Association for Free Research and International Cooperation

Etats-Unis : La politique protectionniste de Trump a-t-elle rendu à l’Amérique sa grandeur ?

03.04.2020
Article de la rédaction AFRIC
En se portant candidat pour succéder à Barack Obama, Donald Trump avait battu campagne sur le principe du « America first », idéologie duquel il avait tiré son fameux slogan « Make America Great Again », (rendre l'Amérique à nouveau grande). Avec cette phrase mythique, le candidat républicain avait drainé des foules et ravivé l’espoir d’une Amérique de nouveau puissante sur la scène mondiale. Le projet du milliardaire américain passait par une redynamisation de l’économie américaine à l’heure ou des pays comme la Chine imposent de plus en plus leur leadership sur la scène mondiale. Pour passer du discours à l’acte, le candidat républicain une fois élu a adopté une politique commerciale protectionniste et un isolationnisme dans sa politique étrangère qui a beaucoup fait jaser même au sein de sa propre famille politique. Alors qu’il souhaite renouveler son bail à la maison blanche, de nombreux économistes soutiennent que la formule du 45e président américain a largement profité à l’économie de son pays…du moins dans de nombreux secteurs avant que ne surviennent le sombre chapitre de la crise sanitaire causée par le COVID-19.

Des résultats satisfaisants à la mi-mandat

Les mesures économiques adoptées sous l’ère Trump ont vite commencé à porter des fruits. Alors qu’on atteignait la moitié de son mandat de quatre ans, l’Amérique dirigé par ce dernier bénéficiait déjà d’indices économiques plutôt flatteurs. C’est d’ailleurs sur cette note satisfaisante que le président Trump à surfer pour battre campagne lors des élections des deux chambres du Congrès des États-Unis qui se tiennent au milieu du mandat.

Emplois en hausse et chômage en baisse

En novembre 2018, les Etats-Unis affichaient un taux de chômage de 3,7 %, soit leur niveau le plus bas depuis 18 ans. Avec une inflation maîtrisée, des salaires en hausse, des postes à pourvoir supérieurs au nombre de chômeurs, le dynamisme économique qu’affichent les Etats-Unis à la veille des « midterms » était impressionnant. Selon une recherche menée à cette période par le Conference Board, près de 43% des personnes interrogées soutenaient qu’il y a plus d’aisance à trouver du travail aux Etats-Unis.

Dans cette même logique, le site d’information belge www.rtbf.be  révèle qu’environs 193.000 emplois ont été créés entre 2018 et 2019 par l’économie américaine. Un retour à l’emploi notoire qu’on retrouve tant chez les blancs que les minorités (noirs, hispaniques). Dans sa politique visant à booster l’emploi, Donald Trump a bénéficié du soutien de sa fille Ivanka Trump militante d’une meilleure intégration de la gent féminine dans le marché du travail.

Hausse du PIB 

 Le PIB des Etats-Unis estimé durant la dernière année du mandat de Barack Obama à 1,5 % a atteint 2,3 % lors de la première année de prise de pouvoir de Trump. Pour les détracteurs de Trump, cette économie florissante n’est autre que le résultat de la bonne gestion de Barack Obama, chose que le milliardaire américain rejette revendiquant mordicus la paternité de ces indices économiques inédits dans l’histoire des Etats-Unis.

Arrivé au pouvoir le 20 Janvier 2017, Donald Trump dès sa prise de fonction a commencé à multiplier les décrets présidentiels dans plusieurs domaines dont l’environnement. Il est également l’initiateur d’une série de réformes fiscales ayant conduit à la réduction d’impôts des sociétés (35% à 21%) et sur les revenus des nantis. Au niveau du commerce, les deux premières années de gouvernance de Trump se sont également traduites par des avancées significatives. Les exportations sur cette durée ont connu une augmentation de 9,3% et les investissements une progression de 7,2 %. Le profil du 45e président américain, un milliardaire du monde des affaires, a également contribué à la confiance à Wall Street. Trump à la mi-mandat a déjoué les pronostics de ceux qui n’avaient pas cru en lui notamment l’économiste américain Paul Krugman qui avait déclaré que « si Trump est élu, l’économie américaine va s’écrouler et les marchés financiers ne vont jamais s’en remettre ». 

