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Présidentielle en Algérie : Bouteflika sera-t-il candidat ?

23.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
En Algérie, l 'élection présidentielle est annoncée pour le 18 avril. Selon la loi algérienne, les candidats ont désormais jusqu'au 4 mars 2019, pour déposer leur dossier auprès du Conseil constitutionnel. Pour l'heure, aucun candidat n'a officiellement annoncé son intention de se présenter au scrutin présidentiel.

Déjà en lice en 2004 et en 2014, Ali Benflis, âgé de 74 ans, n’exclut cependant pas de se présenter comme il l’a fait savoir en ces termes : « J’ai adressé, ce jour, dimanche 20 janvier 2019, à Monsieur le ministre de l’Intérieur une lettre avec mon intention de constituer un dossier de candidature à l’élection présidentielle algérienne ». Interpelé sur la possibilité que l’opposition puisse présenter une candidature unique au prochain scrutin présidentiel, Benflis a expliqué qu’il ne sera pas facile de voir une telle éventualité à cause, des divergences idéologiques entre les partis politiques. A ce sujet, il estime d’ailleurs que « Si les partis politiques de l’opposition se rejoignent sur le diagnostic de la situation de crise en Algérie (…), ils n’adhèrent pas forcément tous à un même projet de société ».  Benflis précise également que l’opposition algérienne est à l’heure actuelle, plus préoccupée par la situation de crise que par une course au leadership. De plus, explique-t-il « les autorités politico-administratives font tout pour empêcher le rapprochement entre les partis politiques de l’opposition ». Par ailleurs, l’ancien chef du gouvernement pense que : « si les élections devaient se passer en avril comme annoncé, il y a deux possibilités pour le peuple : soit, une chance inouïe, de voir le pays évoluer, aller vers un système démocratique et construire des institutions saines réellement représentatives et démocratiques, soit l’inconnu, l’opacité ».

 

Affaibli par un accident vasculaire cérébral qui affecte sa mobilité et son élocution depuis 2013, le président algérien se déplace depuis en fauteuil roulant. En raison de ce malheureux accident, il ne fait plus que de très rares apparitions publiques. Dès la fin novembre 2018, les cercles du pouvoir Algérien avait fait planer l’idée du report de la présidentielle. Cependant, l’option du report ainsi que celle de la prolongation de mandat via une énième modification de la Constitution n’ont pas fait long feu dans le débat public.   Pendant un temps, certaines rumeurs laissaient même entendre que le président algérien envisageait l’idée de soumettre un projet de révision constitutionnelle dans le but de créer un poste de vice-président.

Ali Benflis rejette toute tournure dans ce sens qu’il   ne voit pas d’un bon œil. Pour l’ancien Premier ministre, le fait de procéder à une révision de la Constitution pour permettre un éventuel report de la prochaine élection présidentielle est inacceptable. Il martèle d’ailleurs : « Une révision constitutionnelle dans le contexte politique actuel est politiquement, pour ne pas dire moralement, tout à fait injustifiée et constitue un abus de pouvoir caractérisé ».

En sa qualité de patron de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, est monter à son tour au créneau afin de dénoncer   toute atteinte à la Constitution du pays. Commentant le décret présidentiel qui convoque le corps électoral pour le 18 avril 2019, Ahmed Gaïd Salah s’engage à sécuriser le scrutin présidentiel. Récemment le général Algérien  déclarait : « Il est certain que la convocation du corps électoral par Son Excellence Monsieur le président de la République, pour le rendez-vous électoral du 18 avril prochain, sera une autre opportunité à travers laquelle l’Armée Nationale Populaire, prouvera ses grandes capacités à sécuriser ce genre de grands scrutins nationaux, et affirmera son extrême et permanent état-prêt pour réunir tous les facteurs de sécurité à travers l’ensemble du territoire national ». Ahmed Gaïd Salah, a par ailleurs affirmé que les forces militaires s’engagent à ce que les prochaines élections présidentielles se déroulent dans un climat de quiétude.

Reclus dans sa résidence médicalisée de Zeralda, Bouteflika garde pour l’heure le mystère sur ses intentions politiques. Depuis son accession à la magistrature suprême, il a toujours été élu dès le premier tour avec des scores élevés. En  1999, il obtenait 73 % des suffrages, 85 % en 2004, 90 % en 2009 et 81,5 % en 2014. Lors du scrutin de 2014, son état de santé ne lui a toutefois pas permis de battre campagne.

Article de la rédaction AFRIC

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