Association for Free Research and International Cooperation

Shutdown, Gilets jaunes, Brexit … l’Afrique a-t-elle encore des leçons à recevoir de l’occident ?

29.01.2019
Les puissances occidentales, grandes donneuses de leçons ne prêchent pas par le bon exemple ces jours. Brexit en Grande Bretagne, Gilets jaunes en France et shutdown aux Etats-Unis, sont autant d'exemples qui démontrent le degré de mésententes qui règne au sein de ces nations qui malgré les troubles qu’elles traversent se comportent toujours comme les gendarmes du monde.

Les pays africains qui cherchent des voies et moyens pour mutualiser leurs forces pour la mise sur pied d’initiatives régionales pour le bien de leurs populations  ont  t’ils encore des leçons à tirer de l’Europe qui connait une montée vertigineuse  des mouvements d’extrême droite ou encore des Etats-Unis dont la politique menée par le  président Donald Trump est  axée sur le  repli identitaire ?

L’EUROPE PLUS QUE JAMAIS FRAGMENTÉ

Le vieux continent vit une période assez complexe de son histoire marquée par une montée des courants nationalistes et populistes. Elle qui pouvait se vanter il y a quelques années de la création de l’espace  Schengen et  de la mise sur pied d’une monnaie unique, doit faire face aujourd’hui avec une émergence des forces d’extrême droite.

Les dernières élections en Italie, en Allemagne, en France ont tous connue une ascension de ces mouvements sur la sphère politique. Gagnant du terrain dans les 28 pays de l’Union européenne, ils sont pour une politique  souverainiste et eurosceptique. Parfois qualifiés de racistes et xénophobes,  ils encouragent  la fermeture de frontières et le contrôle d’immigration en s’appuyant sur des besoins sécuritaires vue la prolifération des conflits dans le monde.

A l’exemple de la politique menée par le Front National en France, ils sont pour une préservation des intérêts de la nation avant celles du continent européen. Ils encouragent le Brexit voulu par la Grande Bretagne malgré les avertissements des instances internationales sur les graves conséquences économiques qui vont en découler. Un divorce qui se fait dans la douleur et qui n’est pas de tout repos pour les britanniques qui peinent à s’entendre au parlement entre une sortie souple respectant les accords avec l’Union Européenne ou un Brexit dur qui épargnera totalement le  Royaume-Uni  des règles imposées par l’organisation.

LES GILETS JAUNES ET LA FRANCE DES INÉGALITÉS

Alors que la Grande Bretagne poursuit son processus de séparation avec l’union Européenne,  le gouvernement français fait face  depuis octobre 2018 à la grogne des gilets jaunes. Un mouvement qui ne décolère pas malgré les nombreuses mesures prises dont l’annulation de la fameuse taxe sur le carbone dans le projet de loi de finances pour 2019. Le « grand débat national », entamé  par le gouvernement à la mi-décembre 2018 et qui doit prendre fin à  la mi-mars 2019, n’a d’ailleurs pas empêché  les gilets jaunes de  poser  l’acte 11 de leur mouvement  signe que la mobilisation  a encore de longs  jours devant elle.

Le mouvement a surtout montré à la face du monde, une France méconnue de tous. Celle d’une classe moyenne et populaire victimes  pendant des années des  conséquences d’une politique jugée inégalitaire. Des réalités méconnues par de nombreux africains qui considèrent  l’hexagone comme l’eldorado à atteindre par tous les moyens et souvent au prix de leurs propres vies.

A travers ce mouvement, plusieurs malaises sont mis en surface dont celui des mesures fiscales drastiques , de la baisse des pensions de  retraite , d’un abandon pur et simple des campagnes qui connaissent une exode sans précédent , du manque de services publics de proximité et dans les villes moyennes et d’un secteur de l’agriculture délaissé et dont les revenus sont en baisse. Ceux qui descendent dans la rue au nom du mouvement font également état d’un système politique qui ne convainc plus. Du coté du gouvernement, on craint désormais de voir le pays s’enliser dans l’insurrection ou au pire des cas virer vers la guerre civile.

Les Gilets Jaunes c’est également les réalités sur les défaillances d’un système qui   s’appuie sur une  répression policière violente faute de trouver des solutions adéquates pour calmer la grogne. Depuis que le mouvement a commencé, des images d’une rare violence font le tour des réseaux sociaux, montrant des forces de l’ordre qui n’hésitent pas à matraquer des adolescents , des femmes et des personnes âgées, qui font usage de flash ball , de gaz lacrymogène ou encore de grenades explosives pour disperser les manifestants.

Le message du patron de l’Elysée qui appelle son homologue vénézuélien Nicolas Maduro de cesser toute forme de répression de l’opposition n’a pas échappé aux internautes français qui par milliers ont recommandé à ce dernier de balayer devant sa cours avant de s’indigner contre la politique menée par Caracas. Idem pour le président américain qui attise le feu du coté du Venezuela pendant que des employés de l’Etat fédéral subissent les conséquences du shutdown.

UN  SHUTDOWN INTERMINABLE DUE AU DÉSACCORD AU CONGRES

Les employés de l’État fédéral Aux Etats-Unis, ont été contraints à un shutdown extrêmement difficile de 35 jours dû au désaccord au congrès américain sur le financement du grand mur en béton voulu par le président Donald Trump à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Au total 800 000 se sont retrouvés privés de revenus. Le projet de mur du président américain nécessite 5,7 milliards de dollars. Une somme qui n’a pas été incluse dans le budget par le congrès. Le manque de compromis entre  démocrates et républicains sur le financement du mur voulu par Trump qui a plongé des milliers de familles américaines dans des difficultés financières, est également à l’origine de la fermeture de plusieurs agences gouvernementales.

Les Etats-Unis, tout comme la France dont le gouvernement  n’a toujours pas réussit à apaiser la colère des Gilets Jaunes et la Grande Bretagne où les débats entre un Brexit dur et un un Brexit  en douceur sont source de discordes  au parlement, ne sont pas dans une posture honorable pour juger la politique africaine encore moins pour  jouer  les arbitres dans les litiges post électoraux comme cela fut le cas en RDC.

Article de la rédaction AFRIC

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community