Association for Free Research and International Cooperation

Sale temps pour Ouattara à un an de la présidentielle

31.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le président ivoirien est de plus en plus isolé à un an de la présidentielle dont des sources lui prêtent l’ambition de se représenter pour un troisième mandat. Entre la rupture fracassante avec l’allié d’hier Henri Konan Bédié et la démission annoncée à la présidence de l’assemblée nationale de son dauphin Guillaume Soro, jumelée à une officialisation de son intention de briguer la magistrature suprême, tout semble aller de travers pour le fondateur du RHDP unifié.

A ce climat délétère s’ajoute le retour attendu de Laurent Gbagbo l’ancien challenger de la présidentielle de 2010  acquitté le  15 janvier 2019 de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale. Ces événements qui annoncent un changement imminent dans la sphère politique ivoirienne à l’approche de 2020, pourraient donner lieu à un combat politique tenace lors des  prochaines  joutes présidentielles dans le pays.

Soro veut voler de ses propres ailes

Longtemps considéré comme le dauphin du président Alassane Ouattara, c’est désormais tout seul, que l’ancien chef rebelle Guillaume Soro veut tracer sa voie pour le palais présidentiel qu’il lorgne depuis des années. Pour atteindre son objectif, l’ancien premier ministre a jugé bon de couper le cordon avec l’actuel chef de l’Etat ivoirien. Une pilule  difficile à avaler  pour le président du RHDP unifié qui espérait s’affichait lors du congrès constitutif du parti auprès de Soro mais qui a reçu de ce dernier une déclinaison pure et simple de l’invitation.

Pour Guillaume Soro, il est temps de mettre un terme à la comédie. Ne se reconnaissant pas  houphouétiste, il a brillé de son absence au congrès constitutif du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). L’enfant terrible qui a déjà fait part de sa décision de démissionner de son poste de président de l’assemblée nationale en Février affichait ces derniers temps une attitude de plus en plus rebelle envers son ancien mentor Alassane Ouattara. Révolté contre l’arrestation des députés Alain Lobognon et Ehouo, deux proches collaborateurs, Guillaume Soro a commencé à inquiéter au sein de la coalition au pouvoir par ses fréquentations avec Henri Konan Bedié. Son absence au congrès dit  de « clarification » du RHDP  unifié et  l’annonce de sa démission à la tête du parlement ivoirien sont des preuves tangibles qu’entre Alassane Ouattara et lui, le divorce est désormais consommé. Finit le temps des alliances, Soro n’a plus qu’un objectif en tête, concourir à la présidence en respectant son propre agenda politique .Une décision selon lui « non négociable ».

Bédié, un ancien allié de plus en plus perturbant

Le cas Guillaume Soro n’est pas le seul «  casse tête » qui donne du fil à retordre au  président ivoirien à l’approche du prochain scrutin présidentiel. Ce dernier doit également faire avec l’ancien Allié Henri Konan Bédié reconvertit en adversaire politique. L’ex  président ivoirien qui a fait voler en éclat l’alliance  entre son Parti le PDCI et le RDR  du président Alassane Ouattara, multiplie les sorties médiatiques aussi fracassantes les unes que les autres. Apres avoir accusé le régime en place  de vouloir  le  faire disparaitre, et de  « harcèlement judiciaire » visant à porter atteinte au   fonctionnement de sa formation politique le PDCI , Henri Konan Bédié a encore fait parler de lui en critiquant ouvertement le Congrès constitutif du RHDP unifié  initié par le président Ouattara. 

Pour  le Sphinx de Daoukro, ce rassemblement qui s’est tenu du 26 au 27 janvier et qui a vu la participation de tout le gratin au pouvoir n’était autre  qu’un « folklore qui frise l’assemblée des militants manipulés et enrôlés de force pour servir les rassemblements des détourneurs de deniers publics ». Celui qui a procédé à un nettoyage en profondeur au sein de son parti visant à mettre de coté les personnes jugées trop proches du RHDP fondé par Alassane Ouattara, affute déjà  les armes pour l’échéance de 2020. Débarrassé de l’alliance avec Ouattara, c’est avec le Front Populaire Ivoirien (FPI) fondé par Laurent Gbagbo que Bédié veut reconquérir la présidence  qui lui a été ravie en 1999 à l’issue d’un coup d’Etat militaire.

Gbagbo, un adversaire qui reste redoutable

De l’avis de plusieurs analystes politiques, Laurent Gbagbo reste un adversaire de taille pour la majorité au pouvoir malgré les 07 années d’emprisonnements passées à la Haye. L’acquittement de l’ex président par la cour Pénale Internationale  de crimes contre l’humanité au même titre que son ex ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé,  est un présage heureux pour son parti le FPI qui se sent pousser des ailles  à l’approche de la présidentielle. La formation politique qui a été fragilisée en son sein et qui avait pris pour habitude de boycotter les scrutins en Cote d’Ivoire a repris du poil de la bête depuis la remise en liberté l’ex première dame Simone Gbagbo membre d’honneur du parti et l’acquittement de son époux dont le retour au pays est attendue avec ferveur.

Même si du coté du pouvoir l’on soutient n’avoir aucun soucis avec le  come back de Gbagbo toujours détenu à la Haye malgré son acquittement, on reste convaincu que son retour à Abidjan drainera des foules nombreuses. Ayant gagné en notoriété sur la scène internationale, il pèse aujourd’hui de tout son poids sur la sphère politique ivoirienne. Homme à ne pas croiser  les bras, Laurent Gbagbo aura un rôle majeur à jouer sur la scène politique ivoirienne dès son retour qui de toute évidence, risque totalement redessiner la carte politique du pays. A un an du scrutin présidentiel, ce come back  rebat les cartes sur la l’arène politique ivoirienne où les ruptures d’alliances se font plus belles.

Article de la rédaction AFRIC.

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