Association for Free Research and International Cooperation

L’agriculture, pour vaincre la Sous-Alimentation en Afrique

26.10.2018
Selon l’UNICEF sur les 16000 enfants de moins de 5 ans qui décèdent chaque jour dans le monde, la moitié sont victimes de malnutrition et de sous-alimentation. Les pays africains tels que le Nigeria, le Soudan du Sud et la Somalie où sévissent depuis des années des conflits armés sont ceux qui sont les plus touchés par les décès récurrents d’enfants à bas âge des suites de malnutrition aiguë. Au delà des zones en conflit, la malnutrition est un fléau qui touche l’Afrique .Malgré les mesures prises par les gouvernements et organismes internationaux, le nombre de personnes victimes de la sous-alimentation est en hausse sur le continent. La Zone la plus touchée selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est l’Afrique subsaharienne. Une situation qui contraste avec le potentiel agricole de l’Afrique qui détient pourtant 60% des terres arables et non exploitées dans le monde.

L’INSECURITE ALIMENTAIRE DE PLUS EN PLUS MENAÇANTE

La célébration le 16 octobre dernier de la journée mondiale de l’alimentation a été l’occasion pour le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de tirer la sonnette d’alarme sur l’insécurité alimentaire qui sévit en Afrique où  224 millions de personnes font face à la sous-alimentation.  Le réchauffement climatique et ses nombreuses conséquences que sont la sécheresse et les inondations ont fragilisés le rendement des récoltes notamment dans la région du  Sahel. A cela s’ajoutent les conflits armés sources de déplacements massifs des populations. Le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), fait état de  2,4 millions de personnes ayant fuis leurs domiciles depuis le déclenchement en 2009 de la crise au Nord du Nigeria par la secte islamiste Boko Haram.

L’insécurité alimentaire que connait l’Afrique est préoccupante selon la FAO compte tenu de l’évolution démographique du continent qui d’ici 2030 aura une population estimée à 1,7milliard d’âmes. Selon l’organisation onusienne, il est donc plus qu’urgent de trouver des voies et moyens pour éradiquer la famine et l’insécurité alimentaire en Afrique. La nécessité  de mettre sur pied des politiques agricoles majeurs s’imposent ici pour que l’Afrique puisse connaitre  l’autosuffisance alimentaire.

L’AGRICULTURE, UN SECTEUR QUI FAIT FACE A DE MULTIPLES  PROBLÈMES

Alors que l’Afrique a en sa possessions d’immenses terres arables elle peine encore à nourrir ses populations et dépend énormément de l’importation de produits alimentaires de base tels que le riz dont elle est devenue une grande consommatrice et importatrice. Pourtant, le continent pourrait tirer profit de ce marché en plein essor dominé par la Chine, l’Inde, la Thaïlande.

Si elle contribue à l’emploie de 65 % de la population africaine l’agriculture nécessite l’accompagnement des pouvoirs publics qui doivent garantir la protection des marchés, des prix de vente, l’accès aux crédits et l’adoption de politiques foncières bénéfiques pour les agriculteurs. De plus, pour rentabiliser les productions agricole, l’Afrique doit former davantage ses agriculteurs aux connaissances et pratiques modernes car  bien souvent les niveaux d’éducation et de formation de ces derniers  sont faibles. Malgré l’évolution de la technologie l’agriculture dans la plupart des pays africains reste une agriculture de subsistance donc largement traditionnel. Moderniser l’agriculture en mettant l’accent sur l’industrialisation, pourrait permettre d’accroitre les rendements.

Ce n’est pas en usant d’outils rudimentaires d’un autre âge que l’Afrique réussira à nourrir ses centaines de millions d’habitants. La Banque mondiale attire l’attention sur la nécessité d’une agriculture industrialisée en Afrique qui selon elle pourrait aider les populations à quitter le seuil de la pauvreté. La FAO soutient également qu’industrialiser l’agriculture reste une des solutions majeures pour le développement et la rentabilité de ce secteur. L’utilisation des intrants s’avère aussi important pour le continent qui n’utilise que 10 kg d’engrais par hectare alors que la moyenne dans le monde est de 102 kg par hectare.

La saisie de terres arables vendues à des grandes multinationales au détriment des riverains est un autre mal qui affecte l’agriculture en Afrique. Le phénomène prend de l’ampleur. Pour pallier aux besoins alimentaires de leurs populations plusieurs grandes compagnies étrangères en quête de terres fertiles affluent sur  le continent africain.  Résultat,  des grandes surfaces cultivables sont arrachées aux cultivateurs autochtones qui se retrouvent désœuvrés.

Le développement de l’agriculture  en Afrique est indispensable pour  lutter contre la pauvreté  la faim et la sous-alimentation. Chaque année le continent dépense en moyenne près de 35 milliards de dollars pour l’importation de produits alimentaires. Des études révèlent que d’ici 2025 cette somme pourrait quadrupler si rien n’est fait pour mettre fin à cette dépendance.

Article de la Rédaction AFRIC

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