Association for Free Research and International Cooperation

Véritable révolution dans le réseau de chemin de fer africain

19.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
Longtemps considéré comme le parent pauvre du domaine des transports, le système ferroviaire africain connait ces dernières années une véritable révolution. Les 51 000 km de voies ferrées que compte le continent sont pour la plupart, des vestiges de la colonisation. Une époque durant laquelle les rails ont servi pour faciliter les déplacements d'un territoire à un autre mais beaucoup plus pour l'écoulement des matières premières vers les zones portuaires. Cette époque révolue, la plupart des lignes ferroviaires africaines ont commencé à briller par leur style antique avec des engins souvent d’une autre époque qui ne coïncident pas avec la modernité. A l'heure des tramways et métros les lignes ferroviaires africaines drainaient encore avec elles de vieilles locomotives crachant du feu et des wagons dont l'incommodité fait des voyages en train un véritable calvaire.

La donne à changer. Les inaugurations du TGV au Maroc en novembre 2018, la réception des  deux premiers trains du projet Train Express Régional (TER) ce mois de janvier  au Sénégal ainsi que les grands chantiers de LGV en cours sur le continent sont la preuve  que l’Afrique a compris que prendre le train du développement passe par une restructuration du secteur ferroviaire.

LE TRANSPORT URBAIN INNOVE  AU SÉNÉGAL AVEC LE TER

En inaugurant le 14 janvier dernier la gare de Dakar, le président sénégalais Macky Sall a également procédé au lancement des deux premiers trains du projet Train Express Régional (TER). Ces deux engins, font partie des 15 prévus pour desservir quatorze gares. Le TER  l’un des grands projets de développement du premier mandat  du chef de l’Etat sénégalais a pour objectif de désenclaver la grande métropole Dakar qui connait une activité économique dense. Le gouvernement sénégalais pour offrir à sa population cet outil nouvelle génération n’a pas lésiné sur  les moyens .Son coût est estimé officiellement à 656 milliards de FCFA .Les travaux qui ont débuté fin 2016 doivent s’achever en 2019.

Le Train Express régional doté d’une capacité de 500 places roulera à une vitesse de 160 km/h. Il sera à mesure de transporter tous les jours près de 115 000 passagers. A la pointe de la technologie, il jouit d’une électrification  de 25 000 Volts, de Rames bimodes électriques et diesel et de cabines climatisées et dotées du Wifi entre autre.

Le projet est salué par la population qui voit une grande partie de ses contraintes de transport au quotidien résolue car en transportant 15 000 passagers par jour soit six fois plus que le  Petit Train de Banlieues, le TER va permettre aux habitants de Dakar une ville de 3 millions d’habitants, de se déplacer plus rapidement en  rejoignant en quelque minutes  Diamniadio, la  nouvelle cité symbole du Sénégal émergeant où se trouve également l’aéroport international Blaise Diagne. Avec les TER, 35 minutes seulement,  séparent désormais ces deux centres urbains distancés de 47 km. En plus de permettre aux sénégalais d’économiser du temps et de l’argent, le TER va également réduire les embouteillages et  la pollution de l’air.

Ce projet de l’avis de nombreux spécialistes, est non seulement innovateur au Sénégal mais en Afrique de l’Ouest car le pays de Macky Sall est le 2e seulement dans la sous région après le Nigeria à se doter d’un tel outil de transport. Bien plus, il fait du Sénégal l’un des pionniers en Afrique de l’Ouest en matière de développement du transport collectif modernes et à grande vitesse.

LE PREMIER TGV D’AFRIQUE INAUGURE AU MAROC

Si le Sénégal peut se targuer d’avoir trouvé une solution pour pallier aux difficultés liées au transport grâce au TER qui sera opérationnel dans quelques mois, le Maroc a pris de l’avance dans le transport ferroviaire en se dotant le 15 novembre 2018, du premier TGV africain.

Inauguré par Mohamed VI, en présence du président français Emmanuel Macron, le TGV marocain,  permet de relier les deux pôles économiques que sont Tanger et Casablanca (200 kilomètres) en 2 h 10 contre  5h auparavant. La distance Tanger – Rabat se fera  quand à elle en  1 h 20, au lieu de 3 h 40.

La France qui a financé à moitié le projet sous forme d’aide  (1,1 milliard d’euros) a apporté de son expertise en matière de technologie ferroviaire grâce à la collaboration entre  les entreprises Alstom et la SNCF avec les techniciens marocains.  Ce projet titanesque  qui a couté la somme de 23 milliards de dirhams soit deux milliards d’euros inspire sous d’autres cieux notamment au Nigeria où l’Etat envisage la construction d’un TGV qui reliera Abuja la capitale à la ville de Kaduna située au Nord du pays. Un projet dont la durée des travaux est estimée à 05 ans et qui figure parmi une série de grands projets ferroviaires engagée à travers le continent  dont le fameux LGV Dakar – Djibouti initiative de l’Union Africaine.

LE LGV AFRICAIN DAKAR – DJIBOUTI  UN CHANTIER INEDIT

L’initiative émane de l’Union Africaine qui à travers ce méga projet veut relancer l’économie du continent. Via le chemin de fer Dakar-Djibouti, l’Afrique de l’Ouest sera reliée à l’Afrique de l’Est. Cette ligne ferroviaire d’un autre genre  droit traverser une dizaine de pays africains dont : le Sénégal point de départ,  le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Soudan, l’Ethiopie et Djibouti. Selon l’Union africaine principale sponsor de ce vaste chantier, l’objectif majeur visé ici est de permettre une fluidité des transports de marchandises de l’Afrique de l’Est vert le continent américain, de l’Afrique de l’Ouest pour le continent asiatique et du continent noir pour Gibraltar.

Ce projet sera également bénéfique pour des pays enclavés tels que le Tchad, le Niger , le Burkina Faso ou  le Mali qui pourront par cette voie ferrée avoir accès à la mer. Outre l’aspect transcontinental, le LGV africain sera également  bénéfiques pour le transport terrestre des pays qu’il traversera. Mais pour que ce trajet de 7 800 kilomètres soit relié par un chemin de fer, une mutualisation des forces s’impose car chaque pays concerné par la traversée du LGV Dakar – Djibouti,  aura sa partition à jouer en contribuant financièrement pour couvrir les 13 milliards de dollars américains nécessaires pour le rendre opérationnel.

Avec la signature des accords de zone de libre échange, l’Afrique va bénéficier d’un vaste marché commerciale que déjà peuvent lui envier les grandes puissances économiques des autres continents.

Arrimer l’intégration régionale au développement économique est  un défi qui implique  une série d’investissements dans le domaine des transports. La naissance sur le continent de plusieurs projets innovateurs dans le secteur ferroviaire moins coûteux que les secteurs aériens et routiers  est donc la bienvenue.

Article de la rédaction AFRIC

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