Association for Free Research and International Cooperation

Vomi par la France, Alexandre Benalla est accueilli à bras ouvert en Afrique

26.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
Que cherche l’ex collaborateur du président français Emmanuel Macron sur le continent africain ? Une question que se pose l’entourage du chef de l’Elysée inquiet des différents voyages récemment effectué par Alexandre Benalla en Afrique et durant lequel il s’est entretenu avec l’élite africaine. Le scandale du 1er mai 2018 à Paris qui a mis à mal son image lui a valu un licenciement en juillet de la même année.

Mais  au lieu de s’apitoyer sur son sort, l’ancien garde du corps d’Emmanuel Macron semble déjà être passé à autre chose comme le témoigne  son agenda très chargé dans lequel on retrouve des déplacements en Israël, en Turquie et dans trois pays d’Afrique francophone.

DES VOYAGES AU CONGO, AU CAMEROUN ET AU TCHAD

Apres les tapages médiatiques au sujet  des faits de violences volontaires dont il fut accusé et  le renouvellement  de son  passeport diplomatique malgré son renvoie de l’Elysée, Alexandre Benalla refait aujourd’hui les gros titres. Celui qui depuis l’affaire qui porte son nom semble destiné à la notoriété suscite encore de l’intérêt tant du coté des médias que de la sphère politique française où ses moindres faits et gestes sont sculptés à la loupe et analysés.

L’homme qui draine derrière lui une réputation peu flatteuse en France affirme être dans une phase de reconversion professionnelle et vouloir faire carrière dans le « consulting », d’où sa collaboration avec Philippe Hababou Solomon, un  homme d’affaires franco-israélien réputé d’être un intermédiaire dans des tractations plus ou moins douteuses du sillage de la « Françafrique ».

C’est d’ailleurs avec ce dernier dont on dit détenir un carnet d’adresse bien fourni pour avoir été proche des anciens présidents François Bozize de la RCA et  Jacob Zuma d’Afrique du sud , que l’ancien chargé de mission à l’Élysée s’est rendu en Afrique centrale  notamment au Congo , au Cameroun et enfin au Tchad durant la fin de l’année 2018 . Au programme de ce  déplacement en terre africaine effectué au coté de l’homme d’affaire de 63 ans, des rencontres avec certains présidents africains dont Denis Sassou Nguesso.

Au Congo, Alexandre Benalla a eu le privilège d’assister à un diner avec le chef de l’Etat Congolais à Oyo son village natal. A en croire Philippe Hababou Solomon, le courant est plutôt bien passé entre les deux hommes qui font tous partie de la Franc maçonnerie.  Après le Congo Brazzaville, le voyage au Cameroun a constitué la deuxième étape  de ce périple en Afrique centrale.  Accompagné d’une délégation turque de Barer Holding spécialisé entre autres dans la fourniture d’équipements militaires, le groupe a été reçu par le directeur de cabinet de Paul Biya et le chef d’état-major des armées. Les discussions ont porté sur  la vente d’uniformes aux forces armées camerounaises et la mise sur pied  d’une usine de textile spécialisée dans l’équipement sécuritaire.

Apres Yaoundé, c’est en avion privé que le groupe a atterri a Ndjamena la capitale tchadienne où il a été accueilli par le président Idriss Deby Itno en personne et son frère Oumar en occurrence, chef de la direction générale de la réserve stratégique, et en  charge  de l’achat des tenues militaires tchadiennes.

DES DEPLACEMENTS QUI INQUIETENT PARIS

Ces différents voyages  qui lui ont permis de discuter avec les dirigeants africains ne sont  pas du goût de  l’entourage du chef de l’Etat français où des voix se sont levées pour dénoncer ces descentes sur le terrain qui s’apparentent à des missions personnelles et dont le quai d’Orsay  est privé de détails.

Le premier à monter au créneau est Franck Paris, le responsable en charge de la politique française en Afrique.  Ce dernier via un coup de fil a tenu à rappeler au président congolais Denis Sassou Nguesso que  seuls le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le conseiller diplomatique du président, Philippe Étienne sont habilités à s’exprimer à l’extérieur au nom du chef de l’Etat français.  Patrick Strzoda le directeur du cabinet d’Emmanuel Macron dans cette même mouvance , a enjoint à Alexandre Benalla via un courrier , de bien vouloir lui fournir tous les détails de sa mission diplomatique privée en terre africaine , lui rappelant par la même occasion et dans un ton ferme , qu’il n’est doté d’aucune recommandation de la présidence française dans ses relations avec l’étranger.

Ce dernier a poussé ses menaces plus loin  en sollicitant auprès du procureur de la République de Paris, Rémy Heitz l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les  activités de l’ex garde du corps d’Emmanuel Macron. Dans cet emballement médiatique qui a suivi son voyage en Afrique, Alexandre Benalla est également soupçonné de s’être rendu au Tchad pour préparer la venue d’Emmanuel Macron survenue quelques jours après son passage à Ndjamena. Chose que l’intéressé et  le président tchadien nient en bloc.

A travers toutes ces mises en gardes , il est clair que le sillage du chef de l’Etat français craint que l’ex-chargé de mission de la présidence tombé en disgrâce en Juillet 2018, use de son ancien statut pour se lancer dans des affaires louches ou encore dans «l’information » lors de ses  mystérieux voyages d’affaires. Ses fréquentations avec des personnages controversés  à l’exemple Alexandre Djouhri, impliqué dans l’affaire de financement libyen  de la campagne de  Nicolas Sarkozy en 2007 contribuent à enfler cette polémique. Alexandre Benalla qui balaie  d’un revers de la main toutes ses accusations assure avoir trouvé sa voie dans « le consulting »  et se vente même d’avoir à son actif, dans le cadre de ses activité, une dizaine de pays africains.

Article de la rédaction AFRIC.

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