Association for Free Research and International Cooperation

Qui a tué Ahmed Hussein-Sualé ?

21.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le jeudi 17 janvier 2019, le Ghana s’est réveillé avec une triste nouvelle, la mort du journaliste d’investigation Ahmed Sualé, tué la veille aux environs de 22h (heure locale) par trois balles ; dont deux à la poitrine et une au cou au quartier Madina par deux hommes à moto. Ahmed était un élément clé de « Tiger Eye PI » d’Anas Aremeyaw Anas. Depuis l’annonce de cette tragédie, tous les yeux sont braqués sur Kennedy Agyapong, un député qui l’aurait menacé il y’a huit mois après la diffusion du documentaire « Numéro 12 » par Anas Aremeyaw Anas. Qu’est-ce qui se trame dans cette affaire de meurtre ? Qui est derrière la mort d’Ahmed ?

Explications

Selon un témoin, la scène commence à 15heures quand Ahmed se rend à la maison familiale à Madina où il passe régulièrement du temps avec la famille et des amis. Ils prient ensemble et discutent, ensuite chacun rentrait chez lui. Ce mercredi là, deux hommes l’ayant filé s’y sont aussi rendus et ont pris place sur un banc érigé par les habitants de cette zone qui s’asseyent souvent dehors pour prendre de l’air. Les hommes arrivés aux environs de 16h attendent jusqu’à 22 heures, heure pendant laquelle Sualé monte dans sa voiture pour quitter les lieux. Ce que feront les deux hommes.

Arrivé au croisement de la rue et manœuvrant pour  prendre la droite, Ahmed est surpris de recevoir des balles qui cassent la glace de sa voiture. Pour se protéger, Ahmed rentre sa voiture vers un salon, mais Hélas il reçoit deux balles sur la poitrine et une au cou et meurt au volant de la voiture qu’il conduisait. La police arrivée une heure après sur les lieux du crime, emmène le corps à la morgue. Pour une raison indéterminée, Ahmed perd sa vie cette nuit d’harmattan. Ahmed Sualé a été enterré le vendredi selon les rites de l’Islam. Il laisse derrière lui deux femmes et des enfants traumatisés par ce drame.

Qui était Ahmed ?

Ahmed Hussein-Sualé était un agent secret  ghanéen qui travaillait depuis des années aux côtés du célèbre journaliste d’enquête Anas Aremeyaw Anas. IL était un membre clé de l’équipe Tiger Eye Private Investigations d’Anas. Ahmed a joué un rôle phare dans la réalisation du tout dernier exposé par Anas Numéro 12. Un documentaire  qui a été diffusé le 06 juin 2018 en présence des grands hommes politiques ghanéens. Ce numéro qui dénonçait la corruption dans le secteur du football au Ghana et en Afrique a vu plusieurs grandes personnalités être démis de leurs postes et responsabilités.

Le président de l’association du football du Ghana (GFA) et deuxième personnalité de la  CAF, Kwesi Nyantekye a été banni à vie par la FIFA et ne prendra plus jamais part aux activités sportives de son pays. Ahmed fut l’homme des cartes qui avait préparé le rendez-vous entre Kwesi Nyantekye et les supposés hommes d’affaires venus de Dubaï pour négocier un contrat de sponsoring au Ghana. Il fut l’homme derrière la camera cachée qui a précipité le président vers le bas de l’échelle pour la bonne gouvernance du secteur sportif ghanéen.

Qui est derrière cet assassinat ?

Depuis l’annonce du drame, les yeux de l’opinion nationale qu’internationale sont tournés vers le député du district d’Assin Central, Kennedy Agyapong. Pour Anas qui fut le premier à faire un post sur Facebook, Kennedy est le premier suspect dans le meurtre d’Ahmed pour l’avoir menacé sur sa chaine de Télévision NET2. Dans cette émission en direct, il avait dévoilé le visage et la pièce d’identité d’Ahmed tout en incitant ses travailleurs à le frapper si jamais il mettait pied dans les locaux de NET2 situé à Madina, quartier où Ahmed fut assassiné. Kennedy avait promis payer les frais pour la bastonnade d’Ahmed qu’il jugeait de mauvais garçon. Selon lui, Cela l’empêcherait d’y mettre les cameras cachées comme dans le cas de son ami Kwesi Nyantekye. Dans l’irritation, Kennedy avait incité les gens à la violence contre Ahmed mais cela était limité à  son immeuble mais certains s’ont en saisi autrement.

Il sied de reconnaitre que le métier de journaliste d’investigation est un métier à risque en Afrique où les gens s’effraient un chemin pour trouver du boulot. Il faut avoir du cœur et du courage pour monter dans ce train, accepter de se faire des ennemis autour de soi. Dans cette tragédie, Les premiers suspects seraient ceux qui ont payé les pots cassés, ont fait face à des séries de bannissement et d’humiliation au plan mondial, Ceux qui ont été écroués, ceux qui ont vu leur carrière être détruite depuis la diffusion de ce documentaire. Ceux-là auraient plus à cirer avec la vie de Sualé. Les journalistes d’investigation reçoivent toujours des menaces de partout en raison du travail qu’ils font mais une seule personne ne peut pas constituer une pièce à conviction.

Anas fait porter cette veste à Kennedy pour se venger de lui,  Lui faire payer les frais pour avoir dénoncé à haute voix certaines irrégularités dans l’équipe d’Anas. Cette réaction n’est qu’une mascarade. Anas et son équipe connaissent les vrais auteurs aux travers des menaces qu’ils reçoivent à cause du travail qu’ils font. Le vrai criminel n’est souvent pas loin de soi. On l’a plusieurs fois vu celui qui accuse être le coupable. Anas et son équipe d’enquêteurs doivent également mettre en place leur génie pour aider la police à retrouver les criminels, mais aussi les commanditaires car il n’y a jamais eu de fumée sans feu. L’avenir nous révélera plus sur la mort de Sualé qui repose désormais en paix.

Article de la rédaction AFRIC

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community