Association for Free Research and International Cooperation

Impacts sur l’environnement de la pauvreté

27.11.2018
Comme Indira Gandhi le dit, la pauvreté est la « pire des pollutions »La pauvreté et la dégradation de l’environnement cohabitent de plus en plus souvent dans le monde et chacun de ces problèmes peut, à tour de rôle, devenir la cause de l’autre. La majeure partie de la population mondiale grandira dans les villes des pays en développement et sera confrontée à des enjeux immenses (habitat, alimentation, santé, éducation, etc.). Si la population mondiale atteint 10 milliards d’humains en 2050, dont près de 2 milliards en Afrique, les demandes et les besoins auront également augmenté, obligeant les sociétés à s’adapter et à définir de nouveaux modèles de développement et de croissance. Celles-ci devront de plus en plus faire appel à une utilisation rationnelle des ressources et développer une économie sobre en carbone.

IMPACTS DE LA PAUVRETÉ SUR LA DÉGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT

La dégradation des sols dus à l’érosion, l’utilisation ou l’abus de produits chimiques, le sur-pâturage, ou la salification résultant d’une mauvaise gestion des ressources en eau entraîne une perte dans le revenu des petits agriculteurs et les condamnent à la pauvreté. La pauvreté mène à la déforestation, du fait d’une utilisation peu judicieuse du bois et des autres ressources nécessaires à la cuisine, au chauffage, à la construction de maisons et à la fabrication d’objets. La déforestation prive les plus vulnérables en ressources essentielles, accélérant le processus qui lie pauvreté et dégradation de l’environnement.

La pollution de l’eau et de la terre ne détruit pas seulement les atouts économiques, elle menace la santé des habitants. La pollution de l’eau, qui provient d’un manque d’information sur une bonne gestion de cette ressource, aboutit à la stérilisation des terres. Elle met en danger les pêcheries, est à l’origine du développement de certaines maladies, et ce sont les pauvres qui souffrent le plus des conséquences qu’elle engendre.

Champs de Baobab Madagascar ,

La pauvreté confine souvent les pauvres des zones rurales sur des terres à faible rendement, ce qui contribue à une accélération de l’érosion des sols. Par manque de ressources, les quartiers urbains pauvres ne peuvent organiser le ramassage des ordures, et leur accumulation est à l’origine de la détérioration de la  santé des habitants. Une mauvaise utilisation des ressources énergétiques conduit au gaspillage et à une augmentation du coût de l’énergie à un niveau qui la rend inabordable pour les pauvres. Tout écosystème est défini par un territoire mais aussi par les moyens de reproduction des structures fondamentales dont il dispose : la matière comme les organismes vivants (animaux et végétaux) présents sur un territoire interagissent et sont étroitement dépendants des uns et des autres pour leur survie.

Au-delà de ce fonctionnement initial symbiotique, tout écosystème se montre, par ailleurs, capable de survivre à des altérations et des perturbations de ses structures, de les corriger et de revenir à son état initial. Cette capacité d’adaptation et de correction est désignée sous le terme de résilience. Les populations humaines interagissent avec ces écosystèmes, et leur propre capacité à absorber les chocs naturels (tempêtes, inondations, sécheresses…) ou anthropiques (pollutions, incendies, explosions, contaminations…) dépend étroitement de cette résilience naturelle. Si les chocs, naturels ou non, deviennent trop fréquents, si les activités humaines modifient trop profondément les structures de reproduction de l’écosystème, le retour à l’état initial devient impossible. La désertification ou la salinisation des terres correspondent ainsi à des états où la capacité de résilience des écosystèmes a été dépassée.

SOLUTIONS POSSIBLES

L’accès universel à l’éducation de base et à la formation professionnelle, la diffusion d’une information auprès des communautés sur des méthodes agricoles appropriées, la gestion des déchets, la gestion des ressources naturelles, la protection des côtes, la gestion des ressources en eau, et la gestion des pêcheries sont essentielles à la réduction de la pauvreté et à la limitation de ses effets sur l’environnement. Les mesures prises pour arrêter la déforestation et les programmes de reboisement peuvent garantir une meilleure utilisation des ressources naturelles en faveur des pauvres.

La production locale à faible coût de chaudières et d’appareils culinaires qui consomment peu d’énergie devrait réduire considérablement les dépenses d’énergie des ménages défavorisés tout en protégeant l’environnement. La coopération internationale est nécessaire pour remplacer les technologies de production nuisibles à l’environnement par d’autres la respectent et pour prendre soin du patrimoine commun. Soutenir les municipalités et les organisations communautaires, en particulier en ce qui concerne la gestion des déchets, peut créer des emplois et réduire la pression qui s’exerce sur l’environnement.

Article de la rédaction AFRIC.

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