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Système éducatif africain – vers une éducation plus innovante et créative

13.01.2020
Article de la rédaction AFRIC
« Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant », ces mots sont ceux de Pablo Picasso. Il faut partir du postulat de la conférence TED de 2006, la plus regardée de tous les temps, donné par Sir Ken Robinson, qui souligne que, « les écoles d’Aujourd'hui tuent la créativité ». Pendant son discours, il a fait valoir que "Nous ne grandissions pas dans la créativité, nous en sommes des produits. Ou plutôt nous en sommes éduqués ». Il est assez triste, mais pourtant une réalité lorsque fait le tour des différents systèmes éducatifs africains en particulier de constater que nos écoles, font souvent fi de la créativité, critère devenu pourtant incontournable dans un monde où beaucoup sont à réinventer. L’école doit changer pour s’adapter aux enfants d’aujourd’hui. La créativité est aussi cruciale que les connaissances offertes dans les écoles, en particulier dans cette ère mondiale et modernisée.

Une démonstration régulièrement citée de la façon dont les écoles tuent la créativité découlée de l’histoire de Gillian Lynne, une fille de huit ans, qui était considérée très tôt comme une élève problématique, souffrant de difficultés d’apprentissage parce qu’elle était incapable de rester calme et de se concentrer en classe. Sa mère inquiète, décida de chercher de l’assistance médicale pour aider à calmer les agitations continues de Gillian et son manque de concentration. Après avoir rencontré le médecin, les parents de Gillian avaient reçu un rendez-vous du médecin. Les adultes, après en avoir discuté, ont laissé la petite Gillian seule dans une pièce avec de la musique. En l’observant par la fenêtre, à leur grande surprise, Gillian commença à s’agiter et à danser. Alors, le médecin se tourna vers la mère de Gillian et lui a dit : « elle n’est pas malade, c’est une danseuse ».

Aujourd’hui, Gillian, âgée de 92 ans, est classée parmi les chorégraphes les plus célèbres au monde. Elle a eu une longue carrière dans la danse classique et a remporté de nombreux prix. Pourtant, dès le bas âge, son école avait presque failli tuer son talent extraordinaire en le décrivant comme une personne ayant une forme de déficience comportementale ou de dommages cognitifs.
La conformité de la plupart des programmes d’éducation tend à étouffer l’originalité, l’imagination et l’inspiration. Ce scénario est très courant dans nos écoles africaines. Malheureusement, la plupart des élèves sur le continent n’ont pas le même parcours que la petite Gillian, leurs talents et leur créativité sont amortis.

Le succès du continent africain dépend en grande partie de sa capacité à perfectionner la créativité, les compétences et les talents de sa population de jeunes en constante augmentation. Cependant, ces facteurs de réussite ne sont pas une réalité. Il est assez intéressant de noter que près de 60% des jeunes Africains n’est pas scolarisé et il est affirmé que ceux qui le sont, ne reçoivent pas une éducation de qualité. Dans le système éducatif africain actuel, des matières comme les mathématiques, l’anglais, les sciences, le droit, etc. sont considérées comme matières principales dans lesquelles chaque élève doit exceller. Les matières artistiques et les programmes plus créatifs sont considérés comme moins importants et la plupart des élèves sont découragés à l’idée de les choisir. Le système encourage les élèves à apprendre « ce que c’est » et non « comment les utiliser » et, comment les connaissances peuvent être transformées en d’autres innovations. Les mathématiques et les sciences, par exemple, sont importantes, mais il est essentiel d’avoir une éducation équilibrée, qui comprend l’acquisition et l’exploration de compétences, des connaissances pratiques qui façonneront les étudiants pour qu’ils deviennent autonomes.
Le système éducatif africain favorise principalement la conformité et la normalisation, ce qui décourage la créativité et la diversité. Trop de théorie, peu de pratique. Les élèves devraient être encouragés à être curieux, à pouvoir explorer.

Ces éléments doivent provenir du système éducatif et des autorités. L’étude « IBM 2010 Global CEO » montre que la créativité est le facteur le plus crucial pour le succès futur. Mais la créativité est moins insufflée dans le système éducatif ; la « culture de l’enseignement à l’épreuve » est à l’ordre du jour. Les étudiants apprennent à être testés, à produire ce qu’ils ont appris, et jamais sur l’application de ses connaissances dans d’autres domaines ou encore, comment innover avec les connaissances acquises.

Les étudiants sont mentalement conditionnés pour se concentrer sur les résultats des tests. Les systèmes de notation, les critères d’évaluation décident qui est intelligent ou stupide, ce qui n’est pas le bon fondement du système éducatif. La plupart des étudiants maîtrisent l’art d’obtenir de bonnes notes, ce qui ne reflète pas quand il s’agit de performances professionnelles.
Les systèmes doivent comprendre que les examens et les tests ne peuvent pas totalement mesurer les capacités et le potentiel de réussite d’un élève. Les élèves ont peur de se tromper et de faire des erreurs. La mémorisation devient une arme essentielle pour réussir à l’école. L’aspect le plus triste de la tendance de l’éducation est que la plupart des diplômés sortent de l’école sans utiliser la moitié des connaissances qu’ils ont acquises parce qu’ils deviennent inutiles sur le marché du travail. De plus la plupart des informations, plans de cours et livres utilisés dans les écoles ne sont pas pertinentes, ou alors sont périmées et rétrogrades.

Un changement dans le système éducatif est possible et réalisable. Le système éducatif africain doit être considérablement amélioré. Nos méthodes d’enseignement, nos programmes, notre équipement et nos outils doivent être réactivés. Notre système éducatif devrait entraîner la tête, la main et le cœur, qui sont les trois principes de la croissance. La créativité et l’innovation doivent être insufflées dans la méthode d’enseignement, en tant qu’outil d’exploration dans chaque discipline et sujet. Le système devrait encourager les élèves à aborder le « comment et pourquoi » et non le «quoi» et, devrait être axé sur la résolution de problèmes. Cela crée de nouvelles solutions innovantes aux problèmes de longue date du continent.

Dans le monde d’aujourd’hui, où les gens sont remplacés par des robots et des ordinateurs dans leur travail. La compétence essentielle pour survivre est la capacité d’utiliser les connaissances pour résoudre des problèmes et c’est ce qui nous manque dans les écoles.
Sir Ken Robinson, conseiller international en éducation et conférencier a souligné une question importante : « nous ne savons pas à quoi ressemblera le monde dans 10 ans, alors comment enseigner pour garantir la réussite des élèves dans un avenir proche ? Dans une décennie, notre éducation et nos connaissances acquises dans les écoles nous donneront-elles une place sur les futurs marchés du travail ? Le système éducatif africain prépare-t-il des créateurs et des penseurs prêts à l’emploi ? »

Le système éducatif africain doit avoir la créativité comme fondement, enseignez aux élèves à innover, à échouer et à apprendre de leurs échecs. Comprendre que les connaissances sont flexibles et peuvent être appliquées en dehors du contexte spécifique dans lequel elles ont été enseignées. L’acquisition de compétences, la pensée critique, la résolution de problèmes, la communication et l’art d’apprendre à comprendre, entre autres, devraient être au premier plan de l’éducation en Afrique.
Le fait de ne pas s’attaquer au déficit de notre système éducatif privera les jeunes Africains de chances de réussir aux niveaux mondial et local, ce qui compromettra le progrès et la croissance du continent.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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