Association for Free Research and International Cooperation

Pourquoi les revendications des africains similaires aux gilets jaunes ne sont pas autant médiatisées ?

11.12.2018
Depuis plus d’un mois, la grogne perdure en France, suite à l’annonce publique faite par le président Emmanuel Macron, sur l’augmentation de la taxe sur le carburant. Le mouvement dit « des gilets jaunes » connait une médiatisation hors paire. En Afrique, des manifestants protestent pour des revendications similaires, mais l’effet médiatique est loin comparable à celui des français. Plusieurs médias occidentaux et africains relayent quotidiennement des informations liées aux gilets jaunes. Ce qu’on n’observe presque pas lorsqu’il s’agit des africains. Cependant, pourquoi les protestations africaines ne connaissent pas le même impact médiatique ?

Depuis des semaines, l’on ne peut faire le zapping entre chaînes et sites d’informations sans lire ou  entendre parler des gilets jaunes. Un mouvement de révolte qui a pour colonne vertébrale, la population de la classe moyenne en difficulté financière. Constat : La popularité des gilets jaunes grandit. Selon le sondage Odoxa publié en Novembre dans le Figaro, les gilets jaunes attirent l’attention de 84% de français qui trouvent le mouvement «justifié ». Ce piston relevé par la sympathie de la population motive les manifestants à faire aboutir leur cause.

IMPACT MÉDIATIQUE DES GILETS JAUNES

La révolte des gilets jaunes connait un grand succès au plan mondial en parti grâce aux médias qui en font un tas. Les débordements que cette manifestation  connait font échos au niveau international. Une révolte récurrente en Afrique mais sans implication aussi signifiante des médias. Une chose est sûre : Tous se lèvent pour revendiquer de manière pacifique leurs droits, mais l’accompagnement des plateformes d’informations locales et internationales est mesquin.

On se demanderait pourquoi ce manque d’équilibre puisqu’il s’agit là de la réclamation des droits au travail, à la baisse de la taxe, à la fin de la pauvreté et tout consort. L’énigme est de comprendre pourquoi les médias du continent relayent ces informations  sans équivoque, nonobstant, lorsqu’il s’agit des africains, l’information est rendue publique de bouche à oreille ou via les réseaux sociaux sans accent des chaines de communication.

MOUVEMENT DE MASSE EN AFRIQUE

Plusieurs mouvements de masse sont constitués en Afrique pour revendiquer des droits. On parle du mouvement Ras-le-bol, En tout cas, Y’en a marre, Balai citoyen et bien d’autres qui réclament le respect de la constitution, la liberté d’expression des jeunes,  l’augmentation de la main d’œuvre,  l’éradication de la pauvreté, la scolarisation des jeunes, l’accès à la santé, et la sécurité sociale. Tous grognent, parcourent des rues comme les gilets jaunes dans l’espoir de se faire écouter. Mais la répression par le  régime en place constitue un croc-en-jambe pour ces révolutionnaires qui ne souhaitent que « faire entendre leur voix ».

CONTRASTE MÉDIATIQUE ENTRE LES GILETS JAUNES ET LES MOUVEMENTS DE MASSE AFRICAINS

Les gilets jaunes sont des milliers de français qui manifestent les samedis depuis un mois et connaissent le support de la population qui trouve cette manifestation logique. Les médias européens autonomes et dotés de liberté d’expression diffusent ses manifestations plus ou moins fâcheuses et accompagnent ses activistes jusqu’à trouver gain de cause. Ce qui est bien loin le cas en Afrique, même s’ils essaient de changer le statu quo. Les médias africains ne s’impliquent pas autant dans  La coalition en raison d’un quelconque contrôle sous lequel ils sont soumis. Les chaines locales sont contrôlées par un lobby qui impose une ligne éditoriale à respecter.

Les pouvoirs en place ont toujours jugé ses revendications pacifiques de rebelles visant leur renversement. D’où ils étouffent la diffusion et la propagation de l’information qui peut s’avérer déstabilisante. Ces manifestations sont restreintes car elles  engendreraient le soutien d’autres activistes et l’opinion internationale. Les médias internationaux depuis des décennies essaient  d’abandonner les africains à leur sort en évitant d’être beaucoup plus enclins aux problèmes de l’Afrique.

Mais cela n’est toujours pas la raison primordiale derrière l’absence de l’appui des médias internationaux sur les marches en Afrique. Le souci de mettre en péril les  accords d’exploitation des ressources africaines à leur profit est aussi une raison qui retient les médias internationaux à ne pas trop s’infiltrer dans les problèmes des africains martyrisés.

La place de l’armée qui devrait protéger le pays contre les agressions extérieures est confondue à celle de la police vu qu’elle s’implique dans la dissolution des mouvements révolutionnaires non pas de manière pacifique, mais en tirant à bouts portant sur eux. Et les médias bien que prêts à organiser des forums live et discuter sur l’angle logique de ses manifestations se voient étouffés, interdits d’aller en profondeur car toute diffusion est sujette aux blocages des avantages mis à leur disposition et sont donc soumis au mythe d’objectivité.

Il faut reconnaitre que les mouvements de revendications en Afrique luttant contre la pauvreté sont rares. La plupart sont basés sur la lutte contre l’autoritarisme. Et leurs actions ne sont pas toujours ouvertement soutenues  par la population comme c’est le cas avec les gilets jaunes. Les forces militaires repoussent les manifestants en France sans usage de l’arme alors qu’on Afrique les  manifestants sont en perpétuel danger de mort. La liberté d’expression est tellement restreinte que les acteurs de médias qui osent, se retrouvent jetés dans la gueule aux lions d’où limitation de l’implication médiatique.

Article de la rédaction AFRIC.

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