Association for Free Research and International Cooperation

La place du « Big Dream » dans le développement de l’Afrique

13.02.2020
Article de la rédaction AFRIC
Jusqu’à l’avènement du « rêve américain », catalogué comme l’un des courants de pensée les plus importants dans l’histoire de l’humanité, il était presque impossible de penser que le « rêve » pouvait, à lui tout seul, redorer le blason de toute une jeunesse, une patrie ou un continent. C’était sans compter sur la capacité de ce concept à pouvoir créer d’importants courants migratoires capables de renforcer la détermination de l’individu à réussir dans un environnement donné. Pour le cas précis des États-Unis et du rêve américain, il part d’une idée très simple : qu’il s’agisse d’un immigrant ou d’un national, n’importe quelle personne vivant aux États-Unis, par son travail, son courage et sa détermination, peut devenir prospère même si elle est partie de rien. Pour tout individu vivant sur le sol américain, la première clé de la réussite passe donc par le « Big Dream », « le rêve de grandeur ».

Si le rêve américain a suffisamment fait ses preuves du côté du pays de l’oncle Sam, sous d’autres cieux, il apparaît encore comme une notion bien lointaine, même si, de plus en plus, des personnes tendent à s’affirmer en mettant en avant le rêve de voir leur continent grand. Pour le cas du continent africain, rien que le fait de rêver d’un continent un jour prospère à travers le « rêve africain » et des actions personnelles pourrait conduire à inverser la courbe du développement. Ce n’est pourtant pas les portes étendards ou les ambassadeurs d’un « Big Dream africain » qui manquent aujourd’hui. Même si ces derniers sont encore en nombre réduits, leurs actions et prouesses à travers le continent incitent de plus en plus bon nombre d’africains à s’inspirer d’eux pour permettre l’atteinte des objectifs de développement durable.

Rêver l’Afrique, être positif

La place du Big Dream dans le développement de l’Afrique est indéniable. Pour tout africain soucieux du développement du continent, il faut désormais se dire, comme Martin Luther King, au soir du 28 aout 1963, à Washington, après la marche contre les discriminations raciales, la phrase suivante : « I have a Dream ». Le rêve africain devra être un mélange de grandeur, stabilité et prospérité, par le biais d’actions et volonté  individuelles qui feront du continent la terre de tous les défis et de possibilité. Si cette idée se réalise, le continent aura gagné une bonne partie de son héritage puisqu’on aura désormais moins, sinon très peu d’africains qui s’aventureront, bravant le désert et la mer au risque de leur vie, à la recherche d’un Eldorado loin de l’Afrique.Plusieurs africains et non-africains l’ont déjà compris même si d’autres tardent encore à donner au Big Dream africain la place qu’il mérite dans l’aspiration du développement du continent. Pour le cas de Marlène, propriétaire du blog de voyage la « Girafe qui Vole », qui recommande aux jeunes africains de rêver grand, le constat d’une Afrique, terre de toutes les opportunités ne souffre d’aucune légitimité.

Pour conforter son idée de l’importance du Big Dream dans le développement de l’Afrique, la bloggeuse, dans l’une de ses sorties, n’hésite pas à parler du rêve africain au superlatif. « Après mon bilan où je vous dévoilais ce que j’avais vécu en 2017 ainsi que mes prochains projets en 2018, j’avais envie d’écrire un nouvel article sous le signe du rêve et de l’Afrique pour continuer à vous inspirer, à vous donner des ailes et cette fois pour s’envoler (encore) en terres africaines », écrit-elle sur sa page le mercredi 24 janvier 2018.

Le rêve africain est une richesse symbolisée par trois ingrédients : le partage, la solidarité, la culture. Les amoureux du continent, qui partagent de près ou de loin la richesse de sa culture incarne très bien l’idée selon laquelle l’Afrique constitue l’un des plus grands flux migratoires spirituel de l’histoire de l’humanité, le continent le plus mystérieux. À la suite de Marlène, Ernest Hemingway, écrivain journaliste et correspondant de guerre américain, très épris de la Tanzanie, ne laisse pas de place au doute quant au fait que le « Rêve Africain » pourrait être la clé du développement du continent. Pour lui, l’Afrique apparaît comme la terre de la recette du bonheur, et où avec un peu de volonté et de travail, tous les africains pourraient devenir de véritables leviers du développement, que ce soit tant sur le plan industriel, entrepreneurial ou culturel. Pour confirmer ce qu’il pense du Big Dream Africain, il déclare : « je n’ai jamais connu un matin en Afrique où je me suis réveillé sans être heureux ».

