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le Qatar va quitter l’Opep

03.12.2018
À trois jours du sommet de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à Vienne, le ministre qatarien de l'Énergie Saad al-Kaabi a annoncé le retrait de son pays de l'organisation. La décision, qui prendra effet en janvier 2019, est fortement symbolique.

Le retrait aura un impact économique limité. Avec près de 600 000 barils produits par jour – contre près de 10,5 millions pour l’Arabie saoudite – le petit émirat est loin des poids lourds du secteur. Il est tout simplement le plus petit exportateur des pays membres de l’Opep. Ses réserves sont modestes, le Qatar s’appuyant surtout sur son immense potentiel gazier (troisième réserves mondiales, premier exportateur mondial) pour financer son économie.

Cette surprenante décision revêt une forte connotation symbolique. Membre depuis 1961, le Qatar avait été le premier pays à rejoindre l’institution dans la foulée des cinq fondateurs (Arabie saoudite, Iran, Irak, Koweït et Venezuela). Il est cependant le premier État moyen-oriental à la quitter.

Les raisons de cette décision

En froid prolongé avec Doha, Riyad, qui dirige de fait l’Opep vu son poids sur le marché mondial, a depuis quelques semaines orienté la production à la hausse pour faire baisser au forceps le prix du baril, suite aux demandes répétées de Donald Trump. Après avoir atteint plus de 75 dollars début octobre, le prix du baril est ainsi redescendu à 53 dollars aujourd’hui. Les décisions de l’Opep sont donc intrinsèquement liées aux objectifs politiques saoudiens, ce qui ne passe pas toujours auprès des autres pays exportateurs, notamment l’Algérie – où le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane est en visite depuis dimanche 2 décembre.

En se retirant de l’Opep, Doha signifie ainsi qu’elle n’entend pas demeurer au sein d’une institution dominée par son voisin hostile. « Il y a le sentiment au Qatar que la domination saoudienne sur les institutions régionales a entravé les objectifs de développement du Qatar. C’est pour l’émirat l’occasion de s’affirmer comme un marché indépendant et de se libérer des interférences extérieures. Le blocus de ses voisins a rendu cette décision possible », analyse Andreas Krieg.

Le poids de l’Opep sur les cours mondiaux s’est trouvé relativisé ces dernières années par l’intégration dans le top 10 d’États exportateurs non membres, dont la Russie, le Canada et le Kazakhstan. Les États-Unis, premier consommateur et devenu en quelques années le premier producteur mondial, sont également moins dépendants du pétrole saoudien.

Lire original de cet article ici.

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