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Au Gabon l’absence du président aiguise les appétits de pouvoir

10.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le Président Ali Bongo est absent de son pays depuis Octobre 2018. Frappé par un AVC à Ryad en Arabie Saoudite alors qu’il prenait part à un forum sur l’économie, il est selon les sources officielles gabonaises, interné dans un hôpital de rabat au Maroc pour sa rééducation. Au Gabon l’absence du président de la république a fait naitre des conflits au sein de la classe politique. Discours d’imposture de la part de certains opposants, changement de texte légaux, tentative de coup d’État …autant dire que le Gabon depuis le départ de l’homme fort du pays s’est transformé en une arène où sorte de l’ombre chaque jour, des vizirs qui veulent tous être Califes à la place du Calife.

 UN DISCOURS DE FIN D’ANNEE QUI NE CONVAINC PAS

Interné à Rabat, le président Ali Bongo n’a pas voulu priver ses compatriotes du traditionnel discours de fin d’année délivré le 31 décembre par la plupart des dirigeants du monde. Cette allocution qui intervient quelques jours seulement après la mise en garde d’une quarantaine de parties de l’opposition qui réclament une présidence de transition avant la prochaine présidentielle prévue dans deux ans, se voulait une preuve de vie et surtout de l’habilité du président à diriger le pays. Mais c’est l’effet contraire qui a plutôt été produit. Sur la toile, de nombreux internautes qui s’inquiètent de voir un Ali Bongo aminci et incapable prononcer convenablement son discours, avancent que ce dernier serait atteint d’hémiplégie. L’opposition gabonaise de son coté accuse le clan Bongo de prendre le pays tout entier en otage. A en croire Zakari Myboto, le président de l’Union Nationale, le message de vœux à la nation du chef de l’État gabonais, n’est autre « qu’une funeste théâtralisation d’un Ali Bongo malade, instrumentalisé et chosifié. » Loin de convaincre, cette prise de parole du président la première depuis l’AVC qui l’a frappé à Ryad, a plutôt replongé le pays dans l’incertitude et continuer à alimenter les spéculations de tout genre sur l’État de santé du chef de l’État. Pour les jeunes soldats ayant orchestré le coup d’État manqué du   07 Janvier, ce discours du président n’est pas satisfaisant d’où la nécessité d’une riposte.

CONVOITISE DU POUVOIR, L’ARMEE ENTRE DANS LA DANSE

Alors qu’une partie de l’opposition gabonaise réclame une présidence de transition dans le pays pour palier a l’absence d’Ali Bongo, l’armée est entrée dans la danse ce lundi 07 Juin en ce qui concerne la convoitise du pouvoir. Du côté de la hiérarchie militaire on assure que l’initiative du lieutenant Kelly Ondo Obiang et de ses camarades était méconnue, mais pourtant le message lu à la Radio Télévision Gabonaise, par le jeune lieutenant fait mention des noms des hauts dignitaires de l’armée gabonaise dont le colonel Rapontchombo et le Général Jean Philippe Ntumpa Lebani déjà cité dans une autre affaire de putsch manqué dans ce pays.

Parachutiste de la garde républicaine, l’instigateur du coup d’État avorté et ses compagnons sont entre les mains des autorités gabonaises. Lors de la riposte deux soldats mutins y ont laissé leurs vies. Même si les soldats putschistes sont qualifiés de « plaisantins » par le porte-parole de la présidence, pour de nombreux gabonais et analystes, leur acte est le signe du malaise profond qui sévit présentement au sein de la société gabonaise et surtout de la volonté du peuple de se défaire une fois pour toute de l’emprise des Bongo qui règne dans le pays depuis des années. Leurs arrestations n’arrangent d’ailleurs pas le problème de la chaise vide laissé par le président et qui fait fonctionner le pays au ralenti. L’attitude étrange d’Ali bongo resté muet comme une tombe au lendemain de cette tentative de prise de pouvoir, alors qu’un discours fort de sa part était attendu vient davantage nourrir les rumeurs selon lesquelles le président ne va pas bien. Ce mutisme permet néanmoins à ses rivaux de donner de la voix et de se refaire pourquoi pas une virginité auprès de la population.

UNE MISE EN SCENE DU POUVOIR SELON PING

L’opposant Jean Ping qui n’a jamais reconnu la victoire d’Ali Bongo à la dernière présidentielle du pays, a démenti avoir tout lien avec les militaires putschistes du 07 Janvier. Même si son nom est cité dans le message d’appel à l’insurrection lu par les jeunes putschistes, le rival du président gabonais soutient n’avoir aucun lien avec les mutins. Pour Ping, ce coup d’État manqué est un complot mis sur pied par le pouvoir central, une mascarade orchestrée de main de maitre par le clan Bongo pour trouver à travers cet acte, l’occasion d’engager des poursuites contre sa personnes. Par le billet de cette sortie l’ex président de la commission de l’Union Africaine reconnaît qu’il reste un rival de taille pour le pouvoir en place qui en cette période délicate le considères comme un danger et souhaite le mettre hors d’état de nuire à leurs intérêts.

L’absence du président est sujette de débat au Gabon. Alors que l’opposition réclamait du conseil constitutionnel qu’il déclare la vacance de la présidence de la république et ouvre la voix à l’installation d’une présidence de transition pour pallier à l’absence du chef de l’État , celui-ci a plutôt jugé bon de modifier la loi fondamentale du pays en ajoutant dans les textes un alinéa qui reconnaît l’indisponibilité temporaire du président et stipule que dans le cas échéant , certaines responsabilités qui incombent au président peuvent être assumées par le vice-président  et le premier ministre sur autorisation de la cours .

En cas de vacance définitive, c’est au président du Senat que reviendra la lourde tâche d’assurer l’intérim et d’organiser un nouveau scrutin dans les 60 jours. Pour l’instant les gabonais n’en sont pas encore là. Pendant que s’agitent çà et là les différentes forces antagonistes, hostiles au règne un peu trop prolongé des Bongo, une seule question revient au bout de toutes les lèvres, à quand le retour au pays du chef de l’État ?

Article de la rédaction AFRIC

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