Rêver l’Afrique, le rendre réel

La nouvelle génération africaine est pleine d’idées. Il ne lui manque plus qu’à franchir le palier de la réalisation et, sur ce point, elle doit commencer par « rêver grand » ; rêver grand pour ses idées, rêver grand pour son continent qui, doit désormais être perçu comme la terre de toutes les possibilités et de toutes les réalisations. Ce n’est que par ce canal, celui du « Big Dream Africain » qu’elle pourra inciter les autres à suivre la tendance pour permettre le développement du continent. Le Big Dream occupe déjà une très grande place dans le développement du continent. Pour la cinéaste sud-africaine Karabo Lediga, auteur du film « Wat Did You Dream ? » « Qu’as-tu rêvé ? », qui a fêté sa première mondiale au festival international du court métrage de Clermont-Ferrand : il ne fait aucun doute que le Big Dream est d’un apport inimaginable pour le développement du continent. À la question qu’avez-vous rêvez en venant la compétition internationale du plus grand festival au monde dédié au court métrage de Clermont-Ferrand, elle répondait ainsi : « j’ai rêvé que des gens de mon pays et de mon continent puissent être vus dans le monde entier. Je souhaite portraiturer des gens comme moi, avec des histoires équilibrées, nuancées et ordinaires, sans violence. Des histoires d’enfance comme je les ai vécues. J’ai grandi en Afrique du Sud et montre l’expérience de beaucoup de sud-africains. Je veux raconter des petites histoires un peu décalées et amusantes sur la vie quotidienne en Afrique. Et c’est exactement ce que j’avais rêvé ».

La place du Big Dream dans le développement de l’Afrique ne s’arrête pas à la culture ou au cinéma. Plusieurs autres acteurs, par leur apport, ont montré que, pour atteindre la prospérité, l’Afrique et les africains devraient rêver aussi grand que les américains. Tout comme plusieurs autres africains de cette classe, l’entrepreneuse franco-tchadienne Madjissemn Beringaye rêve de donner une vision plus juste de l’Afrique en misant sur une nouvelle génération pleine d’idées. Pour ce faire, elle a lancé, en mars 2014, la plateforme « Living The African Dream », qui recense les initiatives positives en Afrique. Allant plus loin, elle envisageait de les accompagner en ouvrant des incubateurs d’entreprises sur le continent pour accueillir tous ces projets de nouvelle génération. Ce rêve africain est né parce que Madjissemn Beringaye en avait marre qu’on relie trop souvent l’Afrique à la famine, au VIH et aux guerres.

Pour Madjissemn Beringaye, chaque ressortissant du continent doit pouvoir vivre grand son rêve africain. Il faut rêver grand pour l’Afrique et agir maintenant comme elle l’indique dans sa maxime « Dream big, start small, act now », qui signifie littéralement « rêvez grand, commencez petit et agissez maintenant ». Pour elle, qui milite pour le développement de l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique, l’éducation  de la jeunesse africaine à la culture entrepreneuriale doit constituer le cheval de bataille de chaque africain qui a un jour rêver d’une Afrique prospère, riche et paisible.

« L’éducation et la formation sont les meilleurs moyens de mettre toutes les chances de son côté pour avoir un bel avenir », explique-t-elle. Et de continuer en déclarant que, « ce n’est qu’en rêvant grand, en encourageant la créativité, l’esprit d’initiative et l’entrepreneuriat qu’on pourra apporter une réponse humaine et constructive aux problématiques d’émigration africaine et plus largement, positionner l’Afrique comme une destination privilégiée pour les affaires, le tourisme, la culture ».Tout comme Madjissemn Beringaye, la camerounaise Arielle Kitio, lauréate du prix Margaret 2019 – Femme digitale africaine de l’année 2019, demande aux africains de continuer de rêver grand pour leur continent. Pour elle, ce n’est que par ce moyen et lorsque l’idée sera suffisamment incrustée dans l’esprit des africains que le continent pourra atteindre un véritable développement industriel, culturel, économique et social. Possédant tous les atouts nécessaires pour séduire la jeunesse africaine, c’est ainsi qu’elle déclarait, en 2017, sur Digital Business Africa (alors TIC Mag) que : «  le conseil le plus important que je donnerai aux jeunes qui, comme moi, se sentent la mission d’être le plus utile possible à l’émergence de leur patrie, de l’Afrique et l’humain tout simplement est de rêver grand. Notre première limite est celle que nous nous imposons. L’autre conseil tient en une seule phrase résultante d’une compilation de conseils qui m’ont inspiré : Dream Big, Work Smart, Be Resilient ; Surround yourself by people you are marter, Tell your story ».

Tout comme les prédécesseurs, plusieurs autres acteurs du Big Dream Africain conseillent aux jeunes africains de rêver grand, de travailler dur et de persévérer. Pour tous les acteurs majeurs du développement du continent africain, ce n’est que de cette manière qu’on pourra avoir d’autres Arthur Zang, d’autres Clarence Peters ou encore d’autres Nathalie Yamb qui, pour son cas particulier, a préféré mettre un terme à une carrière professionnelle brillante pour entamer le combat politique d’une nouvelle Afrique, une Afrique qui appartiendra aux africains, une Afrique où tous les africains pourront rêver grand et espérer un jour voir réaliser leur rêve et enfin une Afrique où les africains auront les dirigeants qu’ils méritent.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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