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Côte d’Ivoire : bras de fer entre le RHDP et le PDCI

24.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
Pendant que les partis membres du RHDP créé par le président Ouattara se préparent pour leur congrès constitutif du 26 janvier prochain, la jeunesse du PDCI prévoit d’organiser une cérémonie d'hommage en l'honneur de Henri Konan Bédié le même jour. A l’initiative d’Alassane Ouattara, le RHDP, visait originellement à contribuer à l’union du Rassemblement des Républicains (RDR sa propre formation politique) et du PDCI. En termes de stratégie, d’aucun pense que cette union aurait été quasi-imbattable aux prochaines élections.

Dans la perspective de l’organisation du scrutin de 2020, le président Ouattara annonçait d’ailleurs en juillet dernier son intention de transférer le pouvoir à une nouvelle génération. A cette occasion, il s’exprimait en ces termes : « La France a aujourd’hui un président qui a 40 ans, cela donne à réfléchir. Le premier ministre d’Autriche a 31 ans, le premier ministre de Belgique a 38 ans, ainsi de suite. Nous devons travailler le président Bédié et moi, pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération. J’accepte la présidence du RHDP, j’assumerai cette responsabilité avec humilité ».

Pour beaucoup d’observateurs de la vie politique ivoirienne, la création du parti unifié tant souhaité par le président Alassane Ouattara, représentait toutefois une opportunité pour la coalition au pouvoir de conserver le pouvoir. A travers une alliance avec le PDCI certains voyaient a juste titre la possibilité de reléguer au second plan, les mouvements d’opposition dans la configuration actuelle du  jeu politique ivoirien. Or, a la faveur des présidentielles de 2020, le président du PDCI-RDA réclame une alternance a la tête de l’état ivoirie

 

Dans un article publié au mois de septembre 2018, le journal le Monde écrit que Bédié affirmerait en privé que la fonction suprême doit revenir à son parti, et plus précisément à son patron. Dans le marigot politique ivoirien, Alassane Ouattara n’entend cependant pas prêter oreille à une pareille exigence. Autre fait révélateur, la promulgation de la nouvelle constitution a amené les partis politiques ivoiriens à se livrer une véritable bataille autour de différentes dispositions prévues dans le texte de loi. Au fil du temps, tout ceci à contribuer à détériorer les relations entre les parties prenantes à l’union que recherchait Ouattara. De plus, la création d’un Sénat dont un tiers des membres seraient nommés par le chef de l’Etat a été dénoncée par l’opposition comme une dérive monarchique.

Enfin, la suppression de l’âge limite de candidature à la présidence jusqu’alors fixé à 75 ans a été pointée du doigt comme un moyen de permettre à Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat. Dans sa parution du dimanche 28 octobre, l’hebdomadaire Jeune Afrique détaillait que le président du PDCI-RDA se plaindrait, dans son cercle fermé, d’humiliations que lui inflige son ex-allié. Jeune Afrique souligne aussi qu’Alassane Ouattara, n’hésite pas à limoger de leurs postes des cadres du PDCI-RDA qui naviguent à contre-courant du parti unifié du RHDP, voire des membres de la famille d’Henri Konan Bédié occupant de hautes fonctions dans l’administration ivoirienne. Et Jeune Afrique de préciser que plusieurs proches de Henri Konan Bédié ont payé le prix de la guéguerre qui l’oppose à l’actuel locataire du Palais d’Abidjan.

Au fil du temps, toutes ses dissensions ont permis au PDCI de se rapprocher un peu plus du FPI de Laurent Gbagbo dans le but de créer une plateforme politique.  Autre fait marquant, Laurent Gbagbo est presque acquitté après un long séjour en détention à la Haye. Jugé depuis 2016 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, son séjour en détention est arrivé à terme. Des lors, l’hypothèse selon laquelle Gbagbo pourrait rejoindre les rangs des adversaires d’Alassane Ouattara chauffe les esprits.

Pour autant, la Côte d’Ivoire doit-elle craindre le retour de Laurent Gbagbo ? Dans quelle mesure cette nouvelle donne peut-elle influencer le bras de fer entre le RHDP et le PDCI ?  S’il regagnait sa liberté totale, l’ancien président va-t-il rentrer en Côte d’Ivoire ? Dans la mesure où, il pourrait rentrer en Côte d’Ivoire, quel rôle pourra-t-il jouer sur l’échiquier politique, sachant que l’élection présidentielle est prévue l’an prochain ?  Alors que de nombreux membres du PDCI ont déjà fait défection pour rejoindre des listes indépendantes ou pour rallier le camp Ouattara les élections à venir permettront à coup sûr de situer les uns et les autres.

Article de la rédaction AFRIC

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