Association for Free Research and International Cooperation

Quel régime pour assurer la stabilité politique en Afrique ?

03.02.2019
Article de la rédaction AFRIC
La Démocratie peine de plus en plus à satisfaire les besoins politiques des africains. Les nombreuses contestations et revendications qui sanctionnent chaque scrutin électoral organisé sur le continent traduisent ce malaise. Depuis son adoption par plusieurs régimes africains, ce modèle convainc de moins en moins et crée de la distance entre le peuple et la classe dirigeante qui dépend pourtant selon les règles démocratiques, de la population pour se maintenir au pouvoir.

Définit par le 16e président américain  Abraham Lincoln comme « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », la démocratie version africaine a du mal à placer les masses au centre du jeu politique. Le pouvoir confiné entre les mains d’une petite aristocratie n’est pas utilisé pour servir les intérêts du peuple. Marginalisé, c’est à travers des soulèvements populaires, marches et grèves générales qu’il manifeste sa colère envers ces gouvernements dit démocratiques mais  qui brillent par la mal gouvernance, les détournements de deniers publics, la corruption, le népotisme et l’impunité.

PASSATION DE POUVOIR DE PERE EN FILS

L’ancien  président français Jacques Chirac alors  maire de Paris avait déclaré en 1990 lors d’un passage en Côte-D’ivoire que le parti unique  était pour l’Afrique la meilleure des options  qualifiant le multipartisme de luxe pour le continent. Ces propos qui ont longtemps fait l’objet de critiques trouvent aujourd’hui leur sens au regard du contexte politique  africain actuel.

Le passage de témoin est une étape redoutée par la plupart des dirigeants africains qui accèdent au pouvoir. Lorsqu’ils ne sont pas chassés par la rue après avoir cumulé des années de règnes sans partage comme cela fut le cas de Blaise Compaoré  au Burkina Faso ou encore d’Hosni  Moubarak en Egypte et de Ben Ali en Tunisie,  ils procèdent par une alternance  père – fils. La RDC et le règne des Kabila père et fils, le Gabon et le monopole du pouvoir par la famille Bongo ou encore le Togo et la succession de Gnassingbé Eyadema par son fils Faure Gnassingbé Eyadema  sont autant d’exemples de pays africains où des régimes se définissant comme démocratiques ont pris  la forme de monarchies dynastiques héréditaires.

Il est devenu courant en Afrique de voir des dirigeants au pouvoir accorder de grandes responsabilités à leur progénitures afin de mieux les préparer à une éventuelle succession. C’est le cas de la Guinée Equatoriale ou la fonction de vice président est occupée par Teodoro Nguema Obiang Mangue, fils du président Obiang Nguema Mbasogo ou encore du Sénégal ou Karim Wade le fils d’Abdoulye Wade  s’était retrouvé à la tête de plusieurs  ministères clefs  pendant le règne de son père, ce qui lui avait  valu le surnom de  »ministre du ciel et de la terre « .

LES MONARCHIES SIGNES DE STABILITE

L’Afrique avant d’embrasser la démocratie qui est un régime  inspiré du colon a connu dans son histoire politique des régimes monarchiques prospères (l’Empire Ashanti, l’empire du Mali, le Royaume du Dahomey). Aujourd’hui les règnes des  rois et empereurs ont disparus dans l’Afrique contemporaine  qui ne compte désormais  que des royautés locales.

Malgré l’avènement des nouveaux Etats au lendemain des indépendances, les monarchies traditionnelles n’ont pas disparues. Elles ont conservé l’essence sacrée du pouvoir qui se transmet de manière héréditaire. Les chefs ou rois traditionnels contrairement aux chefs d’Etat jouissent d’une forte estime de la part  leurs sujets qui leur vouent respect et honneurs.

En Afrique de l’Ouest, les têtes couronnées sont des figures morales  très respectées  qui incarnent la stabilité. Leur avis compte dans la vie politique. Au Benin ils sont plébiscités par les hommes politiques pour leurs sagesses et par les présidents qui en ont fait des conseillés. C’était le cas  du roi  Agoli-Agbo d’Abomey qui de son vivant avait l’oreille des présidents Boni Yayi et Patrice Talon.

Les  hommes politiques africains apprécient  le sens des responsabilités des rois et chefs traditionnels.  En plus d’être pour les autorités administratives  d’une aide importante  lors de la gestion des crises ils  sont  courtisés par ces derniers  à l’approche des échéances électorales pour l’influence dont ‘ils jouissent  dans les milieux où ils exercent leur autorité. Avec le Swaziland, le Maroc fait partie des dernières monarchies  du continent africain. Le Royaume Chérifien qui est une monarchie constitutionnelle bénéficie d’une image positive à l’étranger et d’une croissance économique exemplaire. De quoi se demander si ce mode de gouvernance ne serait pas le mieux habilité pour nos Etats africains.

La nature de bon nombre de régimes politiques en Afrique est indéfinissable. Se qualifiant  pour la plupart comme des régimes démocratiques ils sont une mauvaise copie des régimes démocratiques occidentales dont ils prétendent s’inspirer. Si certains par le comportement et la personnalité de leur dirigeant se rapprochent de la tyrannie, d’autres vacillent entre autocratie pure et dictature.

Le Ghana est néanmoins une exception .Ce pays d’Afrique de l’Ouest  a réussi à bâtir une démocratie solide qui lui fait jouir d’une stabilité politique enviable en Afrique .Présenté  par Barak Obama comme un parfait exemple de démocratie,  le Ghana applique à la perfection  un multipartisme sans faille dans son fonctionnement et une alternance politique qui frôle la perfection . Il sert aujourd’hui d’exemple à d’autres pays tels que le Liberia ou encore la RDC qui ont récemment connu des transitions démocratiques que l’on peut qualifier d’exemplaires. Un signe que le retour en Afrique au règne des rois peut encore attendre et que le travail abattu par les vrais démocrates tels que Nelson Mandela commence à porter des fruits.

Article de la rédaction AFRIC

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