Association for Free Research and International Cooperation

En 2018 ils ont posé des actes exceptionnels : qui sont ces dirigeants africains?

29.12.2018
Article de la rédaction AFRIC
Les politiciens ont la mauvaise réputation de ne pas souvent honorer leurs promesses de campagne une fois élus. Cette année 2018 de nombreux dirigeants africains se sont démarqué par des actes forts qui ont donné l’image positive d’une Afrique qui bouge et qui est déterminée à rattraper le train du développement. Ces actes et réformes qui vont certainement impacter la nouvelle année 2019 et de nombreuse autres à venir sont résumés à travers ce classement du top 10 des meilleurs actions entreprises sur les plans politiques, économiques et sociales par nos dirigeants durant l’année 2018.

1- ETHIOPIE : Abiy Ahmed met fin à 20 ans d’inimitié entre l’Éthiopie et l’Érythrée

« Le pardon libère la conscience. Quand nous disons que nous nous sommes réconciliés, nous voulons dire que nous avons choisi la voie du pardon et de l’amour ». ( Dr Abiy Ahmed)

Son initiative dont les résultats se sont directement fait ressentir tant du côté Ethiopien qu’Erythréen est sans aucun doute celle qui aura le plus marqué les cœurs en 2018 sur le continent Africain. Nommé en Avril à la tête du gouvernement Ethiopien par la coalition EPRDF en remplacement d’un Hailemariam Desalegn démissionnaire, le Dr Abiy Ahmed du haut de ses 42 ans est celui qui a changé en quelque mois seulement le visage de l’Éthiopie. Libérations de prisonniers politiques, rencontres avec la diaspora Ethiopienne, levée de l’État d’urgence, ouverture du capital de plusieurs sociétés publiques, nomination des femmes à des postes clés dans l’administration, vastes purges dans l’armée et le service national de renseignement, sont autant d’œuvres qui parlent en faveur du bilan de l’ex officier de l’armée Ethiopienne originaire de la communauté Oromo. Mais on ne saurait parler de l’immense travail abattu par le premier ministre Ethiopien depuis son arrivée au pouvoir sans évoquer le dégel des relations avec l’Érythrée dont il est le principal artisan.  En signant en Septembre à l’initiative d’Abiy Ahmed un accord de paix, Addis-Abeba et Asmara ont pris la décision de rétablir leurs liens diplomatiques rompus depuis 1998 sous fond de litige frontalier. Ce rapprochement inédit et salutaire pour toute la sous-région Afrique de l’Est a donné lieu à la réouverture des frontières terrestres et à la reprise des trafics aériens et maritimes entre les deux nations sœurs de la Corne de l’Afrique.

2-MAROC:  Mohammed VI inaugure le premier TGV d’Afrique

« Les réalisations accomplies par le Maroc et les acquis engrangés en faveurs des marocains, constituent un véritable motif de satisfaction et de fierté » (Mohammed VI)

 En inaugurant le 15 novembre 2018 à Tanger, le TGV baptisé « Al-Boraq », le rois Mohammed VI, a permis à l’Afrique de faire son entrée dans l’univers de la grande vitesse ferroviaire. L’évènement qui a eu lieu en présence du président français Emmanuel Macron, a été marqué par un voyage inaugural entre les deux dirigeants. Cette ligne à grande vitesse, relie la ville portuaire de Tanger à Casablanca, en passant par Rabat. Son cout est estimé à environ 2 milliards d’euros et les travaux qui ont duré huit ans sont le fruit d’une coopération avec la France qui a financé le projet à 51 % sous forme de prêt. Avec ce chef d’œuvre titanesque qui vient révolutionner le système de transport du royaume, les marocains peuvent désormais en 2 h 10 min parcourir les 350 kilomètres qui relient ces deux pôles économiques contre 4 h 45 auparavant.

3-LIBERIA : Georges Weah réduit son salaire d’un quart

« Ce qui est important c’est de regarder mon bilan, ce que j’ai accompli pour le Liberia et les libériens, la manière dont je vis » (Georges Weah)

Une semaine après sa prise de fonction le 22 Janvier en tant que 25e président du Liberia, l’ex star planétaire du ballon rond Georges Weah a prouvé qu’il reste un homme de cœur malgré ses nouvelles responsabilités. Dans son premier discours sur  » l’état de la nation », il a pris l’engagement de réduire son salaire et ses primes de 25%. En prenant cette décision suivie d’effets immédiats, l’ex ballon d’or soutient qu’elle fait suite aux difficultés économiques que traverse le Liberia. L’ancien joueur de l’AS Monaco dont le successeur Ellen Johnson Sirleaf avait un salaire estimé à 90 000 dollars par an, a exhorté ses ministres et parlementaires à copier son exemple.  Avant de troquer ses crampons pour le costume d’homme politique, Georges Weah jouissait déjà dans son pays d’une image de bienfaiteur. Capitaine et entraineur de l’équipe nationale du Liberia il avait l’habitude d’éponger les dettes de la fédération libérienne de football, de financer les stages des joueurs et de payer leur équipements et billets d’avion. Aujourd’hui c’est d’un pays ruiné par 14 ans de guerre civile et dévasté par une atroce épidémie d’Ébola (2013-2016) dont l’ancien sociétaire du PGS a hérité. Mais dans ce contexte où tout est à refaire, « mister Georges » incarne l’espoir d’un lendemain meilleur.

