Association for Free Research and International Cooperation

INGA 3 : Une solution pour le déficit énergétique en RDC

25.10.2018
Privée d’électricité, une bonne partie des habitants de la RDC peut se targuer de rêver à des lendemains meilleurs. Et pour cause, la présidence a annoncé la signature d’un accord de « développement inclusif » portant sur la mise sur pied d’un ensemble de mesures devant aboutir au financement du barrage INGA 3. Construit sur le fleuve Congo, l’un des plus longs du continent africain, ce barrage hydroélectrique d’une capacité de 11 000 mégawatts devrait initialement pallier au problème de déficit électrique que connait la RDC, un pays riche en minerais mais dont le niveau d’industrialisation reste encore très faible et dont la population fait face au quotidien à un sérieux manque d’électrification.

DESSERVIR  LES POPULATIONS, LES ENTREPRISES ET LES PAYS DE LA RÉGION

En présence du président congolais Joseph Kabila Kabange  un accord a été paraphé le 16 octobre 2018, à Kinshasa, avec deux entreprises  étrangères dont  une chinoise (Chine Inga 3)  et l’autre espagnole (ProInga) .Les deux entreprises doivent former consortium unique et délivrer au gouvernement congolais les modalités définitifs pour la faisabilité  de ce projet. D’un cout estimé à 12 milliards d’euros, Inga 3 constitue la première phase du gigantesque projet  Inga qui initialement doit comporter six barrages. Les travaux de construction qui doivent commencer cette années vont s’étendre sur six à sept ans selon les autorités congolaises qui soutiennent que ce projet fait partie d’une vision chère au président Joseph Kabila Kabange qui ambitionne faire de son pays, une grande puissance énergétique en Afrique.

En plus de permettre une meilleure distribution de l’énergie électrique dans plusieurs régions du pays dont celle du Bas-Congo, le barrage électrique Inga 3 doit également être bénéfique aux entreprises minières du pays, donc contribuer  à l’industrialisation de la République du Congo  qui possède d’énormes ressources naturelles , mais qui pourtant est citée parmi les pays les moins avancés de la planète en matière d’industrialisation.  Un sérieux handicap qui ralentit sa croissance économique. Selon les autorités congolaises, cette fourniture d’électricités devrait également profiter aux pays de la région .Elles évoquent entre autre une collaboration avec l’Afrique du Sud avec qui un traité ad hoc a été signé.

LES SPÉCIALISTES DU SECTEUR MINIER  SCEPTIQUES

Malgré les détails fournis par l’Etat congolais les professionnels du secteur minier et une partie de la population congolaise restent sceptiques quand à la faisabilité de ce projet d’envergure qui faute de moyens financiers a été renvoyé à mainte reprises. Le gouvernement qui  a été lâché par la Banque Mondiale en 2016 qui avait décidé de mettre un terme à son  assistance technique et financière cite entre autre le soutien de la Banque Africaine de développement (BAD).

Avec une population estimée à 80 millions d’habitant, la République Démocratique du Congo  qui a le privilège d’être traversé par le fleuve Congo, le deuxième plus long en Afrique peine a approvisionner sa population et son secteur industriel en électricité. Une situation qui parait invraisemblable lorsqu’on sait que les 26 provinces de ce pays  possèdent  toutes des cours d’eau puissants. Le fleuve Congo qui a une longueur de 4 700 km détient d’ailleurs l’un des débits les plus puissants au monde  (40 000 m3/seconde). Les deux premiers barrages construits sur ce fleuve en 1971 et 1982 ont vu leurs production en électricité diminuer considérablement au fil du temps (de 1772 auparavant à 700 aujourd’hui) à cause du vieillissement  et du  manque de maintenance des installations de la Société National d’Électricité (SNEL) entreprise en proie a de sérieux  problèmes managériales.

Impressionnant sur le papier le titanesque projet Inga 3 serait illusoire selon certains  spécialistes du secteur  au vue de la situation économique, politique et logistique de ce pays de la région des grands lacs .D’aucuns pensent  même qu’il serait plus bénéfique aux entreprises minières du pays et aux pays de la région à qui Kinshasa vendrait de l’énergie qu’aux populations congolaises pour qui l’électrification reste un luxe. Des remarques que balaie d’un revers de la main le gouvernement qui croit dure comme fer à la construction de ce barrage qui reste aujourd’hui l’un des plus  important projet hydroélectrique d’Afrique voir du monde .

Article de la Rédaction AFRIC

 

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