Association for Free Research and International Cooperation

Manifestation contre les régimes au pouvoir : comprendre le soulèvement du peuple

22.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
L'avènement de la démocratie a donné lieu à une série de libertés dont celles de rassemblement, d'opinion ou encore de d'expression. S'appuyant sur ce principe de libertés fondamentales, manifester son mécontentement ou son ras-le-bol' contre un traitement ou un régime et ses dérives autoritaires à travers des marches et grèves est devenu monnaie courante à travers le monde. De la France à Taiwan en passant par la Tunisie et le Venezuela, battre le pavé pour se faire entendre au plus haut sommet de l’Etat, c’est une affaire de tous qu’on soit étudiant , magistrat , médecin ou simplement de la société civile. Plus que de simples mouvements d’humeur d’une foule en colère, les manifestations populaires ont fait tomber des régimes, des gouvernements et mêmes des dirigeants puissants ces dernières années. Réprimandées parfois par la violence elles se présentent de plus en plus comme une arme efficace dont n’hésite pas d’en faire usage le peuple pour faire bouger les lignes.

UNE MESURE QUI PREND DE L’AMPLEUR

Dans un monde dirigé par des gouvernements  dont les intérêts semblent de moins en moins portés  sur le peuple,  manifester s’impose quand l’ordre en place semble avoir fermé toute porte au dialogue. L’année 2018 a connu une série de grognes sociales à travers le monde et le moins qu’on puisse dire est qu’aucun continent n’a été épargné. Si le mouvement des « Gilets jaunes » en France à défrayé la chronique  durant tout le mois de Decembre, bien avant cette contestation populaire de grande ampleur et toujours  en cours, d’autres manifestations  similaires ont fait trembler le globe.

A Madagascar la ressente élection  présidentielle  qui a conduit à la victoire d’Andry Rajoelina, est le résultat d’une grogne populaire suite à l’adoption par l’ancien régime de nouvelles lois jugées par l’opposition de  partisanes. La grève qui au début dénonçait les nouvelles lois électorales s’est étendue à d’autres critiques notamment  la mauvaise gestion, la corruption pour aboutir à la demande de démission du président Rajaonarimampianina et de son équipe.

Les marches quotidiennes de l’opposition sur la place emblématique du 13-Mai ont finalement porté des fruits puisque sous la demande de la Commission Electorale Nationale Indépendante, une présidentielle  anticipée ainsi que la mise sur pied d’un gouvernement dit de consensus pendant la période transitoire ont été proposé comme solution de sortie de crise.

En Amérique  centrale, la population au Guatemala enchaine depuis septembre 2018 des manifestations à travers les grandes villes du pays contre le président Jimmy Morales suite à son refus de renouveler le mandat de la Cicig, une  mission anti-corruption qui opère sous l’égide de l’ONU.

L’organe de lutte contre la corruption est dans le collimateur du président guatémaltèque depuis qu’elle a plébiscité la levée d’immunité présidentielle de ce dernier dont la campagne présidentielle de 2015 aurait bénéficié d’un  financement illégal. La population écœurée par l’attitude déloyale de son président qui avait pourtant juré de faire de la lutte anti corruption une de ses priorités, demande désormais sa démission pure et simple. Ces manifestations font suite à celles « anti Maduro » qui ont sévit en 2017 au  Venezuela et dont le bilan est d’une soixantaine de morts et près d’un millier de blessés.

En Europe le mouvement des «  gilets jaunes » qui a débuté de manière simultanée en France inspire sous d’autres cieux notamment en Allemagne  en Belgique et au Pays-Bas.  La grogne sociale née de la hausse de la taxe carbone, du déséquilibre dans la représentativité politique et des mesures fiscales et sociales disproportionnées à abouti en France à  un dialogue sociale. Si l’efficacité de cette initiative de l’équipe  Macron est mise en doute, en Asie plus précisément à Taiwan, des manifestations similaires se multiplient. Les grévistes qui réclament depuis 03 ans une réforme fiscale dans le pays se sentent pousser des ailes au vue de l’ampleur médiatique  du mouvement social français.

SIGNE D’UNE RUPTURE ENTRE LE PEUPLE ET LE GOUVERNEMENT

La dimension que prennent à travers le monde les grognes sociales, est le reflet d’une société de plus en plus désemparée, qui se sent abandonnée incomprise, trompée et  délaissée par ceux là qu’elle a pourtant contribué a ériger au sommet de l’Etat par le billet des urnes.

En France, la classe moyenne se déclare défavorisée et asphyxiée par les prélèvements fiscaux et sociaux  tandis que les riches sont couverts de cadeaux fiscaux par l’Etat qui vote des lois en leur faveur. Cette inégalité revient constamment dans les discours des grévistes las de demeurer dans la résignation. Ramener le pouvoir à la raison passe nécessairement par une lutte musclée. Malgré les risques que cela encours dont celui de se faire matraquer, mettre un coup de pied dans ce nid à crabe reste pour eux la solution idoine quand l’attitude « bien sage » auparavant adoptée s’avère inefficace et que la négociation ne suffit plus.

Pour faire céder le gouvernement bien installé dans son confort et peu soucieux des revendications du peuple, même lorsque ces dernières sont légitimes, la descente dans la rue se présente dans plusieurs cas majeurs comme la solution la plus efficace pour se faire entendre. Au Sénégal, les manifestations d’envergures organisées en Juillet 2011, par des partis politiques et organisations de la société civile ont  contraint l’ex président Abdoulaye Wade à renoncer à briguer un troisième mandat présidentiel.

Les leaders politiques gagneraient à revenir à leur rôle majeur à savoir se mettre au service du peuple par lequel ils ont été élus. Malheureusement une fois Installés au pouvoir, les politiques ne se sentent plus redevables au peuple mais plutôt à ceux qui ont financé leurs campagnes. Un scenario qui s’apparente à une mascarade de démocratie.  Quand seules les voix légales du suffrage universel ne donnent plus lieu à la raison, pour le peuple en colère, seule une révolution est à mesure de renverser ce statuquo.

Article de la rédaction AFRIC

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