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Ministre une fonction de très courte durée au Tchad

08.02.2019
Article from AFRIC Editorial
Les remaniements ministériels dans ce pays interviennent presque tous les mois. Pas moins de 5 remaniement en 9 mois

Être ministre au Tchad est une fonction qui ne fait vraiment plus rêver. À peine un ministre est-il nommé qu’il est déjà remplacé. Le dernier fait en date est celui de la ministre du pétrole Aziza Mariam Al Bechir limogé   par le président Idriss Deby Itno moins de 10 jours après sa nomination et  remplacé dans la foulée. Avant elle, son prédécesseur à lui été débarqué alors qu’il se trouvait en mission officielle à Doha moins de 7 mois après sa prise de fonction idem pour une autre ministre, celle des postes, des nouvelles technologies de l’information et de la communication. On se souvient encore de cette ministre limogée et remplacée séance tenante parce que refusant de se soumettre au serment confessionnel parce que contraire à « ses croyances religieuses ». Depuis l’entrée en vigueur de la IVème voulue par le président tchadien au mois de mai dernier,  c’est la énième fois que l’équipe ministérielle subit des changements. Pourquoi donc une telle instabilité gouvernemental ?

Dans un éditorial, l’hebdomadaire tchadien  Le Pays tente une explication. En effet pour ce journal, « au-delà de l’instabilité, la 4ème République consacre une pratique politique qui n’a été que destructrice au Tchad. La délation pour arriver à ses fins. Mentir, médire au chef, ou faire des montages  comme aiment le dirent les professionnels de la politique est devenu le meilleur levier pour prospérer en lieu et place du mérite. La méthode a prospéré au point où des fripouilles et autres individus sans références  ont pu faire carrière et atteindre les plus hauts sommets de l’États et détruisant au passage des cadres dont le tort est de ne pas être aux côtés du décideur de l’heure. Tel a été et est le système Deby. Le sens des responsabilités, le respect dû aux institutions et aux hautes fonctions en ont pris un coup. » Le journal pointe donc clairement la responsabilité du président Deby. « Tout observateur sérieux devrait s’inquiéter de la gouvernance de l’Etat sous la 4ème République avec la présidence intégrale. Le chef de l’Etat se retrouve exposé à toutes les manœuvres possibles et obligé de se dédire du jour au lendemain » analyse Le Pays.

Pour l’opposition tchadienne, les remaniements ministériels sont un non évènement. Ils traduisent l’incapacité du président Deby à proposer une gouvernance stable.  Deux nombreux internautes font le parallèle ironiquement entre la durée de fonction  d’un ministre  au Tchad et le coup d’Etat au Gabon.

Article from AFRIC Editorial

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