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Le rotin : une industrie qui a le vent en poupe

23.11.2018
Longtemps sollicité en Afrique par des personnes à faibles revenus, le mobilier en rotin aujourd'hui cartonne. Grace à la tendance qui vise à valoriser les matières naturelles, sa notoriété va de nos jours au delà du continent noir où sa valeur marchande a considérablement évoluée ces dernières années .Attractifs, pratiques et confectionnés à la main par des artisans qui en ont fait leur métier, les meubles en rotin présentent de plus en plus des formes variés.

La créativité dont font preuve les vanniers , a donné lieu à une variété d’accessoires  plus somptueux ,  aboutis et  raffinés .Un savoir faire qui s’est amélioré d’années en années et qui  fait désormais des   meubles en rotin des produits de luxe , haut de gamme convoités  par toutes les couches de la société. Les populations qui auparavant étaient plus attirées par des salons en velours ou en cuir sollicitent de plus en plus les meubles en rotin  pour la décoration de leurs intérieurs. La clientèle qui accoure  auprès des vanniers est issue de divers horizons, car le mobilier en rotin n’attire pas uniquement la population locale mais également des expatriés et des touristes. Les  pays africains où l’industrie du rotin  a le vent en poupe gagneraient à la rendre plus formelle  .car s’il  prospère dans les grandes villes africaines  ce secteur d’activité qui fait vivre plusieurs ménages est encore géré  de manière anarchique avec des outils rudimentaires.

LE ROTIN : UNE LIANE SAUVAGE DE LA FORET ÉQUATORIALE

Le rotin est une liane sauvage que l’on retrouve dans les forets d’Afrique équatoriale mais également en Asie et en Amérique du sud .La longueur de ce palmier pourrait aller de 100 à 150 mètres. Cette fibre naturelle avant d’être transformée pour donner des meubles magnifiques, est coupée par des paysans dans les forêts puis vendue aux artisans dans les villes.

Au Cameroun les vanniers estiment le mètre d’une liane à 700 francs CFA soit 1 euros. Pour la confection d’un salon 06 mètres de lianes s’avèrent suffisantes selon ces derniers. Transformer ces lianes sauvages en de somptueux meubles n’est pas chose aisée .Les vanniers travaillent généralement à la chaine. Ils ont besoins en moyenne de deux semaines pour fabriquer un salon de cinq places. Afin de répondre aux gouts de la clientèle qui réclament des meubles de plus  en plus sophistiqués et modernes, les vanniers travaillent en collaboration avec des tapissiers et des couturières pour l’habillage la décoration et la confection des  coussins. Les meubles et accessoires en rotin sont rentables si l’on prend en compte le prix d’achat des lianes dans leur état brut. Les prix des  paniers et corbeilles varient entre  2 à 5 euros tandis que les salons eux vont de 120  à 400 euros et parfois plus pour les plus somptueux.

UN SECTEUR RENTABLE MAIS MAL ORGANISE 

La vannerie est une activité qui nécessite un  savoir-faire réel. La précision et la justesse des gestes  sont également de mise  puisque ce travail  se fait manuellement. Malgré la modernisation des meubles en rotin qui s’adaptent de plus en plus  aux intérieurs contemporains tout en offrant de nouvelles formes de design,  les acteurs du métier évoluent dans une anarchie due  aux laissez- aller qui caractérise ce secteur.  Les ouvriers pour la plupart utilisent  des outils rudimentaires, sans mode de protection, ils travaillent le long des  axes routiers qui  servent en même temps d’ateliers et de lieux d’exposition de leurs marchandises.

La plupart des vanniers apprennent ce métier sur  le tas sans passer par des centres de formations qui pourrait pourtant perfectionner cette activité. La connaissance des techniques de travail se véhicule parfois dans le milieu familial où au sein d’un cercle d’amis qui travail en synergie et se partage les revenus issus de la vente des articles. Malgré cela, les ouvriers font preuve d’un véritable sens artistique et de beaucoup d’imagination pour transformer les lianes achetées auprès des villageois  en salon somptueux et objets de décoration. Ils sont à l’affut des nouvelles tendances en ce qui concerne l’immobilier,  s’approprient des catalogues de décoration  d’intérieur  pour arrimer leurs meubles au gout du jour.  Mais tous ces efforts ne suffisent pas car ce secteur pour être davantage rentable à besoin d’une réelle organisation et prise en charge par les pouvoirs publics puisqu’il permet à plusieurs jeunes d’en faire leur gagne-pain.

Favoriser la réduction de la pauvreté grâce à la valorisation du bambou et du rotin telle est d’ailleurs l’une des initiatives que s’est fixée  l’organisation Internationale de recherche sur le bambou et le rotin (INBAR), lors de sa création en  1997 en Chine.

RENFORCER LA CULTURE DU BAMBOU ET DU ROTIN UN COMBAT QUE MENE L’INBAR

L’organisation Internationale de recherche sur le bambou et le rotin (INBAR), depuis sa création il y a 21 ans milite pour une meilleure prise en charge de la filière Bambou. Au total une vingtaine de pays africains sont membres de cette association, parmi lesquels le Kenya,  le Mozambique, l’Éthiopie, le Cameroun et Madagascar. L’INBAR qui est affiliée auprès de l’Organisation des Nations Unies, fournit à ses États membres  des informations relatives aux  transferts de  technologies pour promouvoir la culture du bambou et du rotin ainsi qu’à l’établissement de politiques visant à développer et à mieux rentabiliser ce secteur. A travers ses multiples activités, cette organisation travaille pour améliorer  les conditions de  vie des personnes  qui tirent leurs revenus du bambou et du rotin  et à la protection de l’environnement et de la biodiversité.

Les pays d’Afrique centrale ont un  grand  potentiel en matière de rotin et de bambou. Cependant cet immense potentiel reste encore  inexploité à cause du manque d’information mais aussi d’engagement fermes des  pouvoirs publics qui peinent  à instaurer une véritable politique de promotion du développement des ressources naturelles.

D’après l’INBAR le marché mondial de  l’industrie du Bambou et du rotin représente 60 milliards de dollars. L’organisation qui milite pour la promotion et le développement de ce secteur croit dur comme fer que les pays africains peuvent tirer profit de cette manne qui représente une solution réelle face à certains  défis majeurs auxquels font face de nombreux pays africains en matière de pauvreté et de ressources naturelles. L’organisation va plus loin et soutien que cette industrie si elle est bien gérée est susceptible de  devenir  dans le futur, le  pilier indispensable d’une  économie verte  en Afrique.

Article de la rédaction AFRIC.

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