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Septennat des grandes opportunités : le nouveau gouvernement du Cameroun est connu

06.01.2019
Article de la rédaction AFRIC
Réélu en octobre 2018 pour un septième mandat consécutif à la tête du Cameroun, le président Paul Biya a livré samedi 4 janvier la listes des membres du nouveau gouvernement. L’attente a été longue mais le voile est désormais levé sur l’identité de ceux qui constituent la première équipe gouvernementale du septennat dit « des grandes opportunités ». Les camerounais dans leur grande majorité attendaient avec impatience ce nouveau gouvernement qui devaient selon eux porter les marques de la censure tant l’équipe dirigeante du président Biya a enchainé durant ces derniers mois des scandales de mauvaise gouvernance dont le plus retentissant est leur responsabilité dans l’échec de la préparation de la CAN 2019. Composé d’une soixantaine de ministres, le nouveau gouvernement donne lieu à onze séparations, peu de nouvelles recrues et un ensemble de réajustement.

LE PREMIER MINISTERE TOUJOURS DIRIGE PAR UN ANGLOPHONE

En nommant comme premier ministre Joseph Dion Nguté en remplacement de Philémon Yang, le président Paul Biya est resté fidèle à sa logique instaurée depuis 1992 selon laquelle, le poste de chef de gouvernement revient à un ressortissant de l’une des deux régions anglophones du pays. Le nouveau premier ministre, un juriste de formation, est connu pour avoir occupé durant 21 ans le poste de ministre délégué aux affaires étrangères en charge des relations avec le Commonwealth. L’ancien diplômé en droit de l’université anglaise de Warwick a également été à la tête de la prestigieuse école nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Originaire de la région du sud-ouest, il porte sur lui les stigmates de la crise anglophone qui secoue depuis deux ans déjà les deux régions anglophones du pays puisque quelques jours avant sa nomination sa demeure située dans son village natal a fait l’objet d’un incendie criminel attribué aux forces cessionistes de l’Ambazonie. A ce jour, il est le cinquième premier ministre issu des régions anglophones de l’ère Biya. Comme son prédécesseur, un natif de la région du Nord-ouest, son rôle pour un dénouement de la crise anglophone est très attendu.

 

QUELQUES CHANGEMENTS NOTOIRES

On note dans la nouvelle équipe gouvernementale nommé le 4 Janvier 2018, comparée à l’ancienne quelques réajustements. Parmi les nouvelles recrues de la sphère gouvernementale, figurent Célestine Ketcha Courtès. La dame de fer, maire de la commune de Gbanganté, est en charge du ministère de l’habitat et du développement urbain en remplacement de Claude Mbwentchou.  L’ex directeur général de la SONARA (Société Nationale de raffinage) Talba Malla Ibrahim fait également partie de cette liste. Il est appelé à assumer la fonction de ministre délégué à la présidence de la république chargé des marchés publics .

L’avocat international Me Jean de Dieu Momo, membre du G 20, la coalition des partis de l’opposition ayant soutenu la candidature du président Biya lors de la dernière présidentielle est la nouvelle figure de ce gouvernement qui fait le plus parler sur la toile. La nomination de cet homme politique issue de l’opposition radicale au poste de ministre délégué auprès du ministre de la Justice garde des Sceaux est perçue par de nombreux camerounais comme une récompense en réponse à son soutient indéfectible au chef de l’État en depit des railleries et moqueries dont il a fait l’objet sur les réseaux sociaux et même au sein de sa propre formation politique durant la période de campagne électorale.

Autre innovation dans ce nouveau gouvernement, l’entré des jeunes à l’exemple du Dr Manaouda Malachie, 45 ans, affecté au ministère de la santé et de François Bolwine Wakata qui remplace Amadou Ali au poste de ministre délégué à la présidence chargé des relations avec les assemblés.

Le désormais ex ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary l’une des figures de proue de l’entourage du chef de l’État est envoyé au ministère de l’emploi et de la formation professionnelle. Il est remplacé à son ancien poste par un proche du président Biya, René Sadi. Les ministères clefs tels que la défense, l’économie, l’enseignement supérieur et les finances n’ont connu aucun changement, ils restent respectivement entre les mains de Joseph Béti Assomo, Alamine Ousmane Mye, Jacques Fame Ndongo et Louis Paul Motaze.

LA PARITE HOMME / FEMME, PAS AU RENDEZ-VOUS 

Elle semble lointaine l’époque où l’on parlera de parité hommes / femmes dans le gouvernement camerounais. Sur un total de 65 ministres on note six femmes seulement  dont Courtes Ketcha Célestine la ministre de l’habitat et du développement urbain , Madeleine Tchuente,  détentrice du portefeuille de la recherche scientifique et de l’innovation , Mme Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse , ministre de la promotion de la femme et de la famille ,  Libom Li likeng née Mendomo Minette qui reste aux postes et télécommunication , Mme Nalova Lyonga Pauline en charge des enseignements secondaires et Mbah Acha née Fomundam Rose Ngweri désignée ministre déléguée à la présidence , chargé du contrôle supérieur de l’État.

LES ECARTES DU POUVOIR

Le nouveau gouvernement a également permis au Président Biya de se séparer de certaines figures majeures de son entourage. Au total, onze ministres n’ont pas été reconduit dans cette équipe gouvernementale. Il s’agit entre autres de :

  •  Yang Philémon, nommé au poste de premier ministre en Juin 2009 et remplacé par Joseph Dion Nguté.
  •  Youssouf Adoum née Hadidja Alim, ministre de l’Éducation de Base, qui cède sa place à Laurent Serge Etoundi Ngoa.
  •  Amadou Ali qui lègue le poste de Ministre Délégué à la Présidence Chargé des Relations avec les Assemblées au jeune François Wakata Bolwine.
  •  Abba Sadou qui a désormais pour successeur au ministère des Marchés publics , l’ex DG de la SONARA Ibrahim Talba Malla .
  • Mama Fouda , obligé d’abandonner le poste de ministre de la Santé publique au profit de  Manaouda Malachie ;
  • Jacqueline Koung A Bisseke  , remplacée au ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières par Henri Eyebe Ayissi.
  • Jean Pierre Fogue  , écarté au poste de ministre délégué auprès du ministre  la Justice Garde des Sceaux, et remplacé par Me Jean de Dieu Momo.
  •  Ernest Gwaboubou, appelé à laisser le ministère des Mines et du Développement technologique entre les mains de DODO NDONKE Gabriel.
  •  Mefirou Oumarou, qui céde  le poste de ministre délégué auprès du ministre des Transports au à Njoya Zakariaou.
  • Zacharie Pérevet, désormais ex ministre  de l’Emploi et de la Formation Professionnelle et remplacé par Issa Tchiroma Bakary.

Les camerounais attendent de ce nouveau gouvernement qu’il fasse mieux que le précèdent , mais surtout du chef de l’État qu’il matérialise les promesses faites lors de son  traditionnel discours du 31 décembre , axé notamment sur l’amélioration des conditions de vie des populations , le redressement économique et surtout une sortie de crise des deux régions anglophones   en proie aux affres d’ une milice aux velléités cessionistes .

Article de la rédaction AFRIC

 

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