Association for Free Research and International Cooperation

Retro 2019 : les faits majeurs de l’actualité africaine

30.12.2019
Article de la rédaction AFRIC
Pour le continent africain, l’année 2019 aura particulièrement été marquée. Les faits majeurs ayant touché tous ou presque tous les domaines, nous avons convenu de relever pour vous quatre faits marquants. Partant de l’opérationnalisation de la zone de libre-échange continentale qui avait cristallisé toutes les attentions, le continent a également enregistré sa première Coupe d’Afrique des Nations à vingt-quatre équipes, son premier Sommet avec la Russie et enfin on a noté plusieurs élections présidentielles qui s’y sont déroulées, pour les unes dans le calme et la transparence et pour les autres dans un climat de tricherie et une contestation qui n’ont pas favorisé l’alternance.

L’opérationnalisation de de la zone de libre-échange continentale africaine

Grand projet de création d’un marché commun africain, la mise sur pied d’une Zone de Libre Echange Continentale, axée sur l’unité et la libre circulation des biens et services, remontait d’une volonté des pairs du continent qui avait pris corps durant l’année 2012. Défini comme « l’évènement le plus important dans la vie du continent africain » par le président nigérien, Mahamadou Issoufou, la ZLEC verra finalement le jour au cours du 12ème sommet extraordinaire de l’Union Africaine (UA) qui a eu lieu à Niamey au Niger les 7 et 8 juillet 2019. Par ce projet, il fallait réaliser une zone économique autonome et favorable au renforcement du commerce intra africain ; une zone qui favorise l’amélioration de la position de l’Afrique en matière de négociation et de compétitivité sur la scène internationale à l’aune du protectionnisme mondial montant qui a vue éclore une guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

Après la phase des négociations terminée le 30 mai 2019, la ZLEC devenait le plus grand espace d’échange commercial dans le monde qui fonctionne sans tarifs commerciaux, sans frontières fermées et où, les biens, les services et les personnes circulent librement. Favorable à l’entreprenariat, l’emploi de la jeunesse et l’émancipation des femmes, il ne manquait plus que l’atteinte du seuil de ratification et l’adhésion des quelques pays encore réfractaires à la signature pour que le projet prenne définitivement corps avec le lancement de ses instruments opérationnels et le dévoilement de la plaque ZLEC. Avec la signature du Nigéria, plus grande économie d’Afrique, intervenue le 2 juillet 2019, et sa ratification aux premières heures de l’ouverture des travaux du Sommet, le dimanche 8 juillet, le projet ZLEC marquait alors son entrée dans une nouvelle phase. Avec cette dernière signature et celle du Bénin, on dénombre désormais 54 pays parmi les 55 que compte le continent et le seuil de ratification qui avait été fixé à 22 pour permettre son entrée en vigueur a été largement dépassé puisqu’il est désormais de 27.

L’organisation de la première CAN à 24 nations

Pour la première fois sur le continent africain, la grande messe du football changeait ses habitudes ; suivant ainsi le pas des compétitions telles que la Coupe d’Europe qui avait, pour une meilleur cohésion des nations et une plus grande implication de toutes les communautés, favorisé l’augmentation du nombre de participants. Pour le cas de la CAN Égypte 2019, la Confédération Africaine de Football, avec son comité exécutif avait décidé d’un passage de 16 à 24 équipes, soit une augmentation considérable de 8 nations et d’un déroulement de la compétition entre les mois de juin et juillet et non plus en janvier – février comme à l’accoutumée. Cette décision encourageante a alors permis d’enregistrer plusieurs nations qui ont connu leur baptême de feu dans la compétition. Les cas de Madagascar, de la Mauritanie et du Burundi témoignent à dessein de l’opportunité qui existe dorénavant pour ce qui est des qualifications pour la compétition.

