Association for Free Research and International Cooperation

Pourquoi la zone CEMAC est la moins intégrée ?

15.11.2018
La communauté économique et Monétaire des États de l’Afrique Centrale (CEMAC) instituée le 16 mai 1994 est la zone monétaire la moins performante à comparer avec l’Union économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Ce retard est dû aux non applicabilités des décisions prises par les six sous-régions qu’elle compte notamment la RCA, le Tchad, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun et la Guinée Équatoriale.

24 ans après son établissement, rien ne semble marquer la différence entre l’ancienne UDEAC et l’actuelle CEMAC vu ce que l’on espérait de cette transformation. Des lois ont été votées, des décisions ont été prises, mais à peine sont-elles appliquées et respectées. Tout semble aller en ralenti dans la région avec les accords signés pas totalement mis en œuvre. La volonté des chefs d’Etats à faire fonctionner les lois juridiques et administratives est presque inexistante. A cela s’ajoutent plusieurs autres facteurs dont l’économie.

LES PROFILS D’ÉCONOMIES POSENT PROBLÈME

Le plus grand défi de la zone CEMAC se trouve au niveau des ressources naturelles notamment pétrolières. A cause du manque de consommateurs immédiats le Gabon et le Congo, détenteurs de pétrole exportent  et vendent vers l’extérieur. Par manque de raffineries dans les sous-régions, il n’y a pas  d’échange, pas de transformation, il n’y a pas d’harmonisation de l’économie. Aucune industrie n’est créée et cela pose un problème de chômage au sein des populations de ces états.

Le  Cameroun Pays le plus performant de la zone CEMAC, présente  une économie diversifiée avec de nombreuses implantations étrangères et nationales. Les activités sont variées et le pays compte plusieurs industries opérant dans la sucrerie, la savonnerie la minoterie, et la cimenterie et les produits sont consommés dans toute la sous-région. Les  autres activités sont dans le secteur forestier où la transformation du bois se fait de plus en plus.

LA LIBRE CIRCULATION N’EST PAS EFFECTIVE

La libre circulation des personnes et des biens n’est pas encore effective dans toute la zone. Les dispositions institutionnelles et juridiques ratifiées en 2013 stipulent que tout ressortissant de l’un des six Etats détenteur d’un passeport CEMAC ou d’une carte d’identité peut circuler sans problème dans toute la zone, mais cela reste mitigé dans certaines régions. Le Congo le Tchad et la RCA ont  déjà amorcé la mise en œuvre  de ces  mesures prises ; Cependant le Gabon le Cameroun et la Guinée Équatoriale ont encore du mal à réellement lever les barrières.

Le Gabon avec une population peu nombreuse restreint encore l’entrée des camerounais  sur son territoire, de même pour la Guinée Équatoriale. Ce qui empêche les échanges commerciaux et freine l’industrialisation. Jusqu’en décembre 2016, le Gabon continuait de taxer le visa électronique aux congolais au coût de 30.000 FCFA.

La corruption à fait son lit au niveau des frontières. Les policiers extorquent l’argent des populations qui payent des frais sans motif à chaque corridor. Les autorités informées de ce qui se passe ne réagissent pas, ne font pas le suivi des lois établies et cela fait preuve de manque de volonté à faire avancer les choses.

MANQUE  D’INFRASTRUCTURES CONJOINTES

Il ne peut pas y avoir de développement sans infrastructures nécessaires notamment dans la circulation des marchandises sur la voie routière. Le mauvais état des routes et les conditions pénibles de voyage ne permettent pas de circuler aisément. La CEMAC ne dispose d’aucune ligne de transport en commun alors  qu’en CEDEAO, la société STC appartenant  au Ghana relie ses quatre voisins.

Le manque de structures médicales et scolaires retarde également l’intégration de la CEMAC. Par manque d’hôpitaux adéquats, les peuples sortent de la zone pour les soins. Les études sont plus fiables en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique Centrale dont notamment l’apprentissage de la langue anglaise au Ghana ou en Afrique du Sud.

Le manque de volonté des dirigeants à profiter des avantages qu’il y’a dans la zone afin de booster les choses pose un sérieux problème de développement. Il n’existe vraiment pas de coopération entre les Etats car après les assises, tout passe quasiment dans les oubliettes. On vote des lois qu’on n’applique pas et l’ancienneté de certains présidents au pouvoir fait que la région soit sous développée du fait que les projets de société sont les mêmes, il n’y’a  pas d’innovation.

CONTRASTE AU REGARD D’AUTRES ZONE

Pendant ce temps, l’UEMOA  en raison de ses matières premières facilement transformables prend le dessus avec un échange en grande quantité des produits entre les États et la croissance est remarquable. Le Nigéria leader dans la zone a les plus grandes industries de fabrication et vend dans la zone économique. Bien que le taux de change pose problème, l’arrivée d’une monnaie unique prévue pour 2020 facilitera l’achat-vente.

Les infrastructures dans la CEDEAO évoluent à la vitesse de croisière. Les pays de l’UEMOA disposent de plusieurs échangeurs, de nouvelles routes et le trajet Bénin-Ghana en est une preuve (absence de nids de poule, libre circulation des ressortissants) même si à la sortie du Bénin la police douanière joue quelques fois les extorqueurs au vu des nouveaux pratiquants de la route.

Malgré ses efforts appréciables, l’UEMOA et certains investisseurs visent à promouvoir davantage  l’investissement infra-structurel dans le transport en 2020 afin de créer l’interconnexion entre les communautés. La CEDEAO nourrit l’ambition d’accroître les échanges nitra-communautaires pour atteindre le seuil de 40% en 2030.

Alors qu’on On parle de municipalisation accélérée en zone urbaine CEMAC mais rien n’est visiblement  au regard des voisins. Le Congo nous parle d’émergence en 2025 avec la création d’emplois alors que le Cameroun visionne de devenir pays émergent en 2035 dans l’objectif de réduire la pauvreté, atteindre le stade de nouveau pays industrialisé, consolider le processus démocratique et l’unité nationale dans le respect de la diversité.

Article de la Rédaction AFRIC.

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