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Présidentielle en RDC : Entre doutes et incertitudes, le scrutin reporté une 3e fois

21.12.2018
Le scrutin devant désigner le successeur de Joseph Kabila au pouvoir depuis 17 ans, aura-il finalement lieu ? C’est la question au bout de toutes les lèvres aux vues des derniers évènements survenus en République Démocratique du Congo où un troisième report des élections a été annoncé par Corneille Nangaa le président de la Commission Nationale Électorale Indépendante. Ces élections, les congolais en rêvent depuis Décembre 2016 date de la fin du deuxième et dernier mandat du président Kabila dont la constitution n’autorise pas un prolongement de bail à la tête du pays. Avec le dernier rebondissement de cette affaire, les congolais sont appelés à prendre leur mal en patience. Initialement prévu le 23 décembre 2018, c’est finalement après la fête de la nativité plus précisément le 30 décembre que vont se tenir sur toute l’étendue du territoire nationale, les élections présidentielle, législative et provinciale. Faisant état de retard dans le déploiement du matériel électoral suite à l’incendie ayant ravagé les locaux de son entrepôt à Kinshasa, la CENI se donne 7 jours pour rattraper remettre tout sur pied. De quoi prolonger le suspende sur l’avenir politique du pays dont certaines langues sceptiques évoquent déjà un retour au chaos.

INCENDIE DE L’ENTREPOT DE LA CENI,PRINCIPALE RAISON DU REPORT

En décidant de mettre un terme de manière subite à la campagne électorale devant normalement prendre fin après 30 jours, la CENI a confirmé la rumeur selon laquelle elle prévoyait un report de la date des différents scrutins programmés ce dimanche. Selon les explications fournies par son patron Corneille Nangaa, le prolongement de la date des trois scrutins résulte avant tout de l’incendie de l’entrepôt de l’organe à Kinshasa où 8000 machines à voter sur 10000 ont été réduites en cendre. Ces machines qui devaient être utilisées dans la capitale province de Kinshasa doivent être remplacées. Rendre opérationnelles les machines commandées chez le fournisseur sud-coréens et les approvisionner en bulletins de vote nécessite selon la CENI un délai supplémentaire qui rend impossible l’organisation sur tout le territoire national de ces élections à la date initialement fixée.

Après consultation auprès des parties prenantes notamment les institutions de la république, les représentants et candidats des partis politiques, les responsables de confessions religieuses ainsi que les représentants de la communauté internationale, il a été convenu selon le président de la CENI de renvoyer ces joutes électorales.  Les textes régissant la loi électorale, stipulant que les scrutins directs ne doivent se tenir que le dimanche ou un jour férié, les élections présidentielle, législative et provinciale prévues le 23 décembre sont donc prolongées pour une semaine, une date qui correspond au dernier dimanche de l’année 2018.

EBOLA ET LES VIOLENCES DANS L’OUEST DU PAYS

Si les raisons évoquées par la commission électorale sont d’ordre logistiques, d’autres analyses font état d’handicaps d’ordre sécuritaires et sanitaires. Car l’Ouest de la RDC plus précisément le territoire de Beni au Nord Kivu est le théâtre de multiple attaques attribuées aux rebelles ougandais musulmans de l’ADF. La recrudescence depuis des mois des combats sanglants opposant les insurgés et l’armée régulière congolaise assistée par les soldats de l’ONU ont instauré un sentiment d’insécurité dans cette région, ce qui rend difficile le bon déroulement des votes.

A ces attaques qui ont causé la mort de centaines de personnes depuis 4 ans s’ajoutent le spectre de la maladie à virus Ébola qui plane toujours sur le ciel de la RDC en dépit de l’introduction d’un vaccin. Le pays en effet connaît la 10 épidémie d’Ébola de son histoire, depuis la première apparition en 1976.Les régions touchées sont celles du Nord Kivu et de l’Ituri. Le ministère congolais de la santé dans son dernier bilan fait état de 270 morts enregistrés à ce jour sur 450 personnes atteintes. Les risque de contagions de la maladie dont la transmission se fait par contact direct avec les malades ou les objets utilisés par ces derniers pourraient dissuader les personnes désirant prendre part aux votes.

LA CENI ASSAILLIE DE CRITIQUE

L’annonce du report des élections présidentielle, législative et régionale en RDC, a valu à la CENI une série de critiques. D’aucuns estiment qu’elle devrait tout simplement démissionner car incapable d’organiser ce scrutin depuis 2 ans. Dans la capitale, Plusieurs personnes sont sorties dans la rue pour manifester leur colère à l’instar des étudiants de l’Université de Kinshasa.

Jean pierre Bemba qui soutient martin Fayulu le candidat de la coalition LAMUKA qualifie les raisons évoquées par corneille Nangaa de prétextes fallacieux. A l’en croire l’origine exacte de l’incendie de l’entrepôt de la CENI reste floue. Il soutient, que rien ne prouve que les machines à voter et les bulletins de vote étaient réellement estoqués dans le dit bâtiment lorsqu’il a été réduit en cendre.

Du côté de l’UDPS le principal parti d’opposition, on reste néanmoins optimiste. Les responsables du parti fondé par Etienne Tshisekedi trouvent regrettable le report des trois scrutins mais soutiennent que les raisons évoquées par la CENI sont compréhensibles.

Les critiques émanant de la décision de la CENI n’épargnent pas le gouvernement congolais qui a tourné le dos à l’aide internationale et au soutien logistique proposé par la mission onusienne arguant que la RDC était capable d’endosser les couts de ces échéances électorales. Avec le nouveau délai annoncé par la CENI, le scrutin devant mettre fin au règne de Joseph Kabila entre dans autre phase inédite. Les congolais qui attendent avec impatience le jour J doivent encore faire face à une semaine d’incertitude.

AFRIC Editorial Article.

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