Malgré le trop grand nombre des stades vides pendant les matchs dû au coût trop élevé des billets, à la tradition du huis clos imposée par les incidents de Port-Saïd ou encore au manque de planification des déplacements, on peut dire que l’organisation de la compétition a été une réussite compte tenu du peu de temps dont disposait l’Égypte. En effet le pays avait hérité de l’organisation de la compétition 6 mois seulement avant son lancement ; la cause étant que le Cameroun, pays initialement désigné comme devant accueillir la compétition avait connu de de graves manquements dans l’état d’avancement des travaux d’infrastructures devant abritées le tournoi. En dépit de tous problèmes, la compétition a enregistré plusieurs matchs épiques dont un savoureux Nigéria – Cameroun en 8e de finale remporté sur le score de 3 buts contre 2 en faveur des Super Eagles. La finale de cette 32e édition aura connu le sacre en apothéose de l’Algérie contre le Sénégal sur le score d’un but contre zéro.

Organisation du premier Sommet Russie-Afrique

Sur le plan diplomatique, le continent africain a vécu un Sommet inédit avec la Russie qui va entrer dans les annales de la coopération entre les deux parties. Organisé dans le but de parachever le retour de la Russie sur le continent africain, le sommet russo-africain, débuté le 23 octobre 2019 à Sotchi marquait le « début d’une nouvelle ère de coopération russo-africain », avait déclaré en ouverture le président Russe Vladimir Poutine. Avec plus d’une cinquantaine de dirigeants présents et de plus de 3 000 participants, ce Sommet a ainsi permis d’ouvrir la voie à la formation de nombreux contrat de partenariat entre la Russie et les pays africains ; les plus nantis au sortie de ce Sommet ayant été la RD Congo et le Maroc. Qualifié de « partenaire fiable pour le continent » par le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, président en exercice de l’Union Africaine, la Russie a marqué son entrée dans la coopération avec l’Afrique plus de 60 ans après, par la signature de deux contrats gigantesques.

D’abord, la RD Congo qui a bénéficié, à travers la signature d’un mémorandum d’entente avec la société des chemins de fer russe, la RJD, de la garantie de la réhabilitation de tout son secteur ferroviaire. Pour un coût estimatif de 500 millions de dollars US, ce contrat va permettre l’avènement de plusieurs innovations pour le secteur ferroviaire congolais dont l’installation d’une usine de montage de locomotives en RD Congo, la formation du personnel et surtout la réhabilitation de plusieurs voies ferrées du pays. À la suite de la RD Congo, le Maroc va bénéficier de la signature d’un contrat gigantesque : la construction d’un complexe pétrochimique sur le sol marocain. Ce contrat qui représente une plus-value énorme pour le pays du roi Mohammed VI, et estimé à une valeur de deux milliards d’euros a été mis pied entre la banque de développement russe VEB et la société marocaine MYA Energy. Bien plus que la création d’une raffinerie, ce projet va surtout permettre de créer de l’emploi tout en apportant énormément dans la modernisation des équipements de raffinage et le transfert de compétences dont manquent cruellement bon nombre de pays africains en la matière.

Organisation d’élections présidentielles dans plusieurs pays du continent

Les élections présidentielles ont eu lieu dans plusieurs pays du continent. Si plusieurs d’entre eux ont connu la grâce du déroulement d’élections paisibles, d’autres en revanche  ont donné naissance à des vagues de contestations.

En Tunisie, l’impression donnée a été celle d’une évolution de la démocratie puisque, le candidat Nabil Karoui, en prison lors du déroulement du premier tour est néanmoins parvenu au deuxième tour avant d’être libéré par la cour de cassation tunisienne. Cette situation a permis de montrer que malgré son absence physique auprès des électeurs, ce sont dorénavant les idées qui sont mises en avant lors des élections dans certains pays du continent. Toujours en Tunisie, il y’a lieu de relever que c’est un candidat indépendant, Kais Saied, qui est finalement sorti vainqueur de la présidentielle malgré la force qu’on reconnaît aux partis politiques traditionnels africains. Plusieurs autres pays comme la Tunisie ont connu des élections présidentielles calmes et paisibles. Il s’agit entre autres du Nigéria, de l’Afrique du Sud, du Mozambique ou encore de la Namibie.

 

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community