Association for Free Research and International Cooperation

Kémi Séba, figure du panafricanisme contemporain

13.11.2018
Apprécié pour sa franchise, et son franc parlé Kémi Séba s’est révélé ces dernières années comme étant l’un des plus farouches défenseurs de la cause noire. Que ce soit sur les questions économiques ou politiques qui impliquent la souveraineté des États africains, l’activiste béninois de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capochichi, ne fait pas dans la langue de bois lorsqu’il faut dénoncer avec hargne les maux qui freinent le développement du continent. Son combat, celui d’une Afrique libérée des chaines du néocolonialisme et de l’impérialisme des temps modernes, Kemi Séba le mène avant tout pour l'indépendance politique et monétaire de son peuple. Souvent stigmatisé du coté de l’hexagone où son engagement fait grincer des dents, il reste pour ceux qui ont épousé le combat de Patrice Lumumba et Thomas Sankara l’une des figures majeures du panafricanisme contemporain.

URGENCES PANAFRICANISTES UN MOUVEMENT AUX NOBLES IDEAUX

C’est à travers son mouvement urgence panafricaniste dont le siège est basé à Cotonou au Benin, que Kemi Séba mène ses différents combats pour la valorisation du noir. Cette structure dont il est le président  a été fondée au Sénégal et se veut avant tout un mouvement citoyen qui prône  la lutte contre l’asservissement du peuple noir. La plupart des membres  faisant partie du bureau politique et du conseil des sages vivent sur le contient africain. Le mouvement qui articule son combat autour de l’indépendance  totale du continent noir, s’oppose à  toute ingérence étrangère dans les affaires du continent africain  que ce soit sur le plan financier, politique, monétaire, militaire ou même culturel. Pour que l’Afrique soit totalement émancipée il  faut selon l’ONG fondé par Kemi Séba qu’elle assume entièrement son destin et rompt le jouc de l’assistanat perpétuel. Ce qui implique la fin du franc CFA héritage du colonialisme, la  suppression des bases militaires occidentales implantées dans les pays africains et qui violent la souveraineté de ces derniers et le rejet de tout envahissement de la culture africaine par des mœurs étrangères. Pour l’organisme, aider l’africain à être maitre de son destin n’implique pas forcément une rupture totale avec le monde qui l’entoure, mais un refus catégorique  de toute soumission passive à la mondialisation. Au lieu de se laisser envahir, l’Afrique devrait plutôt  s’ouvrir à toute coopération fructueuse avec le monde extérieur tout en préservant  son autonomie.

S’il  reste fermement attaché aux valeurs culturelles africaines, le mouvement Urgences Panafricanistes encourage l’unité des peuples africains en dépit de leurs aspirations religieuses. Il s’oppose à la discrimination aux motifs religieux et linguistiques qui a favorisé des guerres fratricides sur le continent ces dernières années.

Emanciper le peuple africain passe nécessairement par une prise de conscience de ses valeurs,  de son patrimoine et  de son potentiel, ce que l’association s’attelle à faire à travers une série de conférences, de  colloques et  débats qu’elle anime  chaque année. Et sa cible préférée reste la jeunesse africaine appelée à jouer de sa partition dans ce combat.

LA LUTTE CONTRE LE NEOCOLONIALISME

Le combat de Kemi Seba contre le néocolonialisme fait également de lui un anti Françafrique. Ce système établi depuis des décennies entre la France et ses anciennes colonies du continent notamment celles d’Afrique subsaharienne est dénoncé par l’activiste béninois qui appelle les états africains à se désolidariser de cette alliance incestueuse dont les conséquences sur le continent sont néfastes.  Ce lien occulte qui persiste d’année en année n’a selon  lui rien apporté à l’Afrique  si non des interventions militaires stériles  (Nord du Mali , RCA) des assassinats d’hommes  politiques ,  des liens financiers douteux entre dirigeants africains et élites politiques françaises et la main basse des multinationales françaises sur les ressources minières africaines. Kemi Seba dans sa lutte contre le néocolonialisme milite pour une rupture totale avec ce système qui n’est autre que la matérialisation de la domination française et qui permet en toute légitimité à Paris  de continuer à piller l’Afrique. Un système d’exploitation bien pensé  qui  a érigé la France au rang des pays les plus développés du monde.

LA LUTTE CONTRE LE FRANC CFA

Le combat de Kemi Seba contre le FCFA a beaucoup fait parler ces derniers temps. L’activiste anti Françafrique  a défrayé la chronique l’année dernière, lorsque lors d’un rassemblement à Dakar au Sénégal il a brulé un billet de 5000 FCFA. Un geste symbolique visant à dénoncer cette monnaie que la figure du radicalisme noir présente comme  un « scandale économico-politique d’ordre colonial ». Même si cet acte lui a valu une arrestation  suite à la plainte de  la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) et plus tard une comparution à un tribunal de Dakar, Kemi Seba a reconnu plus tard n’avoir aucun regret quand à son geste qui selon lui s’inscrit dans le cadre d’une révolte contre « l’aliénation monétique de la France ».

En réduisant en cendre 5000 FCFA, Kemi Séba a également permis au monde de prendre conscience de sa lutte contre l’aliénation du peuple noir et de son asservissement par l’ancien colon. Son incarcération jugé par plusieurs africains d’injuste et disproportionnée a donné lieu à une série de  manifestions par des mouvements et associations également engagés dans la lutte contre le FCFA et  la création d’une monnaie de substitutions propres aux nations qui l’utilisent.

La question de la souveraineté économique des pays de la zone FCFA dont la politique monétaire reste étroitement liée au trésor français est sources de débats houleux en Afrique. Sur le continent, journalistes,  hommes politiques, chefs d’Etats, économistes et membres de la société civile se montrent de plus en plus préoccupés par l’impact de cette monnaie sur l’avenir économique de l’Afrique. Le débat prend de l’ampleur et s’étend des plateaux de télévisions aux chaumières, preuves que le combat mené par des activistes comme de Kemi Séba a trouvé des échos universels et n’est pas prêt de  s’arrêter de si bon chemin.

Article de la rédaction AFRIC.

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