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France : mouvement des gilets jaunes, signe d’un malaise social profond

09.12.2018
A l’approche des fêtes de fin d’années Paris la belle cité de l’art et de la culture, est plongée dans une ambiance électrique. Des images d’une rare violence, montrant des scènes d’émeutes qui s’apparentent à du vandalisme relayées par les chaines du monde entier ont présenté la semaine dernière un tout autre visage de la capitale française. Un triste tableau dont l’œuvre est attribué aux gilets jaunes, un mouvement de grogne sociale dont les dérives dénoncées par les médias n’ont pas réussi à étouffer l’origine de leurs revendications.

Ils sont issus de la classe moyenne et pauvre de la société française. Réunis au sein de ce mouvement indépendamment de tous groupe syndical ou politique, les gilets jaunes se veulent avant tout la voix de la France profonde, celle des périphéries qui subit depuis des décennies des injustices sociales qui ont contribuées à l’arrêt des services publics de proximité, à la chute des revenus agricoles, au manque de services publiques dans les villes moyennes, à l’abandon des campagnes et par-dessus tout à une baisse considérable du pouvoir d’achat.

Si dès le début la fronde est liée à la hausse de la taxe sur le carbone, elle a vite laissé place à d’autres revendications entrainant l’enrôlement dans les rangs du mouvement, des personnes dites modérées, des anarchistes et des extrémistes. En quelque semaines, les gilets jaunes sont devenus le symbole d’un peuple debout et en colère, celle de la France des oubliés, des smicards, des retraités, mais également des jeunes inquiets de leurs avenirs, fatigués de subir au quotidien et dans la résignation les angoisses causées par un système politique qui s’avère être plus proche du totalitarisme que de la démocratie.

DES MEMBRES ISSUS DE DIVERS HORIZONS

Les Gilets Jaunes n’appartiennent pas à une association syndicale particulière ni à des partis politiques précis.  Ils sont issus d’horizons complètements différents, ce qui fait leur particularité. Présent aujourd’hui dans plusieurs villes de France, ils veulent un changement radical du système politique mis en place qui fait fi des problèmes qui rendent pénible leur quotidien. Parmi eux on compte des retraités, des chômeurs, des chauffeur-routiers, quelque patrons d’entreprise, des agriculteurs, des retraités et autres simples citoyens dont le pouvoir d’achat a drastiquement baissé au fil des années. Même si on reproche aujourd’hui sa forme d’organisation, quelque peu anarchique, manquant d’un réel leadership et d’une structuration bien établie, le mouvement des gilets jaunes prend de l’ampleur et expose aux yeux du monde le visage d’une France que l’on ne connaissait pas.

 

LE DÉSIR D’UN CHANGEMENT EN PROFONDEUR DU SYSTÈME

Malgré l’annonce faite par le gouvernement de l’annulation de la taxe sur le carbone dans le budget de l’année 2019, les Gilets jaunes restent déterminés à continuer leur fronde car au-delà des revendications rendus public, la grogne des gilets jaunes est  avant tout une affaire de pouvoir d’achat , un ras le bol des injustices sociales que leur inflige l’État , dont la politique est favorable aux riches à qui ont accorde plusieurs avantages pendant que les classes pauvres et moyennes sont asphyxiées par des taxes. Les gilets jaunes veulent des conditions de vie meilleurs pour eux et leurs enfants, la hausse des salaires, la fin des injustices sociales et fiscales ainsi qu’une exemplarité de la classe dirigeante. Leur colère est la manifestation d’un désir réel de changement et d’une transformation en profondeur du système par une partie de la population qui ne veut plus être invisible.

Le gouvernement selon eux a manifesté son mépris pour l’écologie, les services publics, l’éducation, les transports, les hôpitaux et se refuse aujourd’hui à comprendre leurs détresses. Les voies légales du suffrage universel ne permettant pas de renverser ce système bien installé dans sa complaisance depuis des décennies et qui ne sait plus dialoguer, une révolution pure et simple s’impose selon les gilets jaunes.

DES REVENDICATIONS …ET LA DÉMISSION DU PRÉSIDENT

Malgré le dispositif sécuritaire impressionnant déployé par le gouvernement dans la ville de paris ce weekend et dans les régions, le rouleau compresseur des gilets jaunes est bel et bien en marche. Les milliers de manifestants massés ce samedi 8 décembre sur la place symbolique des champs Élysées appellent également à la démission du président Emmanuel Macron, présenté comme le président des riches, le symbole de la finance au pouvoir et du capitalisme exacerbé avec tout ce qu’il a de plus inique. Le représentant d’un système dont l’unique but est de se faire de l’argent et non de construire une société meilleure. Le nombre d’abstentions et de bulletins nuls qui ont sanctionné l’élection qui a porté à la tête du pays Emmanuel Macron, interpellent et expliquent en quelque sorte l’impopularité et le rejet dont il fait l’objet aujourd’hui par une partie de la population française.

Les plus grands changements sont nés des mouvements révolutionnaires dont personne ne mesurait au début l’ampleur. Les gilets jaunes qui grâce à leur fronde jouissent aujourd’hui d’une visibilité médiatique prônent un nouveau mode de gouvernance, un changement de régime, la fin d’une cinquième république à bout de souffle.

Aux vues des évènements en cours, difficile de dire jusqu’où ira ce bras de fer avec le gouvernement. Mais Au-delà des violences et des images de casse qui ont caractérisé leurs manifestations antérieures, le mouvement des gilets jaunes a mis sur la table de nouveau débats inédits. La taxe sur le Carbone semble donc n’être qu’un prétexte sur lequel le peuple s’est appuyé pour se soulever. La goutte d’eau qui a débordé du vase.

Article de la rédaction AFRIC

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