Ruptures de nombreux consensus internationaux 

Au sujet de sa politique internationale, Trump a opté pour le repli des Etats-Unis en rompant de nombreux accords multilatéraux, internationaux et régionaux. L’un des plus retentissants est celui sur le climat résultant de la COP 21 de Paris paraphé en 2015 sous l’ère Obama. Lorsqu’en 2017 Trump surprend le monde en retirant son pays de cet accord sur le climat, il le qualifie de « désastre et de tueur d’emplois ayant imposé un fardeau économique et injuste aux Etats-Unis ». Signé sous la présidence d’Obama, l’accord de Paris engageait les Etats-Unis 2e plus gros pollueur au monde après la Chine à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pour justifier sa posture malgré les critiques émanant de partout, le locataire de la maison blanche avait rappelé avoir été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas Paris. Sa décision visait ainsi avant tout à protéger la domination et l’indépendance énergétique américaine ainsi que les emplois du secteur fossile. Lors d’une conférence de presse le 24 octobre 2019, à Pittsburgh au sujet de l’énergie, Trump avait affirmé que « les restrictions réglementaires excessives de l’accord de Paris aurait entraîné la fermeture de nombreuses firmes américaines d’énergie à tout en permettant aux producteurs étrangers de polluer en toute impunité ».

Dans son plan de rupture d’accords internationaux visant à préserver les intérêts américains, Donald Trump a également décidé de militer la participation des Etats-Unis aux sein des opérations de maintien de la paix de l’Onu et de suspendre tout soutien financier américain aux programmes mondiaux d’avortement.  Le tonitruant milliardaire dans sa politique étrangère basé sur l’isolationnisme s’est également attaqué à la l’Alliance atlantique qui selon lui coûte une fortune aux Etats-Unis.

Soutenant que dans un entretien au Washington Post que « le concept de l’Otan est bon, il a dit regretter que son pays soit contraint de payer des milliards voir des centaines de milliards de dollars pour soutenir d’autres pays qui sont en théorie plus riches que les Etats-Unis. De ce fait, il a exigé que la répartition des coûts soit changée et que les autres membres de l’Otan augmentent leurs dépenses militaires. Une doléance approuvée par l’alliance militaire.

Le protectionnisme de Trump, une inspiration pour l’Afrique

Les pays africains peuvent s’inspirer de la politique protectionniste de Trump qui a porté des fruits afin de mieux défendre leurs intérêts dans un environnement économique mondial où ils sont de plus en plus convoités par des grandes puissances.  Bien que souvent critiqué par les médias, Donald Trump compte sur le continent noir des admirateurs qui apprécient le travail qu’il a abattu pour remettre sur les rails l’économie américaine. Au premier rang de ceux-ci, le président ougandais Youweri Museveni. Au fort du tollé créé par les propos attribués à Trump au sujet des « pays de merde », indexant l’Afrique, Tahiti et Salvador, Youweri Museveni avait estimé que son homologue américain a été « franc » avec les Africains.  « L’Amérique a l’un des meilleurs présidents de tous les temps. M. Trump. J’aime Trump », avait-t-il affirmé, ajoutant « J’adore Trump parce qu’il parle franchement aux Africains. Je ne sais pas s’il a été mal cité ou quoi que ce soit, mais quand il parle, je l’aime parce qu’il parle franchement (…). Si vous regardez l’Afrique, l’Afrique fait douze fois la taille de l’Inde, en termes de superficie, beaucoup de ressources, et sa population est en croissance. Pourquoi ne pouvons-nous pas rendre l’Afrique forte? ».

L’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), susceptible de doter l’Afrique d’un marché de plus d’1,2 milliard de consommateurs, la mise sur pied d’une monnaie unique baptisée ECO, voulue par quinze pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont autant d’éléments qui prouvent que l’Afrique aborde cette nouvelle décennie avec le désir de mutualiser ses forces pour mieux prendre en main son destin faisant de l’émancipation de son économie sa priorité.   Dans son rapport AFRICA 2040 VISION FOR THE FUTUR, élaboré à la suite de sa réunion tenue le 30 juillet 2019 à Berlin, en Allemagne, l’association pour la recherche libre et la coopération internationale (AFRIC), soutient que les pays africains ont encore d’énormes défis à réaliser pour asseoir leur économie raison pour laquelle il est important pour eux de créer un cadre de politique monétaire commun fort et indépendant s’ils veulent renforcer les investissements sur le continent.

Donald Trump est certes arrivé au pouvoir à un moment où l’économie américaine avait déjà connu un certain assainissement par l’administration de son prédécesseur, qui lui a hérité d’un pays en proie à une profonde récession résultante de à la crise financière de 2008. Mais il faut lui reconnaître le mérite d’avoir permis que cette croissance se poursuive afin de produire des résultats inédits dans l’histoire économique des Etats. Malgré les méthodes chaotiques qui lui sont reproché, il a réussi à redynamiser l’économie américaines bien que son bilan économique a quelques mois de la fin de son premier mandat soit quelque peu terni par les méfaits du coronavirus. 

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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