4- KENYA : Uhuru Kenyatta Lance une guerre sans merci contre la corruption

 « Nous allons récupérer tout l’argent volé. Il n’y aura aucune pitié pour les voleurs. Leurs jours sont comptés. Ils seront poursuivis et emprisonnés. »    (Uhuru Kenyatta)

Réélu en octobre à la tête du Kenya pour un deuxième mandat de cinq ans, Uhuru Kenyatta a décidé d’en finir avec la corruption qui touche pratiquement tous les secteurs d’activité dans la fonction publique. La purge qui a envoyé à la barre plusieurs hauts fonctionnaires dont Philomena Mbete Mwilu, la vice-présidente de la Cour suprême, a créé dans le pays un véritable vent de panique. Pour statuer sur les scandales de corruption et détournements de deniers publics, une cour spéciale a été installée dans la capitale Nairobi. Tous les fonctionnaires de l’État et responsables en charge de la transmission des marchés publiques sont soumis à une série de contrôle. Pour prêcher par l’exemple, le président Kenyatta a annoncé qu’il sera également soumis à un audit sur son train de vie au même titre que le vice-président William Ruto. Pour le chef de l’État Kenyan dont le pays a été érigé au 141e rang des nations les plus corrompues sur une liste de 180 pays dressée par Transparency International, il est avant tout question d’éradiquer ce fléau qui à instaurer dans les mœurs de la population kenyane, la culture des pots de vin.

5-RWANDAPaul Kagame inaugure une usine de montage de voitures

« L’Afrique n’a pas besoin d’être un dépotoir pour les voitures d’occasion, ou n’importe quoi d’occasion. À long terme, vous finissez par payer un prix plus élevé de toute façon. »  (Paul Kagame )

Le président rwandais Paul Kagamé veut promouvoir l’industrie automobile dans son pays. En prenant part le 26 juin à l’inauguration du lancement des travaux de l’usine d’assemblage de la firme allemande Volkswagen dans son pays, le dirigeant rwandais est revenu sur la nécessité pour les africains d’avoir la culture du neuf. Le continent selon lui doit se défaire de l’image de dépotoir des choses usagées. En plus de permettre aux rwandais d’acheter des véhicules en bon état, cette usine de montage de voiture est une aubaine pour la lutte contre le chômage puisqu’elle offre à ce pays d’Afrique de l’Est à l’économie de plus en plus prospère, 500 à 1 000 emplois directs. L’installation à Kigali de cette usine d’assemblage de voiture du grand constructeur automobile allemand est le résultat d’un travail de fond mené par le chef de l’État rwandais qui veut faire de son pays un endroit propice pour les affaires. Les investissements effectués par la compagnie allemande sont estimés à 20 millions de dollars américains. Ayant déjà pris ses quartiers en Afrique du Sud, au kenya et au nigeria , Volkswagen prévoit pour un début au Rwanda , une production annuelle pouvant aller à 5.000 véhicules des marques Polo et Passat.

6 -SIERRA LEONE : Julius Maada Bio annonce un programme d’enseignement gratuit

« J’avais promis une éducation gratuite durant l’élection. Je suis ici pour l’appliquer » (Julius Maada Bio)

Candidat à la présidentielle en Sierra Leone, Julius Maada Bio avait promis d’instaurer dans le pays un programme d’enseignement gratuit du primaire et du secondaire. Une manière pour lui de lutter contre l’analphabétisation qui touche une importante frange de la population. Élu en avril à la tête de cette ancienne colonie britannique, il a décidé de passer de la parole à l’acte en annonçant la mise en application dès septembre de cette mesure. L’État à travers cette initiative, s’engage à prendre en charge les frais de scolarité des élèves et à pourvoir aux fournitures scolaires. Les parents, selon les recommandations du président sierra léonais ont l’obligation de pourvoir aux tenues et chaussures de leurs progénitures et à assumer leurs rôles d’encadreurs auprès de ces derniers à la maison. Ceux qui malgré le geste du gouvernement garderont leurs enfants à la maison s’exposent à des amandes et peines d’emprisonnement

7-BENIN  : Patrice Talon veut numériser le système administratif

« Les importantes transformations et réalisations qui s’opèrent progressivement donneront bientôt à notre pays un autre visage. »  (Patrice Talon)

Pour le président béninois, améliorer le système administratif en le rendant plus performant passe nécessairement par sa numérisation. Raison pour laquelle il a trouvé judicieux de faire appel au savoir-faire de l’Estonie, petit pays de l’Union Européenne mais qui est passé maitre dans l’e-gouvernance. La visite officielle début décembre de Kersti Kaljulaid, la présidente de ce pays, a permis au Benin et à l’Estonie de parapher des accords pour la promotion du numérique au Benin. Numériser le système administratif permettra selon Patrice Talon au Benin de s’affranchir des contraintes de la paperasse et des longues files d’attentes devant les bâtiments de la fonction publique. Grace à un système administratif numérisé les béninois auront ainsi la possibilité d’avoir recours à une série de service administratif sans nécessairement faire usage du papier. Une révolution qui permettra également aux fonctionnaires de l’État d’être plus rapide dans l’exécution de leurs taches.

8 – AFRIQUE DU SUD : Cyril Ramaphosa décide d’accélérer la reforme agraire

 « Le cœur des Sud-Africains nous dit qu’il y a de la colère autour de la question de la terre. Et ça va continuer, si nous ne nous saisissons pas du problème » (Cyril Ramaphosa)

La redistribution des terres est une veille promesse de l’ANC faite à la communauté noire lors de la prise de pouvoir en 1994 de Nelson Mandela. Le parti du premier président noir d’Afrique du sud espérait par cette réforme réparer des injustices qui remontent au temps de l’Apartheid. La majorité noire qui représente 80 % de la population a toujours considéré comme une inégalité le fait que 72 % des terres cultivables du pays soient entre les mains des blancs qui représentent seulement 8 % de la population. Depuis que la promesse de redistribution de la terre a été faite, presque rien n’a bougé à en croire le successeur de Jacob Zuma. Dès son accession au pouvoir en février, des séries de redistribution de terres ont eu lieu dans certaines zones rurales du pays notamment au Kwazulu Natal. Mais le retour des terres entre les mains des noirs via des arrangements avec les propriétaires pourraient couter cher à l’État et ralentit le processus, raison pour laquelle Cyril Ramaphosa trouve judicieux qu’une modification de la constitution s’impose afin de permettre une expropriation sans compensation. Même si du côté de la minorité blanche cet amendement de la constitution fait grincer des dents elle vise avant tout selon le chef de l’État sud-africain à préserver l’économie sud-africaine et à assurer la sécurité alimentaire du pays. Ramaphosa reste néanmoins ouvert au dialogue avec les fermiers blancs en colère.

9 – TUNISIE : Béji Caïd Essebsi soutient l’égalité homme-femme dans l’héritage

 « Je propose que l’égalité dans l’héritage devienne une loi… puisque je suis le Président de tous les Tunisiens, il est de mon devoir de rassembler, pas de diviser. » (Béji Caïd Essebsi)

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a profité de la date du 13 août jour de la fête de la femme et de la famille pour annoncer un projet de loi des plus inattendu. Dans un discours face à un auditoire essentiellement féminin l’homme fort de la Tunisie a fait part de son intention de proposer un projet de loi portant sur la parité homme-femme dans l’héritage. Un projet audacieux mais qui pour le président doit faire évoluer les mentalités, dans une Tunisie où les mœurs en matière d’héritage et la position de la femme restent fermement attachées à la tradition des nations arabo-musulmane. En Tunisie les femmes n’ont droit qu’à la moitié de la part d’héritage réservée à l’homme. Or le projet proposé par le président Béji Caïd Essebsi vise à proposer au légataire deux options pour ses héritiers à savoir l’égalité entre les deux genres ou la mesure prévue par les textes coraniques. Avant de crier victoire les femmes devront attendre que ce projet soit adopté au parlement où le débat s’annonce d’ores et déjà houleux.

10- RDC: Joseph Kabila renonce à se présenter à l’élection présidentielle

Le secrétaire permanent du parti présidentiel congolais, Emmanuel Ramazani Shadary, a été désigné mercredi comme dauphin du président Joseph Kabila pour l’élection présidentielle prévue le 30 décembre en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Lambert Mende Omalanga. Ce qui signifie que le chef de l’Etat sortant ne se représentera pas. M. Ramazani sera le candidat du Front commun pour le Congo (FCC), une vaste plate-forme électorale créée par M. Kabila.

« Il s’agit du camarade Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD », a affirmé M. Mende lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

Article de la rédaction AFRIC

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