Association for Free Research and International Cooperation

Afrique : Quel avenir pour les enfants de rue ?

28.12.2018
Article de la rédaction AFRIC
Une main tendue, tantôt portant un bol, une autre ramenée vers la bouche avant de s’accrocher aux passants qui tout de suite essaient de s’en débarrasser. C’est par ce geste que l’on reconnait les enfants de rue familièrement appelés ‘’ petits mendiants’’ ; enfants qui donnent un nouveau décor aux grandes artères des pays africains par leur look. Agés entre 5 et 16 ans, ses enfants toujours en petite bandes, sont dépêchés dans la rue par des adultes à la quête du pain quotidien. Leur sort éducatif connu d’avance suscite les problématiques suivantes : Que fait l’Etat pour éradiquer ce phénomène qui se répand au jour le jour ? Quelles mesures ont été prises par les institutions et ONG qui luttent pour la protection de l’enfant afin de sortir ces enfants de la rue?

On les rencontre presque partout en Afrique dans la zone subsaharienne plus précisément au  Mali, au Togo, au Congo, au Ghana à Madagascar et bien plus. Leur point d’attroupement : les ronds-points et carrefours où ils se faufilent pendant que les  feux sont au rouge pour quémander de l’argent. Certains font usage d’harcèlement chez les passants afin de gagner de quelques pièces. Généralement, ses enfants sont exploités par des adultes qui les obligent à mendier et ramener les sommes considérables. Tel est le cas des enfants Touareg déportés dans les rues du grand marché de Pointe-Noire au Congo.

Ses mineurs font usage de force pour extorquer l’argent des passants. D’autres osent même arracher des montres si jamais le moindre sous ne leur est donné. Tout ceci, de peur d’être puni ou battu le soir s’il rentrait bras ballon. Un comportement récurrent au Ghana. Debout aux feux tricolores de Lapaz (un quartier populaire d’Accra), ses enfants de sexes confondus expliquent qu’ils dorment dans la rue. Ils quittent leur « supposé lit » très tôt autour de 05 heures et se ruent afin de trouver la nourriture. Ils mendient le long de journée sans parfois trouver de quoi s’offrir le repas de midi.

Parmi eux, des enfants évadés de leurs familles respectives fuyant la maltraitance et les contraintes des familles nombreuses ou mono parentales. D’autres accusés de sorciers sont jetés dehors et trouvent la rue comme refuge. D’autres sont arrachés à leurs parents au Niger par des narcotrafiquants, privés de scolarité et dépêchés dans la rue pour quémander  de l’argent pour eux. Ses adultes qui prennent plaisir à exploiter les mineurs exposent ses enfants à la merci de tout risque d’accidents.

LA PAUVRETE URBAINE, CAUSE DE LA MENDICITE

La pauvreté des parents se répercute sur les enfants qui en deviennent le support dès leur jeune âge. Issues des parents pauvres, ses enfants sont obligés de descendre dans les rues pour implorer la miséricorde des passants qui leur glissent les petites pièces leur permettant de joindre les deux bouts de journées. Le Mali touché par la famine a un pourcentage de pauvreté estimé à 44,9% en 2017 par le CREDD (Cadre stratégique pour la Relance de l’Economie et du Développement Durable) avec la moitié de la population constituée des jeunes de moins de 15 ans.

Bien que la mendicité soit interdite au Mali, on compte près de 6000 enfants mendiants dans les rues de Bamako et 90% sont des garçons, des cadres et médecins de l’Afrique de demain. Ces enfants qui dorment dans des chantiers en construction ou sur les ponts sont victimes de manque d’éducation appropriée et tombent dans la délinquance juvénile. Obsédé par l’idée d’avoir le petit sous, ses enfants sont utilisés par les terroristes et jihadistes qui leur tendent la main et leur propose un toit et de la bouffe.

LAVEURS DE VITRE OU CHARGEURS DE BUS ?

Les enfants qui grandissent dans la rue se dérobent de la mendicité et s’attèlent aux petits métiers dont le lavage de vitre ou le chargement des moyens de transport en commun. Une bouteille d’eau mousseuse à la main et un chiffon dans  l’autre, ses enfants nettoient les vitres des conducteurs patients en échange de petites pièces, alors que certains se contentent de chercher les clients pour les transporteurs en commun et sont payés par rapport aux passagers gagnés. Les filles qui prennent de l’âge se dirigent vers  la prostitution pour gagner leurs vies. Certains enfants naïfs se font utiliser par les occultistes qui descendent tard dans les rues pour s’amouracher avec elles et tirent toute l’énergie nécessaire pour leur pratique contre-nature.

QUELLE POTENTIELLE SOLUTION POUR ELIMINER CE PHENOMENE?

Les enfants sont l’avenir de demain. Dans ses rues où les enfants se rassemblent, des chefs d’Etats et acteurs humanitaires passent, y jettent un coup d’œil  sans pourtant être offusqués. Comment peut-on  prétendre préparer l’avenir et fermer les yeux sur le problème des enfants de rue ? Mettre fin à ce phénomène serait redonner un espoir à ses enfants qui se morfondent en voyant d’autres bambins bien habillés  marcher en compagnie de leur parents.

L’Etat devra voter les lois contre la maltraitance des enfants, sensibiliser les parents ignorants sur les enjeux de la mendicité et les droits des enfants à l’éducation. Une interdiction formelle doit être adressée pour empêcher les enfants de descendre dans la rue. Le gouvernement doit sanctionner les parents irresponsables et  les adultes trafiquants et les punir pour leurs actes criminels mais aussi fermer les frontières pour les trafiquants d’enfants.

L’UNICEF et les ONG qui luttent pour la protection de l’enfant doivent créer des centres de réinsertion pour les enfants de rue, les remettre à l’école pour garantir leur avenir. L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde a dit Nelson Mandela d’où sortir un enfant de ce cauchemar qu’est la rue c’est offrir un sourire d’espoir au plus démuni d’une Afrique émergente d’ici 2050.

Article de la rédaction AFRIC

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