Association for Free Research and International Cooperation

Gilets jaunes ou les émeutes de la faim et de la précarité acte IV

08.12.2018
A la veille de l'Acte 4 de la mobilisation des Gilets jaunes qui s'annonce extrêmement tendue ce 8 décembre, du côté du gouvernement comme de celui des manifestants, les enjeux de cette journée sont cruciaux.

Sécurité maximale à Paris pour l’acte 4 de la mobilisation

34 personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue quelques heures avant le début de la mobilisation des Gilets jaunes, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP.

Ce sont principalement des gens venus de région, âgés d’une trentaine d’années sur lesquels ont été retrouvés des masques, des frondes, des marteaux ou des pavés qui ont été arrêtés de façon préventive sur l’infraction de «groupement en vue de commettre violences et dégradations», selon BFM.

L’Hexagone sera à nouveau sous le feu des projecteurs du monde entier ce 8 décembre avec un quatrième samedi de mobilisation à l’appel du mouvement des Gilets jaunes. Tout le pays est en alerte rouge et Paris a commencé à se barricader dès le 7 décembre. Commerces fermés, spectacles annulés, matches reportés : partout, des dispositions exceptionnelles sont prises.

Très redoutée par le gouvernement qui a reculé durant la semaine en annonçant l’annulation pure et simple de l’augmentation des taxes sur le carburant en 2019, le 5 décembre, cette journée est également déterminante du côté des Gilets jaunes.

La stratégie de maintien de l’ordre qui sera mise en place ce 8 décembre sera déterminante. Et les autorités seront jugées sur pièce. Plusieurs sources policières ont fait part de leurs grandes inquiétudes, allant jusqu’à redouter des morts pour l’acte 4.

La mobilisation annoncée des forces de sécurité implique la totalité des effectifs de police. Le Premier ministre a annoncé que 8 000 membres des forces de l’ordre seraient déployés à Paris et 81 000 autres à travers le territoire français, tous corps confondus.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a confirmé le 7 décembre un dispositif sécuritaire «de grande envergure» axé sur plus de «mobilité» et de «réactivité» pour le lendemain. Il évoque «des éléments radicaux, des factieux qui vont à nouveau tenter de se mobiliser».

Dans une interview au Parisien, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux parle pour sa part d’«éléments politisés et radicalisés [qui] essaient d’instrumentaliser le mouvement» et veulent «renverser le pouvoir». Distinguant casseurs et manifestants, il invite les Gilets jaunes à ne pas se rendre à Paris le 8 décembre, après les scènes de guérilla urbaine du 1er, notamment aux abords de l’Arc de Triomphe.

Dans les sondages, le soutien des Français aux Gilets jaunes, même s’il reste très fort, semble quelque peut s’éroder passant de près de 80% le 23 novembre, veille de la deuxième mobilisation, à 68% à 24 heures de l’acte 4, selon un sondage OpinionWay pour LCI publié le 7 décembre. Un chiffre qui reste toutefois stable par rapport à l’enquête de la semaine dernière.

L’autre enjeu pour les Gilets jaune au milieu de ce chaos annoncé est de continuer à être audibles. Volontairement horizontal, ce mouvement sans tête a jusque-là réussi la prouesse de récolter une approbation massive en faisant passer comme un seul homme le message de la souffrance d’une population à bout car en proie à une précarité toujours plus grande.

Lire l’article original ici.

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community