriennes et irakiennes, plusieurs ressortissants européens radicalisés veulent retourner dans leur pays respectifs où la peine de mort est inexistante et où les conditions de détentions sont moins rigoureuses.

En Allemagne on estime à 960 le nombre de personnes qui auraient quitté le pays pour prêter main forte à Daesh en Syrie et en Irak. La Belgique fait échos de  498, tandis que le Royaume-Uni évoque le chiffre de 850. Arrêtés à l’issue des combats qui ont conduit à la débâcle de l’Etat islamique, bon nombre de ces combattants européens encourent la peine de morts là où ils sont en détention. Si les capitales européennes  condamnent de manière unanime la peine capitale, ils gardent cependant le silence sur l’extradition de leurs compatriotes détenues dans les geôles irakiennes et syriennes. Un silence qui en dit long sur le peu d’intérêt accordé à ces ressortissants devenus encombrants.

Sur le plan juridique, la mesure de rapatriement s’avère difficile à appliquer car la plupart des pays  européens concernés ont rompu leurs liens diplomatiques avec la Syrie  et n’ont aucun traité d’extradition avec Bagdad et Damas. Relâchés dans la nature, ces combattants pourraient selon les autorités européennes devenir des dangers publics en prônant des idéologies proches de l’islam radical ou en perpétrant des actes terroristes sur le  sol européen.

Les responsables politiques européens qui se sont exprimés sur la question, semblent  partager le même point de vue.

« Il serait mieux pour les  djihadistes partis, qu’ils périssent sur place ». Mark Rutte (Premier ministre néerlandais)

« Il n’y a pas d’espace pour ces gens dans notre société». Charles Michel (premier ministre belge)

« Un terroriste mort ne pourrait pas faire de mal à la Grande-Bretagne». Gavin Williamson (ministre britannique  de la Défense)

« Les djihadistes n’ont jamais eu d’état d’âme et je ne vois pas pourquoi nous en aurions pour eux ». Florence Parly, (ministre française des armées)

Face à l’épineuse question sur le retour de leurs ressortissants, les autorités européennes se heurtent à des difficultés d’ordres juridiques, politiques et sécuritaires, ce qui rend difficile une prise de décision claire à ce sujet.

LA DECHEANCE DE NATIONALITE POUR LES DJIHADISTES

En Allemagne la déchéance de nationalité avait été proposée par Thomas de Maizière, alors ministre de l’intérieur comme sanction à infliger à  tout ressortissant allemand accusé d’actes terroristes ou impliqué dans des combats à l’extérieur du pays  auprès de groupes terroristes. En France elle avait  causé un vif débat.

Considéré comme une mesure  administrative  visant à retirer la nationalité à un individu, la déchéance de nationalité  avait été plébiscité au lendemain des attentats de Paris en France. Appliquée depuis lors, contre des personnes ayant acquis la nationalité française et accusées dactes de terrorisme, la mise en application cette mesure avait entrainé la démission de l’ancienne garde des sceaux Christine Taubira alors opposée à la décision du président  François Hollande qui désirait  l’étendre aux binationaux nés français.

EN FRANCE LE RAPATRIEMENT NE FAIT PAS L’UNANIMITE

A la suite de la décision américaine de retirer ses troupes de Syrie, le Gouvernement français a fait part de son  souhait de faire revenir en France 130 djihadistes de nationalité française  pour les juger. Au sein de la classe politique, cette initiative a très vite fait l’objet de vives critiques d’aucun la considérant comme un acte irresponsable, un risque inutile.

 Pour Nicolas Dupont-Aignan président de Debout La France, ramener  130 terroristes en France reviendrait à exposer les français aux horreurs de l’islamisme. Même si  le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner soutient que les  djihadistes français seront  confiés aux juges avant d’être incarcérés, l’hypothèse ne convainc pas de nombreux français qui jugent que  ces djihadistes, une fois leur peine purgées pourront devenir de potentiels bombes ambulantes. Leur retour en France risquerait ainsi de compliquer davantage la situation dans ce  pays qui contient déjà un nombre  considérable de personnes signalées fichés « S » islamistes, de prisonniers incarcérés pour terrorisme et des centaines de détenus du droit commun radicalisés. Les français les plus sceptiques évoquent un bannissement pur et simple de ces djihadistes dans des iles désertes et isolées  à défaut de les laisser croupir dans les geôles syriennes et irakiennes.

Article de la rédaction AFRIC

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