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Politique de l’enfant unique : des millions d’hommes condamnés au célibat en CHINE

26.12.2018
Article de la rédaction AFRIC.
La politique de l’enfant unique instaurée en République populaire de Chine au 20e siècle, a créé un véritable problème social qui compromet aujourd’hui les chances de millions d’hommes de fonder un jour une famille. En effet dans l’empire du milieu, plusieurs hommes sont condamnés à terminer seuls leurs jours car le pays compte un nombre élevé d’hommes comparé à la gente féminine. Conséquence il n’a y pas assez de femmes pour chaque homme. Même si en 2013, le régime communiste a assoupli cette mesure en permettant aux couples d’avoir un deuxième enfant, il sera difficile pour le géant asiatique de régler ce déséquilibre qui risque affecter plusieurs générations si des solutions efficaces ne sont pas trouvées.

UNE PREFERENCE POUR LES ENFANTS MALES

En instaurant la politique de l’enfant unique, la Chine qui est le pays le plus peuplé de la terre avec à elle seule 20  de la population mondiale, a décidé de mettre sur pied un système de contrôle des naissances. Les couples qui voulaient déroger à cette règle établie par l’État s’exposaient à des sévices sur le plan économique, administratif et même juridique. Les femmes à qui venait l’idée d’être enceinte pour la deuxième fois étaient contraintes à l’avortement et parfois à la stérilisation forcée. Des études poussées sur la question du célibat criard des hommes en Chine, déduisent que le déséquilibre social qui existe aujourd’hui dans ce pays, résulte de la préférence qu’ont une majorité de chinois pour les enfants de sexe masculin. Deux raisons majeures expliquent cela. Premièrement pour leur utilité en milieu rural notamment pour les travaux champêtres et secundo par ce qu’ils sont la garantie de la pérennisation du nom familial.

N’ayant la possibilité de faire qu’un seul enfant, dès le milieu des années 1980 et un deuxième sous conditions vers la fin de 2013, de nombreuse femmes chinoises ont eu recours à des avortements sélectifs. La technologie de détection moderne à ultrasons, qui permet aux parents de connaître le sexe du fœtus dès la 14e semaines de grossesse, a favorisé les avortements de bébés de sexe féminin. A ce phénomène, s’ajoute celui de l’abandon de fillettes par leurs géniteurs.  Près de 20 millions de petites filles chinoises selon The Paper, un site d’information officiel chinois, ont été abandonnées ou avortées durant les trois décennies de la mise en application de la politique de l’enfant unique.

Au fil des années, le fossé entre les deux genres n’a cessé de se creuser. Les données véhiculées par la presse locale et qui émanent d’une étude menée en 2012 par l’État font savoir que la tranche d’âge de 30 à 39 ans qui correspond aux années durant lesquelles la population était sommée de se soumettre aux règles en vigueur imposant un enfant par couple, est composée d’environ 11 959 millions d’hommes célibataires contre 5,82 millions de femmes dans la même situation. Ce qui laisse déduire qu’au sein de cette génération, plus de 6 millions d’hommes sont condamnés à ne pas avoir une compagne. D’autres études vont plus loin dans les prévisions et indiquent qu’en 2020 le nombre d’hommes sans conjointe en Chine va atteindre 24 millions et 30 millions dans 30 ans. Une situation dont les femmes veulent en tirer profit.

LES FEMMES DE PLUS EN PLUS EXIGEANTES

Inferieures en nombre, les femmes chinoises sont de plus en plus sélectives lorsqu’il s’agit de choisir un conjoint. Bon nombre d’entre elles ayant grandi comme “enfant unique ” ont un caractère capricieux. Leurs regards sont plus portés sur des hommes ayant un statu socio-économique élevé et un niveau d’enseignement supérieur. Les hommes n’obéissant pas à ces deux critères courent le risquent de ne jamais fonder une famille. Ceux qui en paye le lourd tribu sont bien évidement ceux vivant en milieu rural où les quelque filles qui s’y trouvaient ont déserté les villages pour rejoindre les grandes villes dans l’espoir d’épouser un homme riche. La fuite des femmes en milieu rural a donné naissance à ce qu’on appelle en Chine les “villages de célibataires”.

Face à l’impossibilité mathématique d’avoir une compagne plus jeune ou de leur génération, les hommes chinois délaissés ont la possibilité, soit d’épouser une femme plus âgée qu’eux ou de se tourner vers les pays étrangers. Ceux qui optent pour ce deuxième choix immigrent très souvent en Indonésie, en Birmanie ou au Vietnam. Le déficit en femme que connaît la Chine a également favorisé la naissance d’autres fléaux tels les crimes sexuels en zones rurales, le kidnapping et trafic de femme ou encore le commerce des mariages.

La Politique de l’enfants unique instaurée en 1979 sous le règne de Deng Xiaoping pour empêcher que le développement économique ne soit affecté par une hausse vertigineuse de la population, a porté préjudice aux destins de millions de filles, avortées ou parfois abandonnées à la naissance par leurs parents. Ce que l’on appelait alors la “malédiction de naître fille ” lors des dix premières années de l’application de cette loi s’est retournée aujourd’hui contre la population chinoise qui fait face à un nombre surélevé d’hommes délaissés. L’autorisation d’avoir un deuxième enfant instaurée en 2013 a occasionner un boom des naissances et offre aux chinois l’occasion d’avoir les deux sexes. Elle peut combler ce déficit, mais dans les générations à venir. Cependant éradiquer le phénomène d’hommes esseulés nécessite aussi un travail de fond sur le plan socio culturel où des clichés traditionalistes ont amoindri pendant des siècles la place et l’importance de la femme au sein de la société chinoise.

Article de la rédaction AFRIC.